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Par Total Foundation - Publié le 20 novembre 2020 - 16:05 - Mise à jour le 23 novembre 2020 - 10:12
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#CeuxQuiFont : interview de Valérie de Margerie, cofondatrice du Chaînon Manquant

Bienvenue dans #CeuxQuiFont, le podcast de Carenews qui valorise les actions des associations en première ligne pendant la crise sanitaire, économique et sociale que nous traversons. Ce podcast analyse leurs actions, l’impact qu’ont sur elles et leurs bénéficiaires la crise et les confinements. Nous les interrogeons enfin, et surtout, sur leurs besoins concrets. Car ceux qui font, c’est aussi vous, qui confiné·e·s ou non pouvez les aider de 1 000 manières. Aujourd’hui, nous allons à la rencontre de Valérie de Margerie, la cofondatrice du Chaînon Manquant, une association qui récupère, depuis 6 ans, les invendus et les stocks des professionnels de l’alimentation pour les distribuer aux plus démunis grâce à des dons d’associations partenaires. 

#CeuxQuiFont : interview de Valérie de Margerie, cofondatrice du Chaînon Manquant. Crédit photo : Carenews

 

La société de consommation et l’évolution des modes de vie ont abouti à une très forte augmentation de la quantité de déchets produits. Un gâchis impressionnant, un impact négatif sur l’environnement mais aussi une perte d’argent conséquente pour l’ensemble des acteurs. 

Le gaspillage alimentaire en chiffres

Chaque année en France, près de 10 millions de tonnes de nourriture consommable sont gaspillées, soit l'équivalent de 150 kg par habitant par an. Dans les ordures ménagères et assimilées, on trouve l'équivalent de 20 kg par habitant par an de déchets alimentaires, dont 7 kg de produits alimentaires encore emballés…

Source ADEME

 

Les chiffres du gaspillage alimentaire, exemple criant de cette évolution, donnent le tournis. 

Parallèlement, de plus en plus de familles vivent en situation d’insécurité alimentaire, et n’ont plus accès en quantité mais aussi en qualité aux aliments nécessaires pour satisfaire leurs besoins, se nourrissant, au mieux, de conserves à bas prix.. L’alimentation, pourtant enjeu de santé publique, enjeu écologique, enjeu économique et social, est devenue l’une des premières variables d’ajustement dans le budget de bien des familles (impact de la crise économique, concurrence avec le logement...).

C’est face à ce constat que le Chaînon Manquant a fait le pari de résoudre cette équation et de tisser les ponts entre les ressources disponibles et les besoins via la revalorisation des invendus alimentaires de bonne qualité des professionnels au profit des plus démunis.

L’association contribue ainsi à la construction d’une société responsable, durable et solidaire, basée sur une économie circulaire sobre en ressources et au sein de laquelle chacun puisse avoir accès à une alimentation de qualité, quels que soient ses revenus et son origine sociale.

Le Chaînon Manquant collecte chaque jour des produits frais encore consommables en parfait état mais rapidement périssables chez des professionnels puis les redistribuent immédiatement en camion frigorifique aux acteurs sociaux à proximité.

Notre valeur ajoutée c’est la réactivité, en quelques heures nous collectons et redistribuons des produits frais, souvent à consommer le jour-même. Cela permet d’apporter de nouveaux types de produits dans les associations pour les milliers de personnes qu’elles soutiennent, des produits frais et variés pour une alimentation saine et équilibrée, des produits provenant d'évènements qui vont susciter du plaisir, de la joie ou des plats collectifs d’entreprises à partager… Cela redonne du temps aux gens afin qu’ils le consacrent à autre chose qu’une lutte alimentaire quotidienne pour qu’ils puissent construire leur avenir dans la société.

La crise sanitaire à eu un impact sur le gaspillage alimentaire

« Le 16 mars fut un tsunami avec les fermetures en cascade des écoles, des restaurants puis des entreprises ; les professionnels se sont retrouvés avec des stocks alimentaires colossaux et ont été nombreux à nous contacter pour nous en faire profiter. Personnellement, je me suis transformée en hotline avec les appels des partenaires, ceux orientés par la Ville de Paris et le bouche-à-oreille… Sur le terrain, notre équipe s'est lancée dans un grand marathon pour tout collecter ! Mais nous avons vu assez vite que les associations n’allaient pas pouvoir tout recevoir et tout stocker au frais d’un coup. Nous avons donc dû appeler à l’aide et Paris La Défense Arena a mis ses chambres froides à notre disposition pour qu’on puisse collecter les surplus alimentaires des grandes tours de La Défense, puis les redistribuer progressivement aux associations selon leurs besoins, leurs capacités de stockage, la durée de vie des produits. De mi-mars à fin avril nous avons collecté environ 50 tonnes de nourriture grâce aux dons des restaurateurs, c'est-à-dire la moitié de ce qu’on fait en général sur une année », déclare Valérie de Margerie. Lors de ce second confinement, la vague des déstockages a été plus courte, les restaurateurs étaient mieux préparés et avaient moins de stock.

En revanche, le problème de la précarité alimentaire s’est accru : en raison de la crise sanitaire, un grand nombre de restaurants sociaux, d'accueils de jour et d’épiceries solidaires ont dû fermer leurs portes. 

L’association s’est adaptée à la situation en proposant des dispositifs spéciaux afin de réinventer l’aide alimentaire et aller à la rencontre de chacun. C’est dans ce but que le 16 mars a été créé un groupe d’entraide interassociatif sur WhatsApp regroupant 80 associations de Paris et de Saint-Denis. D’abord prévu pour mieux répartir les dons alimentaires colossaux, ce groupe sert aussi pour répondre aux besoins les plus urgents du terrain ou encore pour mettre les équipes des uns au service des autres. 

Un autre exemple concret de dispositif inventé durant la crise et monté dans l’urgence pour le département des Hauts-de-Seine : grâce au tissage d’un lien particulier avec les associations présentes à Paris La Défense, l’association a pu monter un réseau de solidarité et identifier un besoin grandissant de paniers-repas à destination du public fragilisé par la crise sanitaire. C’est la première fois depuis la création de l’association que l’association commande des paniers-repas afin d’assurer cette aide alimentaire exceptionnelle. 

Comment aider le Chaînon Manquant ?

  • Devenir donateur, face à l'afflux des déstockages, l’association recherche des dons financiers afin de transformer les dons alimentaires brut en repas prêts à être livrés.
  • Encourager son entreprise à devenir mécène afin d’accompagner l’association. 
  • Pour celles et ceux qui souhaitent s’engager davantage, il est possible de devenir bénévole, afin de venir aider sur le terrain à Lyon, Paris ou Bordeaux. Si vous n'êtes pas dans les villes concernées, il est également possible de s’engager en proposant ses compétences en marketing, communication, graphisme, photographie, vidéo, administratif ou encore en comptabilité...
  • L’association recherche des bureaux à Lyon et à Bordeaux ou encore des parkings à Paris, Lyon et Bordeaux.   

Pour devenir bénévole ou proposer ses compétences :  http://lechainon-manquant.fr/contactlechainonmanquant 

Pour soutenir l’association : https://www.helloasso.com/associations/le-chainon-manquant 

 


> Retrouvez le Chaînon Manquant sur Facebook et Twitter


 

#CeuxQuiFont
Cet épisode est soutenu par TOTAL Foundation, programme mondial de solidarité.

 

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