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Par Carenews PRO - Publié le 24 novembre 2022 - 10:00 - Mise à jour le 24 novembre 2022 - 10:00
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Christophe Salmon (Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale) : « Le statut n’existe pas, mais nous avons inventé un nouveau modèle de fondation mutualiste »

La Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale, qui existe seulement depuis un an et demi, vient d’être récompensée au Grand Prix de la Philanthropie à l’Institut de France dans la catégorie « Solidarité » pour son soutien au projet Fratries. L'occasion de rencontrer son délégué général Christophe Salmon pour en savoir plus sur les missions de cette nouvelle fondation.

Christophe Salmon, délégué général de la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale. Crédit : Margot L’Hermite
Christophe Salmon, délégué général de la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale. Crédit : Margot L’Hermite

 

  • Comment est née la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale ?  

 

Nous sommes un groupe mutualiste qui fédère 14 fédérations de Crédit Mutuel, sur les 18 en France, avec les filiales des services de la banque et assurance du groupe. De nombreuses initiatives existaient déjà localement, mais il manquait un niveau pour accompagner des projets de plus grande ampleur en région. Nous avons créé la fondation en mars 2021, sous l’égide de la Fondation de France. 

 

  • Quelles sont ces spécificités ? 

 

Tout d’abord, son financement. Les entités du groupe participent au financement de la fondation en fonction de leurs émissions de façon volontaire. Elles contribuent sur la base d’une proposition indexée sur leurs émissions carbone. Chaque année, il y a un appel aux dons et une vraie campagne aux contributions au sein du groupe. Sur les deux années, cela représente six millions d’euros de budget annuel versés par toutes les entités, pour les deux domaines d’intervention que sont « Territoires » et « Environnement ». 

L’autre spécificité est une gouvernance assurée par les collaborateurs et les élus mutualistes. Il y a une commission portée par une quinzaine de collaborateurs, volontaires, et des élus mutualistes qui se réunissent trois fois par an pour définir les projets soutenus par la fondation. Cet accompagnement peut s’inscrire sur une durée de trois ans, parfois plus.

 

  • Pourquoi le choix des deux domaines d’action ? 

 

Les différents stades de la création de la fondation ont été validés par les instances mutualistes du groupe. Le domaine Territoires fait écho à un fort ancrage territorial. Et le domaine Environnement est lié aux engagements environnementaux du groupe. 

Sur le domaine Territoires, nous avons mis en place un plan axé sur les jeunes en travaillant différents angles comme le handicap, l’accès à la culture notamment à la musique et aux études, l’isolement et le harcèlement scolaire. Nous avons développé le mentorat avec 300 collaborateurs engagés par exemple avec Télémaque en QPV, ou avec Chemins d'avenir en zones rurales. Nous allons lancer prochainement les Pères Noël Verts avec le Secours Populaire dans des centaines d'agences et de caisses territoriales pour recueillir des jouets. 

 

  • Dans le cadre du Grand Prix de la Philanthropie à l’Institut de France en octobre dernier, vous avez reçu le Prix Solidarité pour votre soutien au projet Fratries. Comment cela s’est passé ?  

 

Fratries est un projet à l’initiative d’Emmanuel de Carayon et Aurélien L’Hermitte. Ils ont créé cette initiative sur un montage juridique original, d’une part sous la forme d'entrepreneuriat philanthropique, un fonds de dotation, une association et une foncière. L’idée de Fratries est d'organiser des co-livings entre personnes handicapées et jeunes actifs dans des maisons en centre-ville. Les loyers doivent permettre de faire fonctionner les maisons actuelles et celles à venir.

La fondation les a accompagnés dès le démarrage du projet pour leur permettre de lancer la première maison sur Nantes. D’autres sont programmées à Rennes et à Colombes. Nous les soutenons pour un budget de 300 000 euros, par an, sur trois ans. Nous sommes donc leur principal mécène. 

 

  • Comment s’est fait le lien avec les missions de la fondation ? 

 

Le rôle de la fondation est de soutenir les initiatives régionales qui peuvent émerger dans l’optique de les faire essaimer sur le plan national, comme avec la première maison à Nantes. Nous sommes sur deux missions importantes pour nous : le handicap et les difficultés de la jeunesse à accéder au logement.  

Nous sommes heureux d’avoir reçu ce prix, quelques mois seulement après la création de la fondation. En soutenant le projet Fratries, nous avons pris un risque car on ne savait pas si les jeunes actifs allaient participer à cette expérience. Le résultat est très positif. La réaction des parents des jeunes avec handicap nous conforte. Ils sont étonnés de voir les progrès de leurs enfants depuis leur entrée à la maison de Nantes. 

Ce qui a été également récompensé par ce prix, c’est le fait que les filiales du groupe renforcent l’accompagnement de la fondation. Par exemple, les assurances du Crédit Mutuel assurent gratuitement la maison, la filiale de leasing a donné un véhicule pour que des colocataires puissent se déplacer ensemble, et notre filiale informatique a donné des ordinateurs. Notre force est que l’action de la fondation est soutenue par l'ensemble du groupe. 

Le statut n’existe pas juridiquement, mais c’est comme si nous avions inventé une fondation mutualiste. Les collaborateurs sont associés à la gouvernance et au choix des projets de la fondation, les différentes structures se fédèrent et apportent un soutien complémentaire. Ce sont vraiment les valeurs mutualistes. 

 

Christina Diego 

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