[ON Y ÉTAIT] La conférence " Communication des ONG : No limits ? "

[ON Y ÉTAIT] La conférence " Communication des ONG : No limits ? "
Mercredi 14 mars avait lieu une conférence sur la communication des ONG à la Sorbonne, organisée par l'association Sorbonne Communication et animée par la journaliste Agnès Bonfillon. Voici un compte-rendu de la conférence en soulignant quelques points importants évoqués par les ONG invitées : SOS Méditerranée, L214, Greenpeace France.


 

L214, une communication franche et des images non censurées pour condamner les travers de l’industrie agroalimentaire

 

L214 est une ONG à la communication acérée qui milite pour la défense des animaux. Le nom a été choisi en référence à l'article L214-1 du Code rural qui stipule que : " tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. "

L'ONG opte pour une communication sans filtre dans l'optique de provoquer un changement de mentalité afin de mettre en lumière la façon " scandaleuse dont sont élevés les animaux ".

Selon Brigitte Gothière, " les associations agissent pour l’intérêt général, essayent de changer le monde tel qu’il est aujourd’hui : leurs moyens de communication sont différents de ceux des entreprises. " De ce fait, l'ONG table sur une communication faite à partir des " moyens du bord ", en étant " le plus efficace possible ". Elle enjoint chacun à se servir de ses images et à diffuser ses informations.

 

Pour Greenpeace France, les réseaux sociaux sont à la fois un piège et un levier d’action

 

Pendant français du géant Greenpeace créée en 1971, l'ONG s'est fait remarquer par ses nombreuses opérations " coups de poing ", telles que la campagne " Winter is not coming " sur le réchauffement climatique en 2015, ou la campagne de 2014 sur le pétrolier Shell en Arctique.

Une des principales difficultés avancées par Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France est la répercussion que peuvent avoir les antennes entre elles. " Ce qui est posté par Greenpeace en France peut avoir des répercussions n’importe où. Par exemple, quelque chose posté par Greenpeace Hongrie peut être mal perçu en Chine ", explique-t-il, d'où la nécessité d'une coordination permanente.

Quant aux réseaux sociaux, ils sont à la fois " un piège " car  quand quelque chose est posté, il fait le tour d'internet, mais aussi " un levier d'action " car Greenpeace ne dépend que de la générosité du grand public.


 

SOS Méditerranée, une ONG qui navigue sur les réseaux sociaux

 

Créée en juin 2015, SOS Méditerranée est une association de sauvetage en mer Méditerranée, en partenariat avec Médecins Sans Frontières, financée à 95 % de dons d'origine privée. L'ONG diffuse régulièrement les images des sauvetages qu'elle réalise et publie des témoignages de rescapés à bord de son navire, l'Aquarius.

Sophie Rahal, administratrice et porte-parole de SOS Méditerranée prône l'utilité des réseaux sociaux pour la visibilité de SOS Méditerranée :" grâce aux réseaux sociaux, les donateurs savent où va leur argent, ce que SOS Méditerranée en fait. "

SOS Méditerranée possède un chargé de communication sur l’Aquarius ; il est accompagné d’un photographe professionnel. Leurs photos sont toujours publiées avec des textes, car " une photo sans texte c’est un message dangereux. "
Leur diffusion de photos s'oriente vers les gens dans la détresse pour maximiser l'impact auprès du public.
À la question de la communication au sein d'une ONG, Sophie Rahal répond qu'il est tout à fait possible de bien communiquer pour un modèle associatif, mais rappelle la nécessité de diffuser une information avérée pour ne pas tomber dans le danger que représentent les fake news.

Selon elle, il y a un courant de " professionnalisation des ONG " qui découle sur une façon de " professionnaliser sa communication ".

 

Une attention portée à sa communication externe, au même titre que sa communication interne

 

Au moment d'évoquer les difficultés que peut rencontrer une ONG dans sa communication interne, Sophie Rahal fait le même constat que Jean-François Julliard, arguant que SOS Méditerranée Allemagne peut vouloir censurer des images, jugées pertinentes par SOS MéditerannéeFrance.

Autre acteur important et nouvelle problématique : " en face de nous, les acteurs puissants comme les armées ne rateront pas de nous discréditer si on fait une erreur. " Le " pernicieux "rapport avec les journalistes permet de s'utiliser l'un et l'autre en cas de besoin, lorsque l'ONG a besoin de couverture médiatique ou que les médias ont besoin de sources avérées. Ce fut notamment le cas pour la situation en Libye. Bien que SOS Méditerranée œuvre exclusivement pour le sauvetage en mer, l'association ne peut ignorer les faits quand ceux-ci touchent à la dignité humaine. Ce fut le cas des nombreux témoignages des naufragés de l'Aquarius citant les abominations qui se passaient en Libye : les viols, séquestrations et ventes aux enchères d'êtres humains.

 

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