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Par Carenews PRO - Publié le 4 octobre 2016 - 12:45 - Mise à jour le 2 janvier 2017 - 12:46
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[CARENEWS JOURNAL 6] ISABELLE, UNE ACCOMPAGNANTE DÉTERMINÉE !

À 20 ans, Isabelle Riquet, fraîchement diplômée d’une licence en “Culture classique et modernité européenne” à la faculté de Rennes, se partage entre un emploi du temps étudiant chargé et un engagement bénévole au sein de l’association Afev...

[CARENEWS JOURNAL 6] ISABELLE, UNE ACCOMPAGNANTE DÉTERMINÉE !

« Je suis une accompagnante ! nous annonce-telle fièrement. Tout au long de l’année, deux heures par semaine, j’assiste un jeune dans son parcours éducatif et personnel. Je ne suis pas un “prof”, encore moins un coach, mais quelqu’un “à part” qui noue une relation privilégiée avec lui, apprend à le connaître pour mieux l’aider, quels que soient ses besoins. J’aime cette idée de partage qui, pour moi, donne du sens à mon engagement ! »

« J’étais surtout là “pour elle”, pour passer de bons moments avec elle.»

Rafina, c’est l’adolescente, âgée de 16 ans, en classe de troisième, qu’Isabelle a épaulée cette année. Rafina est originaire de Mayotte et est élevée par sa tante avec ses cousines (sa maman étant restée sur place avec ses frères et sœurs). Sa famille a contacté l’Afev pour bénéficier de « l'accompagnement individualisé », proposé par l’association, partout en France. Habitant le quartier rennais populaire de Maurepas, malheureusement fréquemment à la une de la presse locale, il n’était pas évident pour les tuteurs de la jeune fille de la laisser sortir seule, en toute quiétude, pour ses déplacements. Lui apprendre à devenir autonome, plus confiante en elle, consciente de ses capacités, c’étaient les objectifs de la mission d’Isabelle. « Je me souviens de mon premier contact avec Rafina chez elle, raconte l’étudiante. Une ado très réservée et timide. Je l’ai rassurée au fil des semaines, en lui expliquant que mon rôle ne consistait pas à la surveiller, encore moins à vérifier ses notes (elle est d’ailleurs très bonne élève). »

Le discours fait mouche, puisque la jeune fille se livre et se confie progressivement à cette nouvelle amie au contact et à l’écoute faciles, qui – Rafina le découvrira dans leurs échanges – a vécu comme elle, adolescente, dans un quartier populaire de CergyPontoise, en région parisienne. Un point commun. Très vite, la pudeur des premiers rendezvous laisse place à une sincère impatience pour ces visites hebdomadaires à domicile. « Je me suis rendu compte que Rafina était très douée pour la cuisine et qu’elle adorait ça ! Du coup, quand j’allais à la bibliothèque pour mes recherches (nous y sommes allées ensemble par la suite), je lui empruntais des livres avec des recettes qu’elle ne connaissait pas. ». La passion culinaire de la jeune ado pourrait bien d’ailleurs devenir pour cette dernière un débouché professionnel, puisqu’Isabelle l’a emmenée plusieurs fois au CRIJ (Centre Régional d’Information Jeunesse) de la ville, afin de lui faire découvrir les filières dédiées à ce secteur. « Avec elle, je suis dans le concret, comme l’aider à trouver un lycée pro, l’inciter à oser se renseigner ou à parler à un conseiller de ses points forts, ses envies... Quand personne ne vous a jamais “expliqué” ou montré, le quotidien peut parfois sembler compliqué. Désormais, elle sait où aller chercher seule les infos. » Flâner dans les rues pavées du centre-ville ou explorer les allées fleuries des dix hectares du parc Thabor sont au programme de ces plaisirs simples proposés par Isabelle. Pour la collégienne, ce sont de véritables bouffées d’oxygène. Leur sortie favorite ? Celle qui les mène aux Champs Libres, un haut-lieu culturel de l’agglomération rennaise réunissant une superbe bibliothèque, un musée, un planétarium, des lieux d’exposition et de rencontres.

