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Par Le RAMEAU - Publié le 18 décembre 2019 - 10:56 - Mise à jour le 18 décembre 2019 - 11:01
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Les outils de la co-construction du bien commun

Force est de constater que 2019 a été une année charnière pour la co-construction du bien commun. D’un point de vue institutionnel, 3 marqueurs indiquent des changements profonds à l’œuvre :

 

  • Le Grand Débat marque une nouvelle méthode d’écoute des citoyens. Il n’est plus possible de ne pas être à l’écoute des attentes et de la diversité des modes d’expressions des Français.
  • La loi PACTE établit un nouveau rôle des entreprises qui n’ont plus comme seul objectif de créer des richesses, mais aussi de contribuer à l’équilibre collectif.
  • La feuille de route des ODD définit les objectifs collectifs auxquels nous sommes collectivement et solidairement responsables. Il ne s’agit pas seulement de suivre les grands indicateurs de l’ONU, mais surtout d’identifier comment chacun peut y contribuer.

Les territoires sont déjà à l’action. C’est ce qu’ont rappelé les « catalyseurs territoriaux » lors de la 5éme Rencontre des pionniers des alliances en territoire. Nous devons collectivement valoriser la capacité d’action collective des territoires, et encourager l’émergence de la 3éme ingénierie territoriale. Cette dernière vient compléter celle de l’ingénierie de gestion et celle du management de projets territoriaux. Il nous faut « apprendre à faire alliance », et les catalyseurs en sont les animateurs de proximité. Les territoires sont donc déjà à la manœuvre, mais savons-nous les écouter à la juste valeur de leurs actions de R&D sociétale ?

De leur côté, les Français nous rappellent notre « devoir d’alliance » entre les collectivités, les entreprises et les associations. Selon l’étude IMPACT-Citoyens de l’Observatoire des partenariats, 81% d’entre eux considèrent les nouvelles alliances comme nécessaires, voire indispensables. Ils en établissent clairement les impacts : capacité de mobilisation des engagements individuels, source d’innovation territoriale et sociétale, vecteur de performance des organisations publiques et privées, mais aussi de confiance collective sur les territoires. Les Français sont donc prêts pour la co-construction, mais savons-nous valoriser suffisamment ce qui existe déjà plutôt que de rêver ce qui pourrait être ?

Enfin les acteurs publics ne sont pas inactifs, loin de là. De la préfiguration de la Fondation des Territoires à 10% pour tout changer, en passant par la mission ministérielle « Accélérer les alliances stratégiques entre les collectivités, les entreprises et les associations », de nombreuses initiatives montrent l’ouverture des institutions pour co-construire des politiques publiques à la hauteur de nos défis collectifs.

Alors que faut-il de plus ? Sans doute mieux valoriser la diversité des méthodes et outils pour aider les organisations à passer à l’action. La question pour beaucoup d’entre nous n’est plus « faut-il faire », mais « comment faire ». Quels sont donc leurs besoins et comment y répondre concrètement ? 14 ans de recherche empirique du RAMEAU sur la co-construction entre mondes riches de leurs différences permettent d’éclairer la question.

A partir des enseignements du rapport de recherche « ODD 17, un levier de changement systémique », les acteurs de terrain ont trois natures de leviers complémentaires : des données fiables pour les aider à prendre des décisions, des outils adaptés pour passer à l’acte et des compétences pour agir efficacement. Toute l’année 2019 a été l’occasion d’affiner les besoins et d’y répondre avec une diversité de solutions en matière de données, d’outils et de compétences. 

DES DONNEES FIABLES POUR AIDER A LA DECISION :

Le programme IMPACT de l’Observatoire des partenariats qualifie les effets concrets des nouvelles alliances. Il propose d’ores et déjà 3 natures d’outils complémentaires :

  • Les études, à l’exemple d’ IMPACT Citoyens, pour comprendre la position et les pratiques des acteurs. Audelà des citoyens, les études concernent aussi les élus, les dirigeants d’entreprises et les responsables associatifs. Ce regard a aussi été croisé avec celui des chercheurs.
  • La base de données IMPACT Pratiques innovantes qui illustre au travers de près de 200 études de cas la diversité des objectifs, des pratiques et des maturités à la fois des modes d’engagement, des partenariats et des dynamiques de coconstruction territoriale.
  • Les indicateurs de fragilité territoriaux. Que ce soit l’analyse IMPACT Territoires ou des rapports régionaux (IMPACT Occitanie, IMPACT Grand Est), une meilleure connaissance des priorités territoriales permet d’engager des dialogues constructifs pour identifier la capacité à agir face aux défis communs sur un territoire.

