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Par Carenews PRO - Publié le 26 septembre 2017 - 10:16 - Mise à jour le 2 octobre 2017 - 06:47
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[HORS-FRONTIÈRES] Trump et la philanthropie

L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis d’Amérique a été une surprise pour de nombreux observateurs. Une campagne qui semblait mal menée, un message des plus clivant, des déclarations à l’emporte-pièce... Une des nouveautés de cette élection fut l’attention portée aux activités philanthropiques des candidats. Comment les fondations américaines réagissent-elles à ce nouveau contexte ?

[HORS-FRONTIÈRES] Trump et la philanthropie

 

 

Philantrumpie

En premier lieu, il convient de dire que Donald Trump a une pratique bien à lui de la philanthropie. En 2016, le journaliste David Fahrenthold a réalisé un travail sur le sujet qui lui a valu le prix Pulitzer en avril dernier. Entendant le milliardaire annoncer, au début des primaires républicaines, qu’il ferait un don à une association de vétérans, il enquête sur la réalité de ce don. Plusieurs mois plus tard, celui-ci n’est toujours pas versé et ce n’est que suite aux questions répétées de la presse qu’il est finalement réalisé 4 mois après. Ce premier épisode amène M. Fahrenthold à investiguer plus avant le travail philanthropique du candidat républicain. Et le résultat est accablant : absence de dons de M.Trump à sa fondation depuis 2008, malversations, détournements... Fahrenthold a décrit une opération s’apparentant à du “blanchiment d’argent”. Mme Clinton a également dû faire face à sa part de critiques au sujet de sa fondation.

 

Le don comme une réponse au choc des élections

Au-delà de ces questions, c’est tout l’écosystème libéral américain qui a été pris au dépourvu par l’élection de Donald Trump. Les “charities” qui travaillent depuis des années sur des questions aussi variées que le droit des femmes, les droits des migrants, les questions de santé ou le changement climatique font face à un agenda politique défavorable. Les électeurs déçus ne s’y sont d’ailleurs pas trompés et ont donné en masse dans les jours suivants l’élection. L’ACLU, active dans le domaine des libertés civiles, a reçu 7,2 millions de dollars dans les 5 jours, à tel point que sa page dédiée aux dons a été saturée. L’ADL, une autre association, a indiqué que 70 % de ses contributeurs donnaient pour la première fois.

 

Les milliardaires contre Trump

Du côté des grands donateurs, plusieurs ont fait connaître leur opposition à Donald Trump et à son administration. Jennifer et Peter Buffet, enfants de Warren Buffet, ont d’ailleurs publié une tribune, 10 jours avant l’investiture du 45e président des États-Unis, pour dire comment ils comptaient s’opposer à son agenda. Les entreprises américaines, elles aussi donatrices, ont principalement réagi aux décisions législatives impactant leur activité. Ainsi, 127 d'entre elles se sont élevées contre les restrictions de circulation promulguées en février 2017 et 28 contre le retrait de l’accord de Paris.   

 

Le récent sondage réalisé auprès des directeurs de fondations par le Center for Effective Philanthropy (CEP) indique que seuls 3 % d’entre eux considèrent que l’élection de Donald Trump aura un effet positif sur leur action et les trois-quarts des répondants prévoient des changements. “La nouvelle administration a complètement changé le contexte dans lequel nous travaillons”, indique un CEO (PDG) cité dans le rapport. Un tiers des interrogés anticipe d’ailleurs une modification de leurs programmes et 45 % vont renforcer leurs efforts de plaidoyer tandis que 46 % indiquent vouloir collaborer davantage avec d’autres fondations.

 

Philanthropie, démocratie et résultats

Parfois sous le feu des critiques pour entreprendre des actions qui ne rentrent pas dans le cadre des politiques décidées par les états où ils interviennent, les philanthropes américains voient aujourd’hui la question se poser avec une acuité nouvelle. Mais le problème pourrait aller au-delà du débat sur l’aspect parfois anti-démocratique de la philanthropie, laquelle reste une affaire privée.

 

En effet, l’élection américaine et les questions qu’elle a fait émerger sur les fondations des candidats pourraient avoir un effet négatif à long terme. “Cela crée l’impression que les fondations sont des lieux de scandales et de conflits d’intérêts”, indique le directeur du CEP. Et le président de Charity Watch, M. Borochoff, de penser que “les gens ne comprennent pas les charities”. La clé pour ces organisations sera donc la pédagogie, mais aussi l’attention portée aux résultats. Plutôt que de regarder qui donne quoi et à qui, le point d’attention devrait donc se porter sur l’efficacité de leur action.

 

Évolutions réglementaires et fiscales  

Pour répondre à ce défi, plusieurs analystes ont conseillé un meilleur suivi des fondations. Or, il semble que la nouvelle administration ne l’entende pas de cette oreille. Donald Trump a plusieurs fois parlé de “détruire” l’amendement Johnson, lequel empêche les groupes bénéficiant d’une exemption de taxes de donner à des campagnes électorales. Par ailleurs, la politique fiscale qu’il esquisse pourrait faire baisser les dons aux associations de 9 milliards de dollars par an.

 

Dans un contexte mouvant, les charities et fondations américaines se retrouvent donc face à un défi pour affirmer leur crédibilité et poursuivre leur action. La menace qui pèse sur l’amendement Johnson sera, à n’en pas douter, un test important pour le secteur.

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