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Par Dons Solidaires - Publié le 16 avril 2026 - 12:46 - Mise à jour le 16 avril 2026 - 12:53
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Baromètre 2026 : 4 millions de Français confrontés à la précarité hygiénique

Pour la 6ème année, l’association Dons Solidaires publie son baromètre « Hygiène & Précarité en France », réalisé par l’IFOP. Cette année encore, le baromètre révèle une situation préoccupante. La précarité hygiénique se maintient à un niveau élevé, tandis que les conséquences sociales, elles, s’aggravent.

Précarité hygiénique 2026 : une stagnation alarmante et une aggravation des conditions de vie pour les personnes concernées 

Bien que l’inflation marque un recul, les ménages précaires en ressentent peu les effets. Le sentiment de vulnérabilité diminue légèrement (41 % des Français craignent de ne pas finir le mois, contre 49 % en 2025), mais reste à un niveau préoccupant. Pire !Le phénomène psychologique d’habituation face aux prix élevés s’installe. Après des années de hausse, les ménages intègrent cette « nouvelle normalité », et l’anxiété liée aux coûts s’estompe… Non parce que la situation s’améliore, mais parce qu’elle devient la norme. 

Dans ce contexte, la précarité hygiénique s’installe durablement. 4 millions de Français se trouvent en situation de précarité hygiénique. Soit 1 million de plus qu’en 2019. 

Découvrir le baromètre complet

C’est quoi concrètement être en situation de précarité hygiénique selon Dons Solidaires ?  

Souffrir de la précarité hygiénique, c’est ne pas pouvoir se procurer suffisamment de produits d’hygiène essentiels tels que du gel douche, du shampoing, du dentifrice ou encore des couches pour son enfant. En 2026, 4 millions de Français ont déjà dû renoncer à s’acheter l’un de ces produits essentiels, faute de moyens.  

De façon plus large, une plus grande part de la population n’est qu’à un fil de basculer dans cette précarité. Lorsqu’on adopte des comportements de limitation comme réduire sa consommation de papier toilette, arbitrer ses achats ou encore espacer ses lessives pour économiser…C’est souvent le signe avant-coureur d’une précarité qui s’installe. Il est alors urgent d’agir pour soulager ces ménages.  

La précarité hygiénique menace près d’une personne sur deux en France 

Plus largement, la précarité hygiénique menace un grand nombre de foyers en France. En effet, chaque année, notre baromètre dresse un constat clair : l’hygiène est l’une des premières variables d’ajustement lorsque des difficultés financières apparaissent. Aujourd’hui, près d’1 Français sur 2 déclare avoir déjà restreint sa consommation de produits d’hygiène pour des raisons budgétaires. Et plus grave encore, 8 millions de Français (soit 16 % de la population) doivent parfois choisir entre l’achat de nourriture ou de produits d’hygiène, faute de moyens.  

Au quotidien, ces personnes adoptent des comportements de renoncement qui entachent le quotidien :  

  • 26 % contrôlent la consommation de gel douche ou de shampoing de leurs enfants 
  • 17 % contrôlent leur consommation de papier toilette 
  • 10 % se lavent les cheveux avec autre chose que du shampoing8% se lavent sans utiliser de gel douche ou de savon
  • 7 % se lavent les dents sans dentifrice 

Des conséquences profondes sur la confiance en soi et l’isolement social 

Et ces comportements subis ne sont pas sans conséquences : plus de la moitié des personnes (46 %) qui ont été contraintes de diminuer leur consommation de produits d’hygiène ressentent une baisse de confiance en eux. 

Les conséquences sociales de la précarité hygiénique sont très nettes : se priver de produits d’hygiène essentiels induit un sentiment de honte profond qui conduit à l’isolement. Et les chiffres de notre baromètre le confirment :  

  • 33 % ne sortent plus de chez elles (+ 2 points vs 2025) 
  • 28 % renoncent à un rendez-vous amical ou amoureux 
  • 27 % évitent certaines personnes de leur entourage (+ 4 points vs 2025) 
  • 25 % renoncent à une activité sportive (+ 2 points vs 2025) 

 

Mina nous explique qu’il lui arrive assez souvent de devoir choisir la nourriture en priorité lorsqu’elle ne peut pas tout acheter. Elle reconnaît manquer « de lessive, de dentifrice, de brosses à dents, de gel douche » et devoir se priver de déodorant. Pour compenser, Mina met en place des stratégies de substitution, allant parfois jusqu’à « laver avec le shampoing » lorsque la lessive manque. Elle dit avoir renoncé à un entretien d’embauche à cause du manque de produits « je n’étais pas à l’aise ». Et parfois avoir évité de sortir lorsque son hygiène lui semblait insuffisante.  

