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Par Carenews PRO - Publié le 14 juin 2017 - 14:52 - Mise à jour le 14 juin 2017 - 15:06
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[ON Y ÉTAIT] Conférence du 13 juin 2017  : Qu'est-ce qui mérite l'engagement ?

Le 13 juin, au sein de l'école militaire, l'ANAJ-IHEDN organisait une conférence sur le thème de l'engagement. 150 à 200 personnes étaient réunies pour écouter un partage d'expériences et d'opinions entre des acteurs du monde associatif et du monde de l'entreprise : Yannick Blanc (Haut commissaire à l’Engagement civique, Président de La Fonda), Claire de Mazancourt (Directrice de l’Institut de l’Engagement), Bernard Esambert (Président de la Fondation Française pour la Recherche sur l’Épilepsie), Marianne Eshet (Déléguée Générale de la Fondation SNCF), Julien Laurent (Secrétaire général adjoint de la Fondation RATP),   Patrick Bertrand (Président de Passerelles & Compétences), Hubert Pénicaud (VPR de France Bénévolat).  

[ON Y ÉTAIT] Conférence du 13 juin 2017  : Qu'est-ce qui mérite l'engagement ?

Des données chiffrées et un état des lieux sur l’engagement en France

 

Contrairement à d’autres pays, le taux de bénévolat en France n’est pas si fort que cela. Bernard Esamber a souligné que 50% des Canadiens étaient bénévoles. Il est un fervent défenseur de la cause « engagée », se basant sur le fait que « nous sommes tous des homos empathicus ». Lui même a créé une fondation suite à une histoire personnelle, et il sait qu’il faut être motivé pour faire vivre son engagement : il a dû aller défendre en Conseil d’État sa fondation, car ce dernier ne voulait pas donner son aval à une fondation pour une sous-spécialité médicale (l’épilepsie).

Pour Hubert Pénicaud (France bénévolat), le bénévolat est une notion très dynamique et en progression. Le taux de bénévolat est en augmentation de 15% depuis 2010, et cette croissance concerne surtout la jeune génération, contrairement aux idées reçues ! Les motivations citées sont diverses. Avant , le premier ressort des bénévoles c'était d’être utile et d’élargir son cercle de relation. Depuis quelques années, les bénévoles cherchent à « trouver un espace pour exprimer [leur] citoyenneté ». Autre tendance importance : avant on s'engager « sans compter » ; aujourd'hui, on assume l'idée de « je donnerais d'autant plus que mon engagement me permettra de recevoir ».

Patrick Bertrand voit d’autres avantages au bénévolat, qui pour lui est avant tout « structurant pour l’individu ». Il y a un changement de paradigme : autrefois, on était utile dans son travail, par sa place dans la vie économique ; aujourd’hui, on cherche à être utile en dehors du travail (67% des interrogés s'engagent pour être utile). Le président de Passerelles et Compétences explique qu’on entend beaucoup parler de « sens », mais selon la dernière étude menée, seuls 37% des interrogés sont en quête de sens. Pour lui, on est plus dans l'action quand on s’engage : partager, être utile, aider. Comme s’il y avait une nécessité de le faire. 

 

Un mécénat de compétences structuré et varié est nécessaire 

 

Du côté des entreprises, Julien Laurent parle de l’engagement au travers des « heures solidaires » organisées par la Fondation RATP. Pour la saison 1, 29 assos présentaient leurs activités. 2 000 heures de bénévolat ont été collectées en 72 heures d'évènement : un beau chiffre. Un défaut cependant : les missions présentées manquaient de précision (durée, compétences requises et territoires). La fondation a décidé de travailler avec Pro Bono Lab (qui conseille les entreprises sur la mobilisation de leurs collaborateurs) pour la saison 2 : ils ont sélectionné moins d'associations, mais ont réussi à « lever des freins ». Le point à retenir : il faut s'adapter à la personne à laquelle on s'adresse, surtout quand on est un groupe de 60 000 salariés ! Pour Julien Laurent, le mécénat peut profiter à l'entreprise. Pour une PME par exemple, elle pourrait gagner à faire du mécénat de compétences sur son territoire pour accroître son ancrage. Attention tout de même à ne pas attendre le bénéfice de prime abord pour déclencher l'engagement, cela se voit en interne et en externe. Et cela ne fonctionne pas. Une question de sincérité, donc. 

Mariane Eshet a pris la parole pour évoquer le mécénat de compétences en place au sein du groupe SNCF. Plus de 1 600 salariés y sont engagés sur leur temps de travail. Le champ des possibles est immense, car le groupe de 250 000 salariés a une spécificité : les cheminots sont de nature engagée, car ils sont au service du public. Il est nécessaire de proposer un grand panel d’offres d’engagement, la difficulté réside dans le déséquilibre entre les différentes catégories socioprofessionnelles, mais l’offre variée permet à chacun de trouver son bonheur et de rééquilibre : avant le programme de mécénat de compétences de la Fondation SNCF comptait 75% de cadres , aujourd'hui ils ne sont plus que 62%. Pour elle, l’autre point c'est le manager, mais pour les convaincre, les entreprises peuvent remplacer le team building par de l'engagement solidaire... 

Le mécénat de compétences présente des qualités RH : c'est un moyen de manager ses équipes et surtout, il y a des jeunes professionnels pour lesquels cela fait pencher la balance, de pouvoir faire s’engager via du mécénat de compétences, à poste et salaire égal.

 

Le Service Civique, levier de l’engagement de la jeunesse 

 

Yannick Blanc explique que la barrière entre sphère civique et privée s'effrite, il y a une synergie entre l’engagement dans l'entreprise et l’engagement dans la vie privée.. Il propose une définition de l’engagement qui est issue d’une session de brainstorming (80 jeunes mobilisés). Conclusion : l'engagement, c’être utile et se sentir utile. Son défi est de développer le Service Civique tout en maintenant sa qualité, il ne doit pas être assimilé à un emploi déguisé ou bradé. Le Service Civique a un point fort : on sait que la capacité à s'engager est proportionnelle à la catégorie socioprofessionnelle, or dans les chiffres du Service civique, pas de surreprésentation des diplômes ; il est donc à l'image de la population. 

La reconnaissance, élément important de l'engagement est soulignée par Claire de Mazancourt. L'engagement pour les jeunes, c'est parfois recevoir un premier merci et s'entendre dire : ce que vous faites c'est bien, pour la première fois. 

 

Le débat était animé par Vincent David, créateur de l’agence RUP. 

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