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Par Carenews PRO - Publié le 22 avril 2020 - 12:13 - Mise à jour le 28 avril 2020 - 15:33
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3 questions à Caroline Neyron du Mouves sur #Noussommesdemain 

Alors que le Sénat doit examiner aujourd’hui un plan de 20 milliards d’euros pour soutenir les grandes entreprises françaises face à la crise sanitaire, nous avons interrogé Caroline Neyron, déléguée générale du Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves). Mobilisée sous la bannière #Noussommesdemain, l’organisation plaide pour que les mesures de soutien votées par les pouvoirs publics incluent des contreparties sociales et environnementales.

Crédit photo : DR.
  • En quoi consiste la mobilisation du Mouves au sein du collectif #Noussommesdemain ?

Les réseaux d’entreprises à impact engagés dans la transition sociale et écologique (du CJD à ESS France) ont souhaité réagir au projet de budget rectificatif proposé par le Gouvernement. Il prévoit une enveloppe de 20 milliards d’euros pour soutenir les grandes entreprises, sans contreparties écologiques ou sociales. L’amendement du député Mathieu Orphelin demandant aux grandes entreprises des efforts de réduction d’empreinte climatique en échange de ces aides a été rejeté par l’Assemblée nationale.

Mais la bataille continue au Sénat aujourd’hui, et il y aura un autre débat à l’Assemblée. Nous avons vu ce qu’il s’est passé avec le sauvetage des banques en 2008 ou encore avec le CICE, cela a entraîné notre économie à aller dans le mur dès la première crise, les entreprises n’ont aucune réserve, elles sont hyper dépendantes des importations et/ou de ressources humaines étrangères précarisées... On ne peut pas continuer ainsi. On sait qu’il y aura un soutien financier immense aux entreprises pour relancer l’économie et c’est normal. 

Mais pour relancer une économie plus durable et éviter un prochain crash à moyen terme, faut que la prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux commence à remonter à l’agenda politique. Nos dix propositions sont simples : les entreprises aidées pourraient par exemple intégrer au minimum 10 % de travailleurs fragilisés ou encore limiter l’écart entre le plus haut revenu et le plus bas avec un maximum de 100 dans les plus grandes entreprises. Il faut simplement de la volonté politique : le Danemark, par exemple, ne soutiendra pas financièrement les entreprises enregistrées dans des paradis fiscaux.

  • Quelle est l’origine de votre collectif ?

Le collectif #Noussommesdemain est né en août 2018 lorsque le Gouvernement avait lancé des travaux sur les entreprises et l'intérêt général. Mais les organisations qui représentent les entreprises à impact n’avaient pas été très bien associées à cette réflexion. A la suite du vote de la loi Pacte, nous voulions aller plus loin, notamment en ce qui concerne le partage des richesses, ou encore sur le soutien à la transition écologique et sociale des entreprises. Nous avons donc organisé nos universités d’été de l’économie de demain en 2019 pour présenter les engagements clairs et concrets que pourraient prendre les entreprises pour se transformer. Nous avons ensuite dégagé un consensus sur une dizaine de propositions pour que l’Etat les aident à s’engager dans cette dynamique. Nous en remettons certaines sur le devant de la scène, alors que le sauvetage des entreprises est d’actualité. 

  • Comment les entreprises sociales que vous représentez sont-elles impactées par la crise ?

Elles sont toutes en difficultés : certaines parce qu’elles sont à l’arrêt et d’autres parce qu’elles connaissent justement un un surcroît d’activités. Ces entreprises sociales en première ligne sont celles qui nous nourrissent (par exemple, dans les circuits courts, l’agriculture biologique...), qui confectionnent des masques, qui s’engagent auprès personnes âgées… Certaines mesures ont été rectifiées par le Gouvernement pour que la BPI puisse aussi aider les entreprises sociales, mais des incertitudes demeurent notamment pour les associations. Pour la première fois en 70 ans, Emmaüs a appelé à la générosité du public car sa survie est en danger. On peut donc se demander pourquoi sur les 20 milliards destinés aux grandes entreprises, il n’y a pas un milliard fléché vers des entreprises à impact. Il semble que cela ne soit pas une priorité pour Bercy. Pourtant, l’économie sociale et solidaire traverse des difficultés. Il ne faut pas abandonner ceux qui sont en première ligne. 

Propos recueillis par Hélène Fargues 

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