Mina, mariée, mère de deux garçons (8 et 7 ans). Sans activité professionnelle. Rencontrée par Dons Solidaires en 2026. 

Ces données illustrent un mécanisme vicieux : la précarité hygiénique alimente la honte, le retrait et l’isolement. Elle est de ce fait, moins visible que d’autres formes de précarité. Pourtant, elle agit comme une fracture silencieuse, mais tout aussi profonde dans ses effets sur le lien social et la dignité. 

En faisant un don de 1€ à Dons Solidaires, vous offrez 1 mois de lessive à une famille en difficulté. 

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Ce que révèle le baromètre 2026 : l’emploi n’est plus un rempart contre la précarité, en particulier pour les travailleurs pauvres 

Notre baromètre brise un préjugé tenace : l’incapacité à subvenir à ses besoins essentiels ne concerne pas uniquement les personnes sans emploi. Aujourd’hui, de plus en plus de personnes sont en activité salariée avec des revenus insuffisants ne leur permettant pas de subvenir à leurs besoins.  

C’est le cas des travailleurs pauvres1, particulièrement exposés à la précarité hygiénique. En effet, 42 % d’entre eux ont déjà dû choisir entre l’achat de nourriture ou de produits d’hygiène, faute de moyens. C’est presque 3 fois plus que la population générale. Et pour beaucoup d’entre eux, les renoncements stricts aux produits sont quotidiens. 25 % renoncent régulièrement à acheter du savon/gel douche. Ce pourcentage s’élève à 23 % pour la brosse à dents, 21 % pour le papier toilette et 19 % s’agissant du dentifrice.   

 

 « J’ai 1 700 euros, je paie le loyer, les charges ça monte à 1 300 euros ». Les arbitrages budgétaires sont permanents (transports, scolarité, alimentation). L’accès aux produits d’hygiène est irrégulier et relégué derrière d’autres priorités : recours à des substituts « j’essaie d’utiliser le savon de Marseille, je fais avec ce que j’ai », périodes sans dentifrice « on se débrouille avec de l’eau », et le quotidien domestique (lessive, gels douche, entretien) est marqué des tensions d’usage « mon fils va gaspiller ». 

Mère seule de quatre enfants qui travaille comme auxiliaire de vie, rencontrée par Dons Solidaires en 2026. 

Cette situation complique leur quotidien déjà difficile : le sentiment de malaise et de honte pèse directement sur l’accès à l’emploi et le maintien de l’activité. Si 31 % des personnes concernées par le renoncement aux produits d’hygiène disent ne pas se sentir bien au travail, ce chiffre s’élève à 43 % chez les travailleurs pauvres. Ils sont 30 % à avoir déjà renoncé à se rendre à un entretien d’embauche. Et 25 % à ne pas être allé travailler à cause du manque de produits d’hygiène. 

Femmes, jeunes, familles monoparentales, parents de jeunes enfants… Les visages de la précarité hygiénique en 2026 

La précarité hygiénique touche des profils toujours plus variés. 

 La précarité hygiénique chez les jeunes  

60 % limitent leur consommation de produits d’hygiène (43 % pour l’ensemble des Français)  

57 % des 18-24 ans perdent confiance en eux (46 % pour l’ensemble des Français)  

38 % renoncent à se rendre à un rendez-vous amical ou amoureux (28 % pour l’ensemble des Français)  

Les jeunes, pour qui l’entrée dans la vie active se complique au fur et à mesure des années (études plus longues, vie coûteuse, moins d’emplois…), sont plus vulnérables aux crises. Ces dernières années ont été particulièrement difficiles. Elles ont révélé l’ampleur du mal-être économique et social qui les expose davantage à la précarité, y compris hygiénique. 

Retrouvez tous les chiffres “jeunes” (p.55) 

Les femmes, un combat sans fin contre la précarité menstruelle 

2,3 millions manquent régulièrement de protections menstruelles, soit 13% des Françaises  

11 % utilisent autre chose à la place de protections menstruelles, par manque d’argent  

57 % sont stressées et 40 % perdent confiance en elles 

Les femmes, toujours surreprésentées dans les études sur la précarité, doivent également faire face à une précarité qui leur est propre : la précarité menstruelle. Bien que les règles soient un phénomène naturel, auquel elles ne peuvent se soustraire, l’accès aux protections périodiques restent un défi pour grand nombre d’entre elles.  

27 % des femmes déclarent avoir déjà manqué de protections menstruelles, pour elle ou pour leur fille, faute de moyens. 13 % sont confrontées à cette situation régulièrement, soit environ 2,3 millions de femmes.  

