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[ÉCLAIRAGE] Vers la professionnalisation du secteur des fondations ?

[ÉCLAIRAGE] Vers la professionnalisation du secteur des fondations ?
Marqué à l’origine par l’engagement et l’attachement à une cause, travailler au sein d’une fondation nécessite aujourd’hui de plus en plus de compétences. Le secteur est à la recherche d’experts, à même de répondre aux nouveaux enjeux : diversification du don, développement de la finance d'impact, révolution numérique… En parallèle, les demandes relatives à la mise en place de formations reconnues pour les acteurs souhaitant s’y engager sont croissantes. Les fondations doivent désormais relever le défi de la professionnalisation, sans y perdre leur supplément d’âme.


 

 

Du militantisme à l’expertise

 

Les évolutions qui ont touché le secteur des fondations depuis quelques années ont contribué à remodeler le profil des acteurs travaillant au sein de ce dernier. Le financement se teinte progressivement d’un besoin, chiffrable et mesurable, « d’impact », la venture philanthropy émerge, les partenariats entre acteurs du secteur lucratif et non-lucratif tendent à se multiplier, la numérisation réforme profondément les différentes modalités du don, la gestion de l’investissement en capital humain (mécénat de compétences et pro bono) fait véritablement son apparition… Autant de facteurs qui exigent de recruter des professionnels de plus en plus « professionnels » !  Par ailleurs, le développement des family offices, banques privées et autres conseillers remet en cause, ou du moins, questionne le rôle des Fondations, qui sont sans cesse conduites à s’adapter et à s’insérer au sein d’un nouvel écosystème. Au regard de ces bouleversements, les profils hautement qualifiés sont activement recherchés. Le CFF souligne en effet : « Sans nul doute, ces évolutions ont conduit à des recrutements ambitieux (bac+5, grandes écoles) qui contribuent à importer dans ce secteur des réflexes et pratiques du secteur économique, déplaçant le militantisme des générations précédentes vers une professionnalisation croissante des structures. »

 

La formation professionnelle : nouveau défi ?

 

Si la recomposition en cours est riche de sens, elle mérite également d’être accompagnée par la mise en place de dispositifs de formations ambitieux. Le décalage constaté entre les « enjeux stratégiques » et « la réalité des pratiques » demeure problématique. Le secteur est à la recherche d’harmonisation, non seulement pour assurer sa propre cohérence interne mais aussi pour pallier les déséquilibres observés sur le terrain entre différentes sphères d’activité. Ainsi, « la montée en compétences des professionnels, notamment par le biais d’une formation adéquate, participerait de leur meilleure valorisation et susciterait
sans aucun doute une professionnalisation accrue de ces acteurs, reconnue bien au-delà du secteur non-lucratif. »
L’objectif à terme ? Assurer aux femmes et aux hommes souhaitant poursuivre leurs carrières dans une fondation des rémunérations et des perspectives aussi enthousiasmantes que peuvent être celles rencontrées dans des entreprises plus traditionnelles. Néanmoins, Laurence de Nervaux, Responsable de l’Observatoire Fondation de France, tient à rappeler que si le secteur doit « relever le défi de la nécessaire professionnalisation », il doit le faire « sans perdre son âme en devenant procédurier ou formaliste ». Une combinaison subtile qui demande encore à être trouvée, et qui ne sera rendue possible que par le biais d’une coordination globale, à laquelle toutes les parties prenantes doivent s’atteler.

 

Des métiers à (ré)inventer ?

 

Et si au traditionnel « j’ambitionne une carrière d’avocat » se substituait l’affirmation « j’aspire à devenir un professionnel du grantmaking » ? Un grand pas pour le secteur qui témoignerait de son attractivité et de ses lettres de noblesses finalement conquises. Si pour l’heure, de nombreuses améliorations sont encore à penser, il n’en demeure pas moins que les fondations abritent peut-être les métiers de demain. L’enthousiasme créateur de la nouvelle génération pourrait s’y concrétiser… comme en attestent les propos du comité NextGen, constitué de jeunes professionnels du secteur :  « Si l’ambition est donc de sanctuariser une voie professionnelle dans les Fondations, elle est aussi d’apporter un éclairage à une nouvelle génération, à ces jeunes « Y », « Millénials » ou « NextGen », pour qui l’intérêt général est une donnée déjà codée dans leur logiciel. Dans ce nouveau contexte ou les « softs-skills » deviennent un atout, il nous appartient de poursuivre le travail de défrichement entrepris par nos pairs et d’inventer nos métiers de demain. À nous d’en définir les standards et l’éthique. »

 

 

Informations enquête & méthodologie :

 

Cette étude a été réalisée au moyen d’un questionnaire anonyme en ligne, diffusé auprès des 303 fondations membres. Le CFF a collecté les données de 187 répondants dont les structures d’origine ont pu être identifiées pour 75 d’entre eux. Ces éléments ont ensuite été agrémentés de données qualitatives récoltées au moyen d’entretiens semi-directifs, réalisés auprès de 22 professionnels du secteur issus de 18 fonds et fondations distincts.

 

Articles précédents :

Le grantmaker, un "ensemblier d'intérêt général"

Quelle réalité professionnelle pour le secteur des fondations ?

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