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[D'AILLEURS] Le printemps perse: Norouz

[D'AILLEURS] Le printemps perse: Norouz
Des quatre coins du pays, et même au-delà, ils sont venus. Pas autant qu'avant la guerre, sans doute, mais, comme chaque année, des centaines de milliers de personnes sont venues dans la ville de Mazar-i-Sharif pour célébrer Norouz, le nouvel an perse, dont les célébrations sont prévues les 20 et 21 mars.


Le point de rencontre est la Mosquée Bleue de Mazar, le sanctuaire de Hazrat Ali, le beau-fils du Prophète, et aussi l'un des principaux sanctuaires chiites, avec la Mecque et Kerbala.

Je suis venu du Tadjikistan, raconte Zabiullah, expatrié afghan basé à Douchanbé. Ce fut un long chemin, mais c'est vraiment important pour moi d'être ici avec ma famille afin de célébrer cette journée particulière. Je souhaite que cette nouvelle année (ndlr :1434, dans le calendrier musulman) soit celle de la reconstruction dans la paix. " La main sur le coeur, Zabiullah nous salue avant de rejoindre la foule des pèlerins qui se sont rassemblés derrière les barrières du sanctuaire.

Nous attendons environ 350 000 personnes cette année, annonce Raffi, l'un des organisateurs de l'évènement. Ce n'est pas beaucoup, sans doute en raison de l'insécurité, et aussi des mauvaises conditions météorologiques. "

Il est vrai qu'il pleut beaucoup au mois de mars en Afghanistan. La faible qualité des routes rend les trajets difficiles, notamment pour ceux qui viennent de la capitale, Kaboul. En effet, ils doivent emprunter le col de Salang, situé à 3600 mètres d'altitude, où les avalanches sont fort nombreuses en ce début de printemps. Mais malgré les dangers, peu sont ceux qui oseraient rater Norouz.

Le festival de Norouz est l'identité de Mazar-i-Sharif depuis des siècles, ajoute Raffi. Les gens de partout viennent de toute l'Asie centrale pour célébrer cet événement à Mazar-i-Sharif ".

Le 21, après les discours des officiels a généralement lieu la cérémonie de lever du drapeau saint en l'honneur de Hazrat Ali. Quand le drapeau est hissé en haut du mât et agité par le vent froid de la steppe, l'année nouvelle peut vraiment commencer, sous les cris et les vivats de la foule. Des milliers de personnes se précipitent afin de toucher le drapeau, symbole de chance pour la nouvelle année.

Dans le même temps, les tchopendoz, cavaliers de bouskashi, le "Polo des Steppes", arrivent sur le terrain situé devant le vieux silo russe, à la sortie de la ville. Ils s'apprêtent à participer à l'un des matchs les plus importants de l'année pour le sport national de l'Afghanistan, où plus de 200 cavaliers vont se disputer le cadavre d'une chèvre dans la boue du champ sacré.

Près de la mosquée, nous avons rencontré Nazir, un vieux sage extrêmement respecté par les membres de sa tribu, les Tajiks. Il fait le point sur la situation de son pays:

Paix, sécurité, développement... Ce sont des concepts flous. Les progrès en Afghanistan doivent être faits jour après jour. Nous avons besoin de réalisations concrètes. Et aujourd'hui, je doute. Je pense que la guerre va se terminer. Mais avec la fin de la guerre, il y aura moins d'argent. Aujourd'hui, nous avons de nombreuses ONG qui travaillent ici, et de l'argent pour financer notre développement. Mais demain, quand les soldats et les organisations seront partis, que nous restera-t-il? Notre destin va se jouer à pile ou face. Soit le pays se prend en main par lui-même, soit nous connaîtrons un nouvel âge sombre. "

Après Norouz, le Gul-e-Surkh (festival des roses rouges) commence. Il va durer 40 jours. Début avril, le timide soleil du printemps devrait permettre à d'innombrables roses rouges sauvages de tapisser les collines verdoyantes de la région.

Et Nazir d'ajouter, dans un sourire: " Regarde, il pleut aujourd'hui. Ce sera bon pour les fleurs. C'est déjà bon signe, n'est-ce pas? "

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