 

DES OUTILS ADAPTES ISSUS DE LA PRATIQUE DES « PIONNIERS » :

Au-delà des publications et du centre de ressources de capitalisation des pratiques de pionniers, Le RAMEAU a publié en décembre 5 kits pratiques pour aider à agir simplement et efficacement :

Les travaux sur l’évaluation partenariale (cf. référentiel « l’évaluation partenariale en pratique », ainsi que le centre de ressources numériques dédié) reflètent en particulier les fondamentaux des nouvelles alliances. Plus spécifiquement, l’état des lieux des partenariats associations – entreprises de la mission ministérielle soulignent les avancées significatives réalisées en quelques années sur la capacité d’acteurs différents à dépasser leurs différences pour créer ensemble des solutions qui permettent à la fois de réduire les fragilités et inventer de nouveaux moteurs de développement économique durable.

 

DES COMPETENCES QUI SE CONSTRUISENT AU TRAVERS D’UNE DIVERSITE DE FORMATS D’APPROPRIATION :

Après avoir capitalisé les enseignements des parcours d’expérience réalisés durant 9 mois avec des pionniers volontaires pour co-développer de nouvelles méthodes (parcours « co-construction territoriale » avec le CGET, parcours « modèles socio-économiques » avec le FONJEP, et parcours « alliances innovantes » avec le Ministère de l’Education Nationale), Le RAMEAU a conçu avec la Caisse des Dépôts et Le Groupe La Poste la plateforme « l’innovation territoriale en actions » pour permettre aux acteurs de terrain de monter en compétences grâce à des outils en accès libre et en auto-formation. La série de webinaires mensuels a permis tout au long de l’année de cheminer avec 300 territoires et de co-construire des réponses adaptées à la diversité des besoins. Ces modalités répondent au 1er kilomètre des besoins qui peuvent ensuite être complétés par des MOOC en ligne réalisés avec l’ESSEC et le CNFPT et/ou au travers d’accompagnement que peuvent réaliser les dispositifs publics et privés qui existent sur les territoires.

Ces différents outils permettent de répondre à la conduite du changement nécessaire pour faire face à l’ampleur des transformations que doivent affronter les organisations et les territoires. 2019 a été l’occasion de formaliser une approche systémique de la co-construction, des Objectifs de Développement Durable jusqu’à la contribution des écosystèmes territoriaux, des organisations et des personnes.

En synthèse, dans la continuité des travaux menés sur les mutations de l’intérêt général en France (cf. dossier JURIS-Associations : « L’intérêt général, un concept en mutation ! »), Le RAMEAU a publié en 2019 une série de documents de références :

  • Sur la vision : la note prospective « L’ODD 17, une nouvelle philosophie politique » explique combien l’Action Collective est indispensable pour (re)créer le Lien commun (note disponible sur demande). De plus, Le RAMEAU s’est associé au Comité 21 pour la publication du guide « ODD et Collectivités territoriales » qui outille très concrètement les territoires pour faire des ODD un outil d’animation de la coconstruction locale.
  • Sur l’action collective : les travaux sur l’hybridation des modèles socioéconomiques (référentiel « les modèles socioéconomiques d’intérêt général », le MOOC « les nouveaux modèles économiques associatifs » et le rapport « 21 jours pour convaincre sur l’hybridation des modèles socioéconomiques ») permettent d’éclairer sur l’utilité de s’appuyer sur une diversité de modèles, et notamment sur les spécificités des modèles d’intérêt général.
  • Sur la gestion régulatrice : les travaux sur l’évaluation partenariale (cf. référentiel et CRN) donnent un cadre de référence pour mieux valoriser l’action collective.

Alors, si 2019 a été l’année de co-construction des outils de co-construction, quel doit être l’objectif collectif pour 2020 ? Sans aucun doute celui de passer à l’action, à la fois en écoutant les territoires, en expérimentant de nouvelles approches localement et en co-élaborant de nouveaux lieux de dialogues collectifs. C’est à cela que s’attellera Le RAMEAU dès le 6 janvier. D’ici-là, nous souhaitons à chacun de très belles fêtes de fin d’année.

 

  Charles-Benoît HEIDSIECK

  Président – Fondateur du RAMEAU

                                                                                                                                          

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