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Par Carenews PRO - Publié le 26 juin 2020 - 10:57 - Mise à jour le 26 juin 2020 - 11:19
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21 propositions pour développer l'innovation sociale

Le rapport « Financer l’innovation sociale » du groupe de travail animé par Jérôme Schatzman a été remis ce mercredi 24 juin à Christophe Itier, Haut-commissaire à l'Économie sociale et solidaire et à l’innovation sociale. En tout, 21 propositions ont été formulées pour encourager et mieux financer l’innovation sociale en France.

Christophe Itier et Jérôme Schatzman, lors de la remise du rapport « Financer l’innovation sociale » le 24 juin. Crédit : Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire.

« Une des problématiques récurrentes dans le monde de l’économie sociale et solidaire est de faire reconnaître l’innovation sociale au même titre que l’innovation technologique », estime le Haut-commissaire à l'Économie sociale et solidaire et à l’innovation sociale Christophe Itier. Ce mercredi 24 juin, Jérôme Schatzman – ex-entrepreneur social (La Table de Cana, Tudo Bom...), actuellement directeur exécutif de la Chaire innovation et entrepreneuriat social de l’ESSEC – lui a remis son rapport intitulé « Financer l’innovation sociale » pour tenter d’y remédier. 

Mieux financer la R&D sociale

En tout, les 27 membres du groupe de travail (Sylvaine Parriaux d’Admical, Boris Walbaum d’Article 1, François Dechy de Baluchon…) ont auditionné bénévolement 78 experts. L’enjeu : trouver des solutions pour mieux financer la R&D sociale, définie par l’Avise comme un « processus visant à mettre en œuvre une réponse nouvelle par rapport à l’état du marché et à la satisfaction des besoins sociaux. L’innovation pourra résider autant dans la manière de répondre à ces besoins que dans le produit final ». 

Rendre accessible les chiffres du mécénat, structurer un réseau national de tiers-lieux de recherche, lancer une initiative française pour la mesure d’impact, créer des incubateurs d’intérêt général dans chaque région, créer un crédit d’impôt recherche sur la taxe sur les salaires, créer un statut de jeune association innovante, faciliter la prise de risque pour les investisseurs privés… 21 propositions ont été formulées autour de trois axes. Le premier vise à renforcer la capacité des acteurs de l’innovation sociale à se connaître et à travailler ensemble, le deuxième à mieux mobiliser les ressources existantes (tels que les fonds européens), et le troisième à proposer de nouvelles sources de financements.

Plusieurs propositions intégrées au plan de relance de l’ESS

Trois propositions a minima devraient être intégrées au plan de relance de l’ESS de Christophe Itier. Attendu pour la rentrée, celui-ci est actuellement soumis à l’arbitrage de Bercy. Pour donner de la visibilité aux dispositifs de financement de l’innovation sociale, souvent méconnus, le Haut-commissaire compte s’appuyer sur la bannière du French Impact et créer ou renforcer des incubateurs régionaux dédiés à l’innovation sociale. La création d’un crédit d’impôt sur la taxe sur les salaires (CITS) recherche permettrait quant à elle d’inciter davantage d’associations à se lancer dans des projets de R&D en innovation sociale. Enfin, mieux former les acteurs à la mesure d’impact, souvent considérée comme trop complexe et coûteuse, permettrait à l’ensemble de ces initiatives de changer d’échelle et de gagner en lisibilité, selon le Haut-commissaire.

Créer un fonds doté d’un milliard d’euros

Le rapport se conclut sur une proposition forte : celle de créer un fonds capitalisé d’au moins un milliard d’euros, s’inspirant du Nesta britannique ou du Sitra finlandais. « Je trouve intéressant que dans ces pays, les acteurs de l’innovation sociale aient accès à des tickets de financement d’un million d’euros. La somme d’un milliard est plus symbolique qu’autre chose, mais réfléchir à un fonds capitalisé, produisant chaque année des intérêts, serait vraiment pertinent », argue Jérôme Schatzman. 

En ce qui concerne les financements, Christophe Itier va dans le même sens : « Il faut passer à l’échelle. Nous sommes trop dispersés en ce qui concerne l’innovation sociale. Dans la tech, lorsque l’on finance dix startups, on sait que sept ne passeront pas le cap. Mais la réussite des trois autres, qui deviennent des licornes, compense les échecs. C’est cette part de risque dans l’innovation sociale qu’il faut arriver à financer. »

Hélène Fargues 

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