Aller au contenu principal
Par Carenews INFO - Publié le 29 mai 2026 - 08:10 - Mise à jour le 29 mai 2026 - 08:10 - Ecrit par : Célia Szymczak
Recevoir les news Tous les articles de l'acteur

Trois à quatre millions d’euros ont été donnés à des associations par Pierre-Edouard Stérin via Périclès

Le directeur général de Périclès, Arnaud Rérolle, a répondu le 28 mai aux questions de sénateurs sur sa structure, financée par le milliardaire Pierre-Edouard Stérin afin de « diffuser » des « idées de droite ».

Arnaud Rérolle dirige Périclès depuis septembre 2023. Crédit : Sénat.
Arnaud Rérolle dirige Périclès depuis septembre 2023. Crédit : Sénat.

 

Depuis une enquête du journal L’Humanité à l’été 2024, le terme « Périclès » est associé dans le débat public à un projet de Pierre-Edouard Stérin, visant à promouvoir la droite et l’extrême droite en France. Aujourd’hui, Périclès est une organisation composée d’une société par actions simplifiées – Participations et investissements rive droite - et d’une association – Forum liberté prospérité –, financée par le milliardaire. 

« Nous concentrons nos actions sur le champ des idées et utilisons tous les moyens légaux à notre disposition pour les diffuser », déclare Arnaud Rérolle, son directeur général, le 28 mai, lors d’une audition au Sénat. À l’initiative du groupe Socialiste, écologiste et républicain (SER), une commission s’intéresse depuis février au financement d’actions éducatives, culturelles et associatives par des organismes, sociétés ou fondations de droit privé. L’objectif des sénateurs est d’étudier les « risques en matière d’influence, d’absence de transparence financière et d’entrave au fonctionnement de la démocratie ». Les structures créées par Pierre-Edouard Stérin sont directement dans le viseur de la rapporteure, Colombe Brossel, sénatrice socialiste de Paris. 

« J’ai la joie d’avoir créé [Périclès], il y a maintenant deux ans et demi aux côtés de Pierre-Edouard », se satisfait Arnaud Rérolle. Son ambition est « d’affronter trois crises ». D’abord, une « crise économique, sociétale, morale » : « c’est un constat de déclin de la France qui est partagé par beaucoup de Français », estime-t-il. Ensuite, « une crise politique de méfiance envers nos institutions et de désengagement des Français envers la vie démocratique ». Enfin, il croit observer « une crise d’un déséquilibre démocratique dans le cadre du pluralisme ». « Depuis des décennies, la gauche sous toutes ses différentes sensibilités a su constituer un écosystème d’associations, de think tanks, d’observatoires particulièrement structuré et financé souvent par de l’argent public », considère le directeur général de Périclès, sans fonder son affirmation sur des données. « Les idées de droite que nous défendons nous semblent peu représentées dans ce débat public », poursuit-il, tout en déclarant son organisme « apartisan ».  

 


Lire également : La transparence du mécénat au cœur d’une commission d’enquête sénatoriale 


 

 

Des dons et des investissements

 

Celui-ci agit de deux façons : par le financement d’entreprises et par des dons aux associations, avec la société Participations et investissements rive droite. « Il est essentiel d’encourager évidemment le mécénat en France », appuie celui qui était auparavant directeur d’investissement du Fonds du bien commun, autre structure créée par Pierre-Edouard Stérin. 

Périclès a versé trois à quatre millions d’euros à des associations « tant l’année dernière que cette année », confirme Arnaud Rérolle en réponse à une question de Colombe Brossel. « C’est cela, oui, en ordre de grandeur », déclare-t-il. En 2025, 60 % des financements versés par Périclès l’étaient à des entreprises et 40 % étaient des dons. « En 2026, de manière évidente, la part d’investissement dans des entreprises est bien supérieure à la part de don », indique Arnaud Rérolle, « on sera largement au-delà de ce ratio ».  

 

« Un don moyen » de 50 000 euros 

 

Il ne cite que quelques associations financées, les mêmes tout au long de l’audition, parmi « une petite centaine ». Par exemple, l’Observatoire de l’immigration et de la démocratie est selon son site internet « un laboratoire d’idées qui travaille à éclairer le débat public sur les questions migratoires et démographiques ». Des universitaires ont récemment contesté ses pratiques dans une tribune publiée par le journal Le Monde. Autre exemple : la Ligue des libertés, qui a pour mission d’engager « des actions contentieuses stratégiques lorsque la loi est méconnue, détournée ou insuffisamment appliquée ».  

« Nous continuions à recevoir de très nombreux dossiers », assure Arnaud Rérolle, qui assure que Périclès en a « étudié (…) plus de 1 500 ». Le premier « critère de sélection » est la « cohérence avec la stratégie » : « on ne soutiendrait pas un observatoire promouvant les valeurs socialistes en France », s’amuse-t-il. Les autres sont la « qualité des équipes », « l’impact » souhaité - des « indicateurs de performance » sont fixés au moment d’engager le soutien à une association - et « la pérennité économique ».  

Une fois les associations sélectionnées, les montants donnés varient. « La fourchette va de 5 000 euros à une centaine de milliers d’euros », signale Arnaud Rérolle. « Le don moyen est aux alentours de quelques dizaines de milliers d’euros, 30, 40, 50 000 euros probablement ». Certains soutiens sont « pluriannuels », mais tous ont vocation « quoi qu’il arrive à réduire », continue le cofondateur de Périclès. « C’est un moyen d’encourager [les associations] à pouvoir aller diversifier leurs donateurs et selon certaines associations c’est une levée de fonds, enfin une levée, pardon, de dons, principalement auprès de petits donateurs (...) ou auprès d’autres grands mécènes », explique-t-il.  

 

Une attaque contre des associations 

 

« Les actions que nous menons, que nous finançons, sont exclusivement en France », indique-t-il, en réponse à la sénatrice Karine Daniel (socialiste, Loire-Atlantique). « Nous n’excluons pas, un jour peut-être effectivement, de nous déployer à l’étranger », affirme-t-il cependant, tandis que les associations soutenues « peuvent être amenées » à réaliser « des travaux à un niveau plus européen, parce que, je ne vous l’apprends pas, une part très significative de notre souveraineté nationale a été déléguée au niveau européen ».  

« Périclès n’a jamais bénéficié de financements publics, ne défiscalise aucun don », certifie Arnaud Rérolle. « Je m’interroge parfois sur une forme d’asymétrie démocratique », commente-t-il. « Notre pays regarde parfois avec une suspicion les financements privés volontaires d’acteurs engagés dans le débat d’idées », mais « il existe aujourd’hui en France des acteurs qui exercent une influence politique, idéologique et normative majeure tout en vivant de l’argent du contribuable ». Il s’attaque pêle-mêle aux « partenaires sociaux » et « syndicats », aux « institutions publiques chargées de produire de la donnée » et à « certaines associations, délégataires de missions publiques, notamment dans les champs de l’asile et de l’hébergement ». Certaines d’entre elles « prennent publiquement position sur les orientations migratoires de notre pays, voire parfois s’immiscent dans le débat électoral. Cela me paraît poser des questions de cohérence démocratique », soutient-il, là encore sans donner d’exemple ou de données.  

 

Célia Szymczak 

Fermer

Cliquez pour vous inscrire à nos Newsletters

La quotidienne
L'hebdo entreprise, fondation, partenaire
L'hebdo association
L'hebdo grand public

Fermer