[ENTRETIEN] Pierre Gerini, président de la Fondation KRYS GROUP

[ENTRETIEN] Pierre Gerini, président de la Fondation KRYS GROUP
Depuis 2002, la Fondation KRYS GROUP développe des actions philanthropiques envers ceux et celles qui ne peuvent bénéficier de corrections optiques. En France, trois Français sur quatre ont de problème de vue et certains renoncent à s'équiper de lunettes de vue ou à effectuer des examens ophtalmologiques, à cause de leurs faibles ressources. Pierre Gérini, président de la Fondation KRYS GROUP, revient pour Carenews sur son parcours, sur l’engagement de Krys Group et de sa fondation afin que la santé visuelle soit accessible à tous, en France et dans le monde.


 

 

 

Quel parcours vous a mené jusqu’à la présidence de la Fondation KRYS GROUP ?

 

Je suis opticien de formation, j’ai été élu administrateur de Krys Group il y a quelques années, puis j’ai naturellement pris la suite du président de la Fondation KRYS GROUP il y a 5 ans. À l’époque, je participais à mon petit niveau en aidant mes prédécesseurs à la fondation, mais je n’étais pas vraiment engagé comme un bénévole peut l’être. Krys Group est une coopérative, il y a déjà en son sein une culture participative et d’engagement. Tout ce que font les adhérents pour la coopérative, c’est du bénévolat. Il y aussi a des personnes qui travaillent au sein de l’identité Krys Group et qui ceux qui font du bénévolat pour la fondation.

 

Aux prémices de la fondation, il y avait des opticiens qui s'engageaient localement ; par exemple avec les Lions Clubs ou avec des associations composées aussi de pharmaciens et des médecins locaux qui partaient fournir des lunettes dans les pays défavorisés. Il se trouve que certains d’entre eux, à l’époque, ont fait un partage d'expérience et ce sont dit : “Ce serait bien de mutualiser nos ressources et nos compétences”. C’est comme ça qu’est née la Fondation KRYS GROUP en 2002. Il y a 5 ans, le groupe, qui se modernisait, a souhaité donner une nouvelle impulsion à la fondation. Nous avons mis à disposition plus de moyens.

 

Quelles sont les actions de la Fondation KRYS GROUP ?

 

Il faut expliquer que Krys Group est le seul opticien qui fabrique ses verres. Nous avons profité de la modernisation, des progrès de l’informatique et des processus industriels [l’usine est en située en Île-de-France, à Bazainville, ndlr] pour arriver à offrir aux personnes défavorisées des lunettes neuves en plus des lunettes de récupération qu’on a l’habitude de collecter [1 million et demi annuel, ndlr], car chaque consommateur rend sa paire de lunettes pour qu’elle ait une deuxième vie.

 

Krys Group nous alloue un budget d’environ 100 000 euros chaque année. Aujourd’hui, nous avons entre 50 et 80 demandes de soutien annuelles. Notre mission c’est de mettre en place des actions en faveur d’une meilleure santé visuelle pour tout le monde. Cela concerne l’accès à des lunettes, mais aussi aux examens.

 

On peut citer l’exemple de notre partenariat avec l’Ordre de Malte ou le Secours Populaire. Nous avons mis  en place la “Journée de la vision”. Avec une vingtaine d’école d’optique, nous avons mis en place un projet à l’occasion de la Journée mondiale de la vue. Pendant les vacances de la Toussaint, les bénéficiaires sont accueillis dans les écoles d’optique pour réaliser un examen de vue et un dépistage par l’étudiant sous la supervision d’un professeur. Puis, dans nos usines, nous réalisons les lunettes.

 

Comment souhaitez-vous moderniser le mécénat autour de la vision ?

 


Dans la profession des opticiens, les choses ne bougent malheureusement pas beaucoup. Historiquement, toute la profession est plutôt centrée sur “on récupère les lunettes et on les distribue à l’association du coin”. Quand j’ai pris la présidence de la Fondation KRYS GROUP, je savais que le groupe pouvait faire mieux et je souhaitais centraliser les énergies de tous les services. J’ai appelé ce projet la fondation 2.0. Par exemple, arrêter de distribuer de vieilles lunettes, mais continuer à les récupérer pour les recycler. On va en récupérer les métaux précieux et les convertir en dons aux associations. Sur le plan de la télémédecine, notre objectif est de financer des solutions mobiles pour que les diagnostics puissent être faits dans les zones reculées et pour produire des lunettes à distance.

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