 

Isadora est contrainte de privilégier strictement les dépenses alimentaires au détriment des produits d’hygiène. L’accès aux produits d’hygiène (soins corporels, déodorants, lessive, protections menstruelles) dépend fortement des dons du centre social local. Sans ces dons, elle déclare ne « pas acheter » certains articles, jugés trop coûteux. Sa fille doit parfois solliciter une amie lorsque les protections menstruelles viennent à manquer, illustrant une situation de précarité menstruelle. 

Isadora, mère isolée avec 2 enfants à charge, travaille à temps partiel. Rencontrée par Dons Solidaires en 2026. 

Perte de confiance, isolement, conséquences sur la santé… Chaque jour, des femmes subissent les conséquences des inégalités de genre, faute de pouvoir se procurer des protections adaptées, pourtant indispensables pour vivre ses règles en toute dignité.   

En faisant un don de 1€ à Dons Solidaires, vous offrez à une femme en précarité 2 mois de protections menstruelles.

Plus de chiffres sur la précarité menstruelle (p.45) 

Les parents de jeunes enfants : quand la précarité fragilise la parentalité 

19% renoncent à l’achat de couches pour leur bébé   

18 % utilisent une protection « bricolée » (essuie-tout, tissu…) pour leur enfant, par manque d’argent

63 % se sentent « mauvais parents » à cause de ces renoncements

Les parents de jeunes enfants sont eux aussi menacés par la précarité hygiénique. L’arrivée d’un bébé augmente inexorablement les dépenses du foyer. Equiper le logement, faire garder son bébé, le faire soigner… Des dépenses incompressibles qui, dans un contexte économique dégradé, bousculent l’équilibre financier du foyer.  

Et parmi les dépenses, les couches et les produits d’hygiène bébé deviennent alors une variable d’ajustement. Face à ces renoncements, c’est tout un modèle qui se fragilise. Le sentiment de honte qui découle des stratégies d’adaptation ébranle le rôle protecteur des parents en difficulté.  

Consultez le focus “jeunes parents” (p.50) 

Les familles monoparentales, en première ligne face à la précarité hygiénique 

39% des foyers monoparentaux ont rencontré des difficultés pour faire face à leurs dépenses durant les 12 derniers mois (ensemble 22 %, foyers biparentaux 29 %) 

26 % ont dû arbitrer entre l’alimentation ou les produits d’hygiène (ensemble 16 %, foyers biparentaux 17 %) 

60 % doit limiter sa consommation de produits d’hygiène (ensemble 43 %, foyers biparentaux 49 %) 

Les familles monoparentales sont, sans surprise, particulièrement en proie à la précarité hygiénique. Avec un seul revenu, pour s’occuper d’un ou plusieurs enfants, de nombreux parents seuls ne s’en sortent pas. Les arbitrages font partie intégrante du quotidien et les produits d’hygiène n’y échappent pas. 12 % des foyers monoparentaux interrogés ont recours à une aide associative pour se procurer des produits d’hygiène, contre 5 % de la population générale.  

En faisant un don de 1€ à Dons Solidaires, vous aidez un bébé à avoir des couches propres pendant 1 mois.

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La fragilité économique qui pèse sur ces familles en fait un public particulièrement vulnérable à la précarité hygiénique et ses conséquences désastreuses.  

Découvrez les données sur les foyers monoparentaux 

Le rôle de Dons Solidaires : agir concrètement contre la précarité hygiénique 

Depuis sa création en 2004, Dons Solidaires a toujours œuvré en faveur de l’accessibilité des produits d’hygiène essentiels aux personnes démunies. A travers :  

  • La collecte et la distribution de millions de produits d’hygiène chaque année. Et ce grâce à sa chaîne de solidarité qui unie plus de 200 entreprises engagées et 1 200 associations de lutte contre la précarité en France.
  • Des actions de plaidoyer pour faire évoluer la loi en faveur d’un partage des biens plus responsable. Notamment à travers l’interdiction de destruction des invendus non-alimentaires, initié par la loi AGEC.
  • La production du baromètre annuel de Dons Solidaires « Hygiène & Précarité en France » réalisé par l’IFOP qui nous permet de mesurer et alerter sur cette précarité silencieuse 

En 2025, Dons Solidaires a par exemple distribué : 

  • 2,7 millions de produits d’hygiène (savons, papier-toilette, lessive…)
  • 2 millions de produits de beauté (parfums, maquillage, soins…)
  • 1 million de couches pour bébés 
équivalence dons solidaires

 

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