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Par Fondation groupe EDF - Publié le 16 janvier 2026 - 11:32 - Mise à jour le 16 janvier 2026 - 11:57
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À Madagascar, Graines de Bitume aide les jeunes vulnérables à reprendre racine

Face à la pauvreté et au décrochage scolaire, le centre d’insertion professionnelle de l’association Graines de Bitume accompagne des adolescents et jeunes adultes vers l’autonomie et l’emploi grâce à un parcours sur mesure et dans la durée, qui redonne confiance à une jeunesse malgache en quête d’avenir.

Crédit : Graines de Bitume
Crédit : Graines de Bitume

 

À Antananarivo, les jeunes accompagnés par Graines de Bitume ne viennent pas frapper à la porte d’un simple bureau d’insertion. L’association, fondée pour soutenir les enfants et jeunes des milieux les plus vulnérables, propose un accompagnement global allant jusqu’à deux ans, mêlant soutien éducatif, social et psychologique. « Nos jeunes viennent souvent de familles monoparentales ou très modestes, dont les revenus ne dépassent pas 3 000 ariarys par jour – soit moins d’un euro par jour », explique Misa Andrilalaina, responsable du programme Bureau pour l’emploi. « Avant d’intégrer le dispositif, ils sont sensibilisés par leurs pairs, puis rencontrent nos équipes avec leurs parents. »

Chaque parcours débute par une phase de découverte de deux semaines, suivie d’une remise à niveau en français, mathématiques, informatique et malgache. L’objectif : redonner aux jeunes les bases nécessaires pour réintégrer un parcours de formation puis d’emploi. « Certains savent déjà ce qu’ils veulent faire, d’autres non. Notre rôle, c’est d’ouvrir leurs horizons et de les aider à trouver un travail dans le secteur formel. »

 

Un accompagnement pas à pas, au long cours

 

Après la remise à niveau, vient « la phase de responsabilité » : les jeunes s’initient à la vie collective et découvrent les codes du monde du travail. Ils peuvent occuper des rôles au sein même de l’association – logistique, comptabilité, ressources humaines – afin d’expérimenter la gestion d’équipe et la prise d’initiative.

Pour gagner en autonomie, ils passent des tests de personnalité et réalisent plusieurs stages d’immersion — jusqu’à cinq par an — pour explorer différents métiers. « Si le jeune découvre qu’il aime la mécanique, il passera un mois en atelier ; s’il préfère la cuisine, il ira en restauration. C’est en expérimentant qu’ils trouvent leur place », souligne Misa Andrilalaina.

Une fois le projet validé avec l’équipe pédagogique, les jeunes intègrent une formation professionnelle courte, de trois à neuf mois, dans l’un des centres partenaires de l’association. Puis, dès 18 ans, ils rejoignent le Bureau pour l’emploi, un dispositif créé par Graines de Bitume, qui les aide à franchir la dernière marche vers le monde du travail : rédaction de CV, préparation d’entretiens, codes professionnels… En 2024, 144 jeunes ont été accompagnés par le Bureau pour l’emploi, dont les équipes collaborent avec 13 autres associations partenaires.

Alors que plus de 40 % des Malgaches âgés de 18 à 35 ans sont sans emploi (Afrobarometer), cet accompagnement sur mesure agit comme un levier rare et précieux.

 

« Planter des graines, même sur le bitume »

 

De quoi se réjouir des résultats de Graines de Bitume : « En moyenne sur les trois dernières années, le taux d’accès à l’emploi des jeunes que nous avons accompagnés au Bureau pour l’emploi atteint 51 % », se félicite Misa Andrilalaina. Les filières les plus porteuses restent la restauration, la couture ou encore l’hôtellerie, même si l’association encourage les jeunes à explorer d’autres secteurs : « On veut particulièrement casser les stéréotypes de genre. Toutes les filles ne doivent par exemple pas se sentir cantonnées à la coupe-couture. »

Pour pallier le manque de correspondance entre les formations classiques existantes et les attentes des entreprises, Graines de Bitume a aussi lancé un dispositif d’alternance en 2022. Elle travaille par ailleurs à dupliquer le modèle du Bureau pour l’emploi et à mettre en place une nouvelle structure d’insertion locale.

Les manifestations récentes à Madagascar témoignent du désarroi d’une jeunesse sans perspectives : pénurie d’eau et d’électricité, flambée du riz et des produits de première nécessité, corruption… « Les familles n’arrivent plus à couvrir les frais scolaires. Certains enfants se mettent à mendier ou errer dans la rue. Mais ces jeunes ont une résilience incroyable : ils ont envie d’apprendre, de s’en sortir, d’être autonomes », indique Misa Andrilalaina. Pour éviter que la pauvreté ne les oblige à abandonner leur parcours, l’association comble en partie les besoins financiers : à défaut de salaires pendant leurs stages, les jeunes reçoivent une indemnité de transport et de repas.

À Madagascar, où l’accès à la formation et à l’emploi demeure un défi majeur, Graines de Bitume prouve qu’un accompagnement patient et individualisé peut transformer durablement des trajectoires. Fondée en 2000 par un collectif franco-malgache, l’association agit bien au-delà de l’insertion professionnelle : elle distribue plus de 20 000 repas par an aux enfants des rues, favorise leur retour à l’école et encourage leur expression à travers les arts de la scène. L’insertion professionnelle – volet soutenu par la Fondation groupe EDF – devient ainsi l’aboutissement d’un parcours global, ancré dans la vie quotidienne et la réalité sociale des quartiers d’Antananarivo.

 

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