[EN IMAGES] APF Handicap détourne le plan du métro parisien

[EN IMAGES] APF Handicap détourne le plan du métro parisien
À Paris, l’association APF France Handicap a frappé fort pour attirer l’attention des Parisiens sur les difficultés rencontrées par les personnes à mobilité réduite dans l’utilisation des transports en commun, et plus particulièrement du métro. Sur les quelque 303 stations du métro parisien, seules 9 ont été aménagées pour permettre aux personnes en situation de handicap moteur d’y accéder. Alors que la loi Elan a marqué une importante régression en matière d’accessibilité, l’association APF France Handicap espère un sursaut de la part des politiques publiques sur le sujet, à l’approche des Jeux olympiques et paralympiques de 2024.



 

Un retard important en matière d’accessibilité dans la capitale

 

Il y a quelques semaines, à la sortie de certaines stations de métro, les Parisiens ont pu voir un affichage pour le moins intriguant. L’association APF France Handicap a en effet détourné le plan du métro parisien… pour ne faire apparaître que les stations accessibles aux personnes à mobilité réduite. Seules 9 stations sur les 303 que compte le réseau leur sont accessibles et disposent des ascenseurs adéquats, lorsqu’ils ne sont pas en panne : Saint-Lazare, Madeleine, Châtelet, Bercy, Cour Saint-Émilion, Gare de Lyon, Olympiades et Bibliothèque François Mitterrand. Toutes sont situées sur la ligne 14, la plus récente du réseau. Six autres stations ont des rampes d’accès, mais leur utilisation nécessite l’intervention d’un agent.

 

Un ratio ridiculement bas, en comparaison de Barcelone, où 82 % du réseau est accessible aux personnes à mobilité réduite, ou encore de Tokyo, qui monte jusqu’à 88 % d’accessibilité. Seules deux villes dans le monde ont réussi le pari de 100 % d'accessibilité : Los Angeles et Washington. Avec cette nouvelle campagne d’image choc, en collaboration avec l’agence Brand Station, l’association APF France Handicap espère marquer les esprits, des usagers d’abord, mais aussi et surtout des pouvoirs publics et des responsables des transports de la capitale pour les inciter à prendre des mesures en faveur des personnes en situation de handicap.

 

Quelles mesures à l’avenir ?

 

L’opération a été menée par l’association le jour où expirait le délai de trois ans accordés aux établissements recevant du public (ERP) de 5e catégorie (petits commerces, cinémas, cabinets médicaux...) pour mettre en œuvre leur agenda d’accessibilité programmée (Ad’ap), ainsi que l’exigeait la loi handicap de 2005. Or, nombre d’entre eux n’ont même pas déposé leur Ad’ap (environ 20 % selon le ministère de la Transition écologique et solidaire), et ceux qui l’ont fait sont loin d’avoir tous réalisé les travaux promis. En dépit de ses défaillances, les pouvoirs publics semblent peu soucieux d’appliquer d’éventuelles sanctions et autorisent de plus en plus des délais supplémentaires à trois, six ou neuf ans, voire même des dérogations pour raisons techniques ou financières.

 

Alors que le projet de loi Elan, définitivement adoptée hier par le Parlementa entériné une importante régression pour l’accessibilité aux personnes en situation de mobilité réduite, faisant descendre à 20 % le quota de logements accessibles dans les logements neufs, l’association APF France Handicap est activement engagée pour la préparation des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 organisés par la ville de Paris, qui se veulent “inclusifs et durables”. L’association a pu constater que les aménagements mis en place pour les Jeux de Londres en 2012 ont permis d’améliorer l’accès aux transports pour les personnes à mobilité réduite, et espère un tel changement dans le même sens, dès que possible.


 

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