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Par Carenews PRO - Publié le 8 avril 2015 - 13:09 - Mise à jour le 27 mars 2017 - 06:50
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[ENTRETIEN] Yaële Aferiat, directrice de l’Association Française des Fundraisers

Entretien avec Yaële Aferiat, figure emblématique dans le secteur du mécénat et de la philanthropie. La très dynamique directrice de l'Association Française des Fundraisers, association des professionnels de la collecte de fonds et du mécénat, partage pour nos lecteurs son parcours, ses missions au sein de l'AFF et se vision du secteur. L'AFF a pour but de former et d'informer les fundraisers (collecteurs de fonds) tout en leur permettant d’accéder à un réseau professionnel.

[ENTRETIEN] Yaële Aferiat, directrice de l’Association Française des Fundraisers

Quel parcours professionnel vous a permis de diriger aujourd’hui l’AFF ?

À l’issue de mon cursus en économie et marketing  j’ai débuté ma carrière dans les études de marché qualitatives dans le secteur  de la grande consommation puis me suis très vite orientée vers le secteur associatif  pour donner plus de sens à mon travail. J’y ai fait mes premiers pas en Israël où j’ai vécu deux ans et fait mes premiers pas en fundraising pour le rapprochement économique israëlo-arabe auprès de grandes fondations et des ambassades. J’ai également contribué au lancement de la Banque alimentaire en Israël.  il s’agissait pour moi de rechercher des fonds, et de monter des partenariats avec des entreprises. De retour en France j’ai passé quelques mois chez Care France puis participé au montage de programmes européens (comme l’intégration de demandeurs d’asile) chez France Terre d’Asile pendant deux ans. Je suis ensuite devenue responsable de la collecte de fonds au BICE (Bureau International Catholique de l’Enfance). Ce travail de fundraiser me convenait parfaitement car il réunissait à la fois marketing et projets associatifs. J’ai rapidement eu envie d’ essayer de fédérer les gens autour du sujet de la collecte de fonds. C’est aux Pays-Bas à l'occasion de l'International Fundraising Congress (IFC) qu'a débuté mon aventure avec l'AFF. J’y ai œuvré parallèlement à mon travail au BICE et un Master en management des associations à l’IAE de Paris. Très impliquée depuis le début des années 2000 en tant qu’administratrice et convaincue qu’il fallait professionnaliser le secteur je suis devenue directrice de l’AFF en 2006. Et j’ai à cœur de la développer

Quels sont les objectifs de l’association française des fundraisers ?

L’idée initiale était de créer un club de professionnels pour permettre à des gens peu nombreux exerçant le métier alors peu connu de collecteur de fonds d’échanger sur les bonnes pratiques et enjeux de leur activité. Le premier acte fut l’établissement d’un code de déontologie signé encore aujourd’hui par tout adhérent à l’association afin d’encadrer les pratiques. Puis le besoin de rendez-vous plus formels s’est fait sentir et nous avons créé des ateliers de formation destinés aux acteurs du caritatif. L’idée étant d’apprendre de ses homologues pour développer ses compétences.. Nous animons un réseau de professionnels à qui nous proposons des rencontres d’échange et de partage et des formations qui s’adressent à toute structure d’intérêt général ayant la volonté de monter en puissance. Mais nous avons également une mission d’information à travers notre site devenu un véritable centre de ressources, une revue trimestrielle et une newsletter. Nous sommes huit personnes salariées au sein de l’association et avons actuellement 750 adhérents mais nous avons formé 2000 personnes en 2014. Et nous avons créé avec l’ESSEC le Certificat Français du Fundraising il y a maintenant dix ans.

Comment percevez-vous l’évolution de la philanthropie ces dernières années ?

Le mouvement le plus marquant de ces dix dernières années et qui s’est accéléré depuis cinq ans c’est la professionnalisation des philanthropes (donateurs fortunés) et des associations. C’est l’une des raisons pour lesquelles on parle de philanthropie aujourd’hui quand on n’en parlait pas hier. Le paysage s’est aussi enrichi de nouveaux donateurs ayant fait fortune dans le monde de l’entreprise et qui sont arrivés avec un regard nouveau.

Les choses sont différentes du côté de la collecte auprès du grand public. Historiquement les ONG avaient une approche marketing de masse et s’adressaient au plus grand nombre en jouant sur les volumes et sécurisaient ainsi les entrées de fonds. Mais les coûts importants induits par cette approche ont favorisé une tendance à se tourner vers les donateurs à haut potentiel dont le nombre s’est accru avec la concentration des richesses. Même s’il faut aller les chercher en dehors de la France puisque certains la quittent. Les fundraisers français ont internationalisé leur collecte.

De nouveaux outils sont aussi apparus avec le digital mais les grosses structures ne misent pas beaucoup dessus. Le crowdfunding (littéralement financement par la foule) encore appelé financement participatif est un très bon outil pour mettre le pied à l’étrier ou pour financer des projets de petite taille (jusqu’à 5 000 euros).

À propos du digital l’investissement des organisations n’est pas à la hauteur des enjeux. Il est pourtant incontournable de s’intéresser à ces nouveaux outils (microdons, arrondis à la caisse) ne serait-ce que pour développer la culture du don.

Enfin du côté des entreprises il y a une grosse réserve encore inexplorée du côté des PME. Le regroupement de plusieurs entreprises sur une même plateforme comme Mécène et Loire - la Fondation d’entreprise de Maine et Loire-  n’est pas assez développé. Comment faire éclore ce potentiel en régions est un vrai sujet.

 

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