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Par Carenews INFO - Publié le 12 février 2026 - 12:01 - Mise à jour le 12 février 2026 - 12:12 - Ecrit par : Célia Szymczak
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Lipton, Mariage frères, bubble teas... Quels sont les engagements sociaux et environnementaux de 14 marques de thé vendues en France ?

Commerce équitable France a rendue publique l’analyse de l’impact social et environnemental de 14 marques de thé vendues en France, en s’intéressant à la provenance du produit. Elle distingue les multinationales des marques de thé plus haut de gamme et de celles qui revendiquent des engagements équitables ou biologiques.

 

Dans quelles mesures les marques de thé commercialisées en France agissent-elles pour limiter les effets négatifs de leur activité sur les droits humains et l’environnement ? Avec son baromètre « Teste ton thé », rendu public le 5 février dernier, l’ONG Commerce équitable France en compare 14. 

Alors que « les marques peuvent jouer un rôle déterminant dans l’orientation des pratiques agricoles et sociales », seule « une minorité » intègre « de manière solide des critères sociaux et environnementaux dans leurs politiques d’approvisionnement », constate-t-elle. Une fiche d’analyse permet de connaître l’action de chacune des enseignes, mais il est possible de distinguer trois grands types d’acteurs et de rendre compte de leurs impacts.  

 


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Des engagements contrastés  

 

D’abord, les multinationales Lipton, Tetley et Twinings « dépassent à elles seules 60 % du marché français ». Or, malgré des objectifs affichés en matière de durabilité, « les certifications et la transparence restent limitées ; les informations publiées, souvent abondantes, demeurent fragmentaires ou peu vérifiables ».  

Pour les marques de thés plus haut de gamme, valorisant avant tout la qualité organoleptique de leurs produits, à l’instar de Mariage frères, Dammann frères ou Kusmi tea, « les engagements sociaux et environnementaux restent inégaux et contrastés », constate Commerce équitable France. Palais des thés ou Kusmi tea « montrent une prise de conscience avec des démarches positives qui commencent à émerger », précise cependant l’ONG.  

En revanche, les auteurs du baromètre félicitent largement les marques Ethiquable, Les Jardins de Gaïa, Clipper, Pukka et Charitea, qui affichent toute une certification commerce équitable. « Leur modèle repose sur une approche globale et cohérente : protection de l’environnement, juste rémunération des producteur·rices et transparence totale de la chaîne d’approvisionnement », saluent les auteurs, tout en soulignant que « leur poids économique demeure limité ».  

À noter, deux entreprises de bubble tea analysées, Gong cha et Yi fang, se caractérisent par des « engagements de durabilité (...) encore quasi inexistants ».  

Le baromètre
La notation de Commerce équitable France. Crédit : Commerce équitable France.

Trois axes d’évaluation  

 

L’action des marques a été évaluée à partir de données qu’elles ont rendues publiques ou qui ont été analysées par des acteurs externes, comme des ONG ou des journalistes. Leurs éventuelles réponses à un questionnaire envoyé par Commerce équitable France ont également été prises en compte. 

Trois axes d’évaluation ont été choisis. D’abord, la traçabilité, c’est-à-dire la connaissance par l’entreprise de la provenance du thé et de ses conditions de production, ainsi que sa transparence à propos de ces informations. « Les intermédiaires entre producteurs et marques sont nombreux », expliquent les auteurs du baromètre. En particulier, « 70 % du thé mondial est vendu aux enchères », précisent-ils, ce qui accroît « la distance et l’opacité », ainsi que l’insécurité pour les producteurs. Commerce équitable France préconise notamment de nouer des relations directes avec eux. 

 


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Le deuxième axe d’évaluation est le partage de la valeur et les engagements en matière de juste rémunération des travailleurs. En effet, la production de thé s’appuie sur le travail de personnes « souvent sous payées et vivant dans des conditions précaires », majoritairement dans les pays dits du Sud global. Elles « ne perçoivent souvent que 1 à 2 % du prix final payé par les consommateurs », soulignent les auteurs, en raison de prix d’achat trop bas.  

Enfin, le baromètre prend en compte l’accompagnement à l’adoption de modes de production respectueux de l’environnement. La filière thé est confrontée à « des défis environnementaux majeurs : déforestation, pollution des sols et vulnérabilité croissante face au changement climatique », appuient les auteurs. Là encore, outre le choix des fournisseurs et l’accompagnement, les pratiques vertueuses passent notamment par le fait de « payer des prix qui prennent en compte les coûts de production agroécologiques »

 


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Un baromètre centré sur l’approvisionnement 

 

Pour chacune de ces trois dimensions, Commerce équitable France s’est interrogé sur l’identification des enjeux par les marques, leurs engagements publics, leurs éventuels plans de progrès, le fait de rendre publiques des données sur les effets de leur activité, et la crédibilisation par des certifications ou des labellisations.  

« Nous avons choisi de nous centrer sur les politiques d’approvisionnement du thé, car celles-ci ont des impacts majeurs sur toute la filière », peut-on lire sur le site du baromètre. Ainsi, « d’autres critères de durabilité comme la politique sociale interne de l’entreprise » ou « les politiques environnementales liées aux processus de fabrication, d’emballage ou de transport » ne sont pas analysés.  

 

Célia Szymczak 

 

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