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[ENTRETIEN] Françoise Cosson, déléguée générale de la Fondation Orange

[ENTRETIEN] Françoise Cosson, déléguée générale de la Fondation Orange
Après un long parcours dans la communication et l’événementiel, Françoise Cosson est devenue en mars 2018 déléguée générale de la Fondation Orange. Familière de l’écosystème associatif depuis plusieurs années, elle se réjouit aujourd’hui de pouvoir faire rayonner l’engagement d’Orange, qui oeuvre pour l’éducation numérique auprès des plus démunis, la santé et la culture. Une mission de taille, puisque la Fondation Orange, outre ses interventions dans l’Hexagone, anime un réseau de 16 autres fondations réparties partout dans le monde et intervient dans les 30 pays où le groupe est implanté.


 

Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?

 

J’ai débuté dans la communication, la publicité et l’audiovisuel. Je me suis très rapidement orientée vers le secteur des médias interactifs, chez Euro RSCG puis d’autres agences indépendantes. Je suis ensuite arrivée dans le groupe Orange en 2001 à différents postes autour de l’événementiel, le multimédia et les partenariats internes chez Orange France puis j’ai été directrice de la communication interne du groupe pendant 3 ans. Depuis le mois de mars 2018, je suis déléguée générale de la Fondation Orange.

 

Pourquoi vous être tournée vers le mécénat ?

 

Je voulais donner un tournant à ma carrière. C’était le bon moment pour m’orienter vers des activités qui avaient plus du sens, de cohérence, en lien avec mes valeurs personnelles. De plus, après trois ans passés à la communication interne, je connaissais l’écosystème du groupe et les actions de la fondation. J’ai été bénévole dans des associations à titre personnel auparavant, c’était donc également un moyen de faire coïncider mon engagement associatif et mon activité professionnelle.

 

Comment la Fondation Orange a-t-elle déterminé ses axes d’intervention ?

 

La fondation a fêté ses 30 ans l’année dernière. Les premiers axes étaient la musique et l’autisme, qui permettaient aux personnes ayant des difficultés à communiquer de s’épanouir. Nous avons ensuite voulu davantage nous rapprocher des métiers “cœur” du groupe, et nous avons développé l’axe de l’égalité des chances grâce au numérique. C’est un virage que nous avons pris il y a quelques années, et que l’on poursuit aujourd’hui en nous adaptant aux évolutions de la société et aux réalités des nouvelles générations.

 

Quels sont les différents dispositifs mis en place pour favoriser l’engagement des salariés ?

 

Nous proposons à nos salariés en fin de carrière du mécénat de compétences avec le dispositif Temps Partiel Séniors (TPS). Plus de 2 000 salariés ont profité du programme depuis sa mise en place en 2010, et tous me disent qu’ils aimeraient revenir dans l’entreprise pour partager leur expérience avec leurs collègues. Donc nous réfléchissons à développer le mécénat de compétences pour nos autres salariés. Dans le cadre du TPS, 900 salariés travaillent actuellement à mi-temps pour des associations. Nous accompagnons et finançons également  des projets que nos salariés souhaitent soutenir et porter. Nous avons également une plateforme d’engagement sur laquelle nous proposons aux collaborateurs d’être bénévoles dans des associations à titre personnel, notamment autour de la formation au numérique. 8 000 salariés sont par ailleurs impliqués dans des activités de bénévolat. Enfin, nous les sollicitons pour des missions de tutorat auprès des jeunes, en passant par des partenariats avec des initiatives comme comme Capital Filles ou NQT [Nos Quartiers ont des Talents].

 

Le groupe Orange est présent à l’international. Comment la fondation coordonne-t-elle ses actions hors des frontières de l’Hexagone ? Sont-elles liées avec celles entreprises en France ?

 

Orange est présent dans 30 pays, et nous avons 16 autres fondations réparties dans le monde. Leurs axes d’interventions ont également évolué au fil du temps en fonction des pays dans lesquels nous sommes devenus opérateurs. Dans le fonctionnement, la Fondation Orange définit les grandes lignes, et ensuite chaque fondation dispose d’une certaine autonomie pour mettre en place les actions. Côté finance, le budget annuel de la fondation s’élève à 8,5 millions d’euros par an, mais les pays peuvent également contribuer de leur côté, ce qui pousse le budget total à environ 23 millions pour l’ensemble de nos actions de solidarité et de mécénat dans le monde. Nous communiquons beaucoup, la Fondation Orange anime les échanges avec les fondations des autres pays (ou des équipes du groupes sur place engagées dans les actions solidaires) via des calls et des conventions, puis valide les appels à projets. Nous avons ainsi pu développer les FabLabs Solidaires à l’international. Aujourd’hui, il en existe 73 dans 11 pays. Nous avons également 530 écoles numériques dans 12 pays, qui permettent à 130 000 élèves d’accéder à des contenus pédagogiques envoyés directement dans des écoles qui n’ont pas de connexion. Régulièrement, nous essayons de bâtir autour de l’école des villages Orange, sur la base d’une école numérique, d’un centre de santé et d’un point d’eau.

 

Le groupe et la fondation travaillent-ils parfois ensemble ?

 

Nous essayons de trouver des actions communes via les associations dont nous sommes partenaires. Nous formons au sein de la fondation 26 000 jeunes au numérique, par le biais de plus de 3 000 ateliers numériques pour l’insertion. Donc forcément, nous  travaillons avec les équipes RSE du groupe, mais aussi toutes les Directions Orange en France et les filiales à l’international

 

Quel est aujourd’hui votre regard sur le mécénat ?

 

Il est assez novice car j’ai commencé récemment. Je pense que les grandes entreprises comme Orange peuvent pas ne pas s’engager et mener des actions solidaires dans les pays dans lesquels elles sont présentes. Il est important d’accompagner ces pays, car l’égalité des chances est un facteur important de développement. En ce qui nous concerne, il ne suffit plus d’apporter du réseau, il faut les accompagner dans l’éducation et la santé afin de pouvoir favoriser ce développement. En France, c’est un peu différent, nous nous concentrons davantage sur l’avenir des jeunes et des femmes en proposant des formations autour du numérique pour les plus démunis. Eux aussi sont le vecteur de développement du pays. Et de la même manière, il est important de montrer aux jeunes que l’on recrute que nous avons un impact sociétal.

 

 

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