« Rafina s’intéresse à tout, adore lire, est volontaire et dotée d’une grande sensibilité. J’ai essayé de cultiver chez elle ces qualités et aller découvrir ensemble une expo de peinture ou de poésie, et échanger, était un vrai plaisir. C’est le plus grand bénéfice de l’accompagnement. » Pour Isabelle, le bilan de sa mission est plus que positif. Léa, sa référente de l’Afev, qui épaule les bénévoles, le lui a d’ailleurs confirmé : Rafina, qui a brillamment passé son brevet des collèges, s’est épanouie. Plus mature, elle a pris confiance en elle et a “découvert” autrement sa ville, qu’elle ne limite plus désormais, comme son avenir, aux frontières étriquées de son quartier. Du coup, c’est aussi toute sa famille qui se réjouit de ce changement personnel et s’enrichit de cette jolie expérience (une des cousines de Rafina a demandé à être accompagnée dès la prochaine rentrée).

« Au fond de moi, j’ai toujours voulu aider les autres. »

La première “rencontre” d’Isabelle avec l’Afev ? « J’avais onze ans. J’étais en 6e, bonne élève mais très nulle en maths. Un jeune a débarqué pour du soutien scolaire. Il a trouvé la méthode, j’ai progressé. » Son bac en poche, elle quitte ensuite sa banlieue de Cergy pour poursuivre ses études universitaires à Rennes, seule fac à dispenser sa formation. L’histoire, la littérature (grecque, latine, française et comparée) et l’histoire de l’art sont ses matières de prédilection. L’occasion n’est que trop belle lorsque cette année, en licence, les enseignants proposent aux élèves les plus motivés et qui le souhaitent, un module intitulé “Validation des engagements étudiants (VEE)”. L’idée ? S’engager de façon citoyenne dans une association de son choix. Isabelle franchit le pas et contacte aussitôt l’Afev pour s’inscrire sur la liste des bénévoles. « Je me suis souvent demandé ce que cela faisait d’être “à la place” de ceux qui m’avaient encouragée et épaulée, petite. En fait, j’avais très envie d’essayer à mon tour ! » Née dans une famille d’ouvriers depuis plusieurs générations, l’étudiante avoue aussi que voir son papa, chauffeur routier, prendre sur son temps libre pour prêter main-forte au Secours Populaire, l’a certainement influencée à vouloir s’engager un jour, à son tour. Ce qu’elle retient de cette première expérience ? « L’envie de poursuivre en accompagnant d’autres jeunes ! ». Une évidence pour celle qui, inscrite à la rentrée en Master d’Histoire et Recherche, se destine à devenir enseignante : « Pour moi qui veux devenir professeur dans le secondaire, ma mission auprès d’une jeune ado de seize ans m’a poussée à me poser les bonnes questions. À chaque fois, avec Rafina, mon challenge était de me dire “Comment vais-je encore aujourd’hui l’intéresser ou éveiller sa curiosité ?” C’est ce même défi qui va m’attendre, chaque jour, devant ma classe… »

Dans l’entourage d’Isabelle, son discours bienveillant fait souvent des émules : « Mes amis, à la fac, sont curieux et me posent des questions. Ils craignent de ne pouvoir tout mener de front, ce dont j’avais peur aussi, au départ. Mais avec un peu d’organisation, c’est possible, la preuve ! » Aux indécis qu’elle aimerait convaincre de sauter le pas du bénévolat, elle se plaît à rappeler : « Je suis fière, grâce à l’Afev, de donner du sens à mon quotidien. L’engagement est une chance, car chacun a quelque chose à apporter, à son voisin, à son quartier et à la société. »

L’Afev, Association de la Fondation Étudiante pour la Ville

A été créée il y a 25 ans pour lutter contre les inégalités éducatives et la relégation des quartiers populaires. C’est le premier réseau d’étudiants solidaires dans les quartiers populaires. Avec ses 43 antennes locales, l’Afev mobilise près de 7 900 étudiants bénévoles dans toute la France (124 villes) qui accompagnent chaque année 6 000 enfants et jeunes au domicile en lien étroit avec les familles.

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