La Cité des Dames, refuge des femmes à la rue

La Cité des Dames, refuge des femmes à la rue
Alors que l’hiver s’est déjà bien installé dans la capitale, les femmes qui se trouvent à la rue ou en situation de grande précarité peuvent trouver, depuis le 1er décembre 2018, soutien et réconfort dans la Cité des Dames, un nouveau lieu d’accueil et de soins réservé aux femmes et créé conjointement par la Fondation Armée du Salut et l’association ADSF-Agir pour la Santé des Femmes.


 

Un centre inédit pour accueillir, soigner et conseiller les femmes


 

Accueillir les femmes en situation de grande précarité, 7j/7 et 24h/24, inconditionnellement (quel que soit le statut administratif, et animaux de compagnie acceptés) et gratuitement, telle est la mission de la Cité des Dames. Ce lieu unique en son genre a ouvert le 1er décembre dernier, rue du Chevaleret dans le 13e arrondissement de Paris. Alors que les derniers coups de pinceaux sont donnés dans le centre, la Cité des Dames accueille depuis son ouverture environ 25 femmes par jour, redirigées grâce aux maraudes du Samusocial, de l’Armée du Salut et de l’ADSF.

 

Après avoir collaboré les deux hivers précédents au cœur de la Cité Refuge, l’Armée du Salut et l’association ADSF-Agir pour la Santé des Femmes se sont associées cette fois pour répondre tout au long de l’année à la situation, souvent ignorée mais alarmante, des femmes en errance. La réponse a été concrète et efficace avec l’ouverture en un temps record, grâce au soutien de la Ville de Paris et du conseil régional d’Île-de-France, de ce centre entièrement dédié à l’accueil et aux soins de ces femmes qui fuient les centres de soins ou d’hébergement “classiques”, mixtes, où elles sont donc davantage exposées aux agressions. “On cible les femmes qui ne font plus appel aux services sociaux “classiques” ni au 115, qui sont fatiguées de ne pas avoir de réponse car les centres sont pleins”, rapporte Christophe Piedra, directeur du centre Cité Refuge - Armée du Salut.

 

Dans la Cité des Dames, les femmes peuvent venir se reposer, prendre une douche, laver leurs vêtements, mais aussi rencontrer une équipe de travailleurs sociaux et de médecins (sage-femmes, psychologues, gynécologues...), composée majoritairement de bénévoles : environ 80 bénévoles pour 12 salariés. Abrité dans les bâtiments de la Cité Refuge, le dispositif de la Cité des Dames aura vocation à s’articuler avec les solutions d’insertion professionnelle proposées par l’Armée du Salut (dispositif premières heures, chantiers et ateliers d’insertion…).

 

 

Un appel aux dons pour faire vivre la Cité des Dames


 

Mais ces services proposés bénévolement ont un coût bien réel : une journée d’accueil à la Cité des Dames coûte, selon l’Armée du Salut et l’ADSF, pas moins de 2 107 euros. Ce budget permet à l’équipe médicale, sociale et logistique de fonctionner et d’accueillir chaque jour une centaine de femmes, à toute heure du jour et de la nuit. À son lancement, la Cité de Dames avait bénéficié d’un financement de 5 000 euros, récolté grâce à une campagne de crowdfunding sur Les Petites Pierres, une plateforme de financement participatif dédié aux projets contre le mal-logement.

 

À la suite de cette campagne, pour assurer la pérennité de son fonctionnement et pour compléter les aides reçues de la Ville de Paris, de la région Île-de-France, et de plusieurs grands partenaires privés (comme la Fondation la France s’engage qui a versé une aide de 15 000 euros), l’Armée du Salut a ouvert un nouvel appel aux dons sur son site, ainsi qu’une nouvelle campagne participative sur la plateforme Ulule avec un premier objectif de récolte fixé à 10 500 euros, qui doit financer la prise en charge de 500 femmes ; un deuxième palier fixé à 21 000 euros, pour 1 000 femmes, et un troisième à 31 500 euros, pour 1 500 femmes.


 

Des besoins d’hébergement encore importants


 

Alors que la Ville de Paris a comptabilisé un manque de 3000 places d’hébergement d’urgence pour les sans-abri dans la capitale, les besoins persistent, en particulier concernant les dispositifs dédiés uniquement aux femmes qui représentent 12 % des personnes à la rue dans la capitale, selon une estimation faite par l’Atelier Parisien d’Urbanisme (APUR) lors de la Nuit de la Solidarité en février 2018.

 

La Ville de Paris a néanmoins mis en place, cette année avec le soutien du Samsocial de Paris une halte dédiée à l’Hôtel de Ville qui permettra d’accueillir une cinquantaine de femmes, et l’Espace femmes de l’association Charonne qui accueille des femmes usagères de drogue, en situation de prostitutions, travailleuses du sexe, et victimes de violences, a rouvert ses portes dans le 10e arrondissement début décembre, selon un communiqué de la Ville de Paris.

 

Lancée pour une expérimentation d’un an, la Cité des Dames aura vocation à se développer et à se déployer dans la capitale si l’expérience est concluante, nous indique Christophe Piedra. Des chercheurs et docteurs en sociologie spécialisés dans le sans-abrisme accompagnent l’Armée du Salut et l’ADSF dans leur projet pour déterminer si l’offre correspond aux besoins des femmes à la rue.


 

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