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Par Carenews PRO - Publié le 29 août 2019 - 13:24 - Mise à jour le 9 septembre 2019 - 08:17
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[Interview] Caroline Neyron, du Mouves : « Arrêter de parler, agir enfin »

Les 3 et 4 septembre se tiendront les Universités d’été de l’économie de demain, un événement initié par le Mouves et le collectif #NousSommesDemain. Caroline Neyron, déléguée générale du Mouves, nous raconte les tenants et aboutissants de ce nouveau mouvement de fond, créé par et pour les entrepreneurs.

[Interview] Caroline Neyron, du Mouves : « Arrêter de parler, agir enfin »

 

 

Comment est né le projet des Universités d’été de l’économie de demain ?

 

Le projet a émergé l’année dernière, pendant l’université d’été du MEDEF. C’était en plein débat sur la loi Pacte et sur la notion d’entreprise d’intérêt général. Nous trouvions que réseaux d’entreprises et entrepreneurs pionniers de l’ESS, qui travaillent dans l’ombre sur ces sujets depuis des années, n’étaient pas assez entendus dans ce débat.

 

À l’initiative de Frédéric Bardeau, CEO de Simplon.co et membre du Board du Mouves, nous avons réuni tous ces réseaux d’entrepreneurs engagés pour porter un message commun sur le rôle des entreprises dans la transition écologique et sociale, mais aussi pour définir des solutions et une vision communes. Et malgré les différences qui peuvent exister entre nous, nous étions tous d’accord pour proposer aux entreprises de faire évoluer leur modèle sur quatre enjeux : impact social, impact environnemental, partage des richesses, partage des pouvoirs.

 

Le Mouves, qui agit depuis 10 ans pour l’entrepreneuriat social, est au carrefour de l’économie sociale et solidaire, et de l’entreprise au statut “classique” qui s’engage. Nous pouvions donc prendre cette responsabilité de rapprocher les écosystèmes.

 

 

En quoi cet événement va-t-il se distinguer des autres événements du secteur de l’économie sociale et solidaire ?

 

Les Universités d’été de l’économie de demain sont un nouveau rendez-vous de la rentrée économique en France créé par des entrepreneurs pour des entrepreneurs. Plus qu’un événement, ce sera un moment pour présenter le travail du collectif #NousSommesDemain et passer à l’action autour de 12 actions concrètes qui seront présentées pour aider n’importe quelle entreprise à mettre l’impact social et écologique au cœur de son modèle. Ces principes d’action seront travaillés dans des workshops, de manière à ce que les participants puissent les mettre en place dès le lendemain.

 

Cet événement permettra de construire des propositions vis-à-vis des décideurs économiques et politiques. Car aujourd’hui, qu’est-ce qui différencie une entreprise qui détruit les ressources naturelles, ne paye pas équitablement ses salariés, ou ne respecte pas les normes sociales, d’une entreprise qui porte des valeurs éthiques et sociales ? Rien. Pas d’incitation, pas d’encouragement…  Il faut donc permettre à ces entreprises engagées de pouvoir mieux valoriser et faire reconnaître leurs actions, qui vont bien au-delà du marketing.

 

Quelle dynamique souhaitez-vous voir émerger à l’issue de ces deux jours de rencontre ?

 

Ces deux jours serviront à construire des propositions pour encourager l’action et construire un plaidoyer. Nous sommes dans une période à la fois grave et charnière, où les choses peuvent justement changer. Il y a une vraie attente citoyenne, de la part des jeunes, des consommateurs, pour l’émergence d’un nouveau modèle et pour plus de transparence. De leur côté, les entreprises prennent conscience de leur responsabilité. C’est le moment d’arrêter de parler et d’agir enfin. 

 

Notre Université d’été est donc un moment de travail collectif pour progresser et que les politiques nous suivent comme ils semblent l’affirmer aujourd’hui. Car c’est potentiellement 25 % de l’économie qui peut s’être engagé dans une telle démarche dans 5 ans si on s’y met tous vraiment, en s’appuyant notamment sur l’avance dont la France bénéficie déjà grâce au poids de l’ESS, de la finance solidaire et la création des entreprises à mission.

 

Notre ambition, et celle du collectif, est de s’inscrire dans le long terme et de poursuivre ce travail collectif au moins jusqu’à la prochaine présidentielle. Cette continuité doit permettre d’affiner les actions et propositions au fur et à mesure, de faire connaître et reconnaître ce nouveau modèle possible.

 

Comment voyez-vous l’avenir de l’économie sociale et solidaire et de l’entrepreneuriat social en France ?

 

De grandes opportunités attendent l’économie sociale et solidaire dans la construction des solutions économiques, sociales et politiques en France, si elle est suffisamment identifiée et valorisée.

 

Les éco-systèmes locaux sont là pour accompagner la création d’entreprises sur ce modèle, les investisseurs aussi. Dans de nombreux domaines on voit que le modèle de l’entreprise sociale est pertinent pour ceux qui souhaitent mettre au cœur de leur modèle l’impact social et environnemental : la tech, l’inclusion, l’écologie, l’alimentation, etc..

 

Face à l’urgence sociale et écologique, je vois les prochaines années comme un moment charnière où nous devons trouver la/les voies pour que l’ESS prenne une place encore plus importante, se développe encore et fasse bouger l’économie en profondeur à partir de ce que nous avons appris, avec humilité et exigence. C’est notre responsabilité, et c’est tout l’objet du collectif #NousSommesDemain et des Universités d’été.

 

 

Cet article a été rédigé dans le cadre d'un partenariat média.

 

 

 

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