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Par Carenews INFO - Publié le 5 juin 2026 - 15:59 - Mise à jour le 5 juin 2026 - 16:32 - Ecrit par : Léanna Voegeli
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Santé et solidarité : des organisations alertent sur la crise du secteur social et médico-social

À un an de l’élection présidentielle, la CFDT Santé-Sociaux, l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (Udes) et l’Uniopss interpellent les pouvoirs publics sur la situation du secteur sanitaire, social et médico-social. Les organisations alertent sur des difficultés de financement, des tensions de recrutement et une dégradation des conditions de travail. Elles réclament en priorité une hausse des moyens financiers.

L'Udes, l'Uniopss et la CFDT santé-sociaux plaident pour un meilleur financement du secteur social et médico-social. Crédit : iStock
L'Udes, l'Uniopss et la CFDT santé-sociaux plaident pour un meilleur financement du secteur social et médico-social. Crédit : iStock

 

Manque d’attractivité des métiers, fragilités économiques des structures, financements insuffisants... Depuis plusieurs années, les secteurs sanitaire, social et médico-social sont confrontés à des difficultés persistantes. « Ce que nous demandons au gouvernement est d’investir massivement », affirme Benjamin Vitel, secrétaire national de la CFDT santé-sociaux, la branche du syndicat qui représente les secteurs de la santé et du social. Ces secteurs regroupent les associations, mutuelles et fondations qui accompagnent les personnes vulnérables dans les domaines de la santé, du handicap, de la protection de l'enfance ou de la dépendance.  

Dans ce contexte, la CFDT Santé-Sociaux, l'Union des employeurs de l'économie sociale et solidaire (Udes) et l'Uniopss, qui fédère les acteurs associatifs de ces secteurs, se rassemblent « pour interpeller les pouvoirs publics et obtenir [...] des engagements sur le financement ». À cette occasion les organisations se sont réunies à Paris, au siège de la Mutualité française ce vendredi 5 juin 

Fait rare, cette initiative réunit à la fois des représentants d'employeurs, de salariés et d’associations. « Lorsqu’employeurs, représentants des salariés et acteurs associatifs dressent ensemble le même constat, il ne s’agit plus d’une simple alerte sectorielle. Il s’agit d’un appel à un sursaut politique », souligne l’Udes dans un post LinkedIn.  

 

Des conditions de travail qui se détériorent 

 

Ces secteurs d’activité jouent un rôle majeur dans les politiques de solidarité en France« Plus de la moitié des heures d’aide à domicile et de service à la personne est dispensées par des associations ; 80 % des établissements de protection de l’enfance, 85 % de ceux pour les personnes en situation de handicap et 29 % des Ehpad relèvent du secteur privé non lucratif », rappellent les structures dans un communiqué

« Nous estimons que des financements supplémentaires sont nécessaires », explique Benjamin Vitel. Ce dernier note une hausse des redressements judiciaires et des plans de sauvegarde de l’emploi (PSE). Pour Hugues Pollastro, directeur général de l’Udes cette union est nécessaire « en raison de nombreuses tensions qui se cristallisent à la veille de l'élection présidentielle »

« À cause du manque de moyens, il devient impossible d’investir dans des projets comme la rénovation du bâti par exemple, explique Benjamin Vitel. Il est même difficile d’améliorer l’organisation du temps de travail pour soulager les salariés. Les employeurs sont en effet à la recherche de toutes les minutes disponibles pour accompagner au mieux les personnes en difficulté. Sans financement pour détendre les effectifs, les marges de manœuvre pour améliorer les conditions de travail se réduisent »

 

L'appel à un plan ambitieux pour l’attractivité des métiers 

 

Les organisations réclament « un financement pérenne et pluriannuel à la hauteur des besoins ». Benjamin Vitel souligne également la nécessité de continuer à baser ces subsides sur la solidarité nationale. Les structures plaident également en faveur d’un « plan ambitieux pour l’attractivité des métiers » et d’ « une gouvernance renouvelée des politiques publiques associant l’ensemble des parties prenantes ».  

Sans financement pour détendre les effectifs, les marges de manœuvre pour améliorer les conditions de travail se réduisent"

Benjamin Vitel, secrétaire national de la CFDT santé-sociaux.

« Les professionnels – 1,3 million, majoritairement des femmes – exercent leurs missions dans des conditions de plus en plus dégradées : baisse du pouvoir d’achat équivalente à trois mois de salaire en quinze ans, fortes tensions de recrutement (68 % des structures concernées) et 280 000 emplois à pourvoir chaque année », font valoir la CFDT, l’Uniopss et l’Udes. « Faute de réponses structurelles, les organisations privées non lucratives sont déjà contraintes à des arbitrages qui peuvent affecter la qualité et l’accès aux accompagnements, au risque d’accentuer les inégalités territoriales », ajoutent-elles. 

Si la situation n'évolue pas, Hugues Pollastro craint une « fermeture de structures et un accès aux soins et services de plus en plus limité »

 

Léanna Voegeli  

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