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Par Le RAMEAU - Publié le 12 juin 2020 - 13:42 - Mise à jour le 15 juin 2020 - 11:56
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ODD 17 : quel rôle de « médiation » des Fondations ?

C’est à l’occasion des Ateliers des Fondations du CFF de 2008 que Le RAMEAU a posé comme hypothèse de recherche que les Fondations auraient un rôle de « médiation » dans le mouvement de co-construction du bien commun qui émergeait. Une décennie plus tard, la dernière session du Cercle des Fondations d’avenir le prouve par la pratique des fondations « pionnières ». Au moment où 81% des Français réclament un « jouer collectif » pour sortir de la crise, il est utile de retracer ce cheminement, et surtout d’inciter les fondations à « passer à l’action ».

En 2008, dans le contexte de nouvelles lois qui impactent le paysage des fondations… et des enseignements d’un voyage d’étude sur les « Community Foundations » au Canada, le CFF a proposé au RAMEAU de co-construire le programme des Ateliers des Fondations. Au programme, passage en revue des missions, des modèles de gouvernance, du rôle des fondations dans l’essaimage des projets… C’est à cette occasion que Le RAMEAU expose sa conviction que les fondations, du fait de leur positionnement joueront un rôle stratégique dans l’émergence du mouvement de co-construction du bien commun qui à l’époque n’était encore qu’une hypothèse de recherche. Dès 2009, lors des Ateliers suivants sur l’évaluation, les sessions sur la « Responsabilité Sociétale des Fondations » clarifient les spécificités du secteur, et confirment ce rôle. Lorsqu’à l’Assemblée Générale du CFF de 2010, Emmanuelle WARGON, alors Directrice de Cabinet du Haut-Commissaire Martin HIRSCH, vient demander aux fondations d’être les « défricheurs de l’intérêt général » pour faire les expérimentations innovantes que ne peut faire l’Etat du fait de son propre positionnement, la (re)connaissance du rôle de « médiation » des fondations est posée. Il est à noter que plus globalement, c’est l’utilité même de la fonction de « médiateur » qui est affirmée par l’Etat, avec comme symbole fort la création de la Médiation des entreprises la même année. Les Ateliers des Fondations 2010 permettront ainsi de faire un premier état des lieux à la fois des partenariats stratégiques et de leurs impacts (c’est l’année de la publication du référentiel « partenariat associations-entreprises » réalisé avec le CIDES), mais aussi de l’émergence de la co-construction territoriale (le regard croisé entre les 1ères expériences de la Fondation de France et les résultats du programme « associations & PME » du RAMEAU seront particulièrement éclairants !).

C’est sur les résultats de ce premier cheminement que le CFF et Le RAMEAU décident de lancer le programme « Fondation d’avenir » en 2012, et de préparer ensemble le Séminaire « Fondations Territoriales » de 2013. Ceux qui étaient présents à ce dernier ne peuvent oublier l’intervention de la DATAR et moins encore celle d’Augustin de ROMANET sur l’enjeu d’agir en territoire, ainsi que sur l’importance des fondations pour faciliter le « jouer collectif » local. Ce séminaire posera les graines du Colloque « Fondations Territoriales pour une philanthropie de proximité » en 2018… mais n’allons pas trop vite, et ne sautons pas des étapes permettant de bien comprendre le cheminement qui mène de la racine aux fruits.

 

Naissance et cheminement du Cercle des Fondations d’avenir

Comment faire pour éclairer les « signaux faibles » ? La première étape consiste à constituer un 1er Cercle. Il convient alors de repérer les « pionniers » qui partagent la conviction qu’il se passe « quelque chose », encore difficile à cerner, voire à nommer, mais structurant pour l’écosystème dans lequel chacun évolue. Il faut ensuite les inviter autour de la même table. Aux côtés du CFF et du RAMEAU, il ne fut pas difficile de réunir 10 fondations suffisamment matures pour accepter de reconnaître… qu’elles « ne savaient pas » plus qu’eux quelle allait être l’ampleur des « signaux faibles » qu’elles captaient, mais que, comme eux, elles étaient convaincues d’un changement.

Une fois ce « premier Cercle » réuni, la seconde étape consiste à identifier la méthode pour « agir ensemble ». Le RAMEAU a alors proposé de mettre à disposition le triptyque de leviers sur lequel il fonde sa recherche empirique : des expérimentations, des données et des espaces de dialogue. Le programme « Fondations d’avenir » comprenait donc une expérimentation (ce fut l’accompagnement stratégique des associations qui fut retenue comme 1ère expérimentation à la fois individuelle et collective), deux études (l’une sur la perception des fondations sur les relations associations-entreprises, et l’autre sur leurs pratiques d’accompagnement de leurs structures bénéficiaires), et un espace de dialogue pour cheminement ensemble, à partir des résultats des deux premiers leviers.

La troisième étape fut simple : à partir de la démarche apprenante ci-avant décrite, se laisser guider par les résultats des expériences et des données pour progressivement co-construire le programme de dialogue et d’actions communes. Après avoir mené un cycle dédié à l’accompagnement des acteurs / actions d’intérêt général, le second fut axé sur l’innovation sociétale : quel est le processus d’innovation sociétale (cf. guide pratique « l’investissement sociétal en actions ») ? Quelles évolutions des modèles socio-économiques d’intérêt général (cf. référentiel « les modèles socio-économiques d’intérêt général ») ? Quelle évaluation des alliances stratégiques (cf. référentiel « l’évaluation partenariale en pratique ») ? Depuis 2018, le Cercle a ensuite entamé un 3ème cycle ciblé sur « les Territoires ». Cette année-là, le thème était « Innovation sociétale et territoires », puis en 2019 « ODD et territoires », avant d’échanger en 2020 autour du rôle de « médiateur » des fondations sur les territoires pour faciliter le « jouer collectif ».

Quel est le secret de la démarche ? C’est finalement assez simple : capitaliser des expériences inspirantes, mesurer la maturité collective au travers de données représentatives de l’ensemble du(des) secteur(s) concerné(s)… et mettre autour de la table des acteurs suffisamment différents pour que le croisement de regard soit fécond. Mais la véritable clé de l’Alchimie, c’est… le temps ! Seul ce dernier garantit que les solutions expérimentées sont suffisamment solides pour être partagées. Ce n’est pas un hasard si le chemin du médicament prend 10 ans, seule l’analyse des éventuels « effets secondaires », parfois plus insidieux que le mal lui-même, permet de sécuriser l’efficacité thérapeutique d’un médicament. C’est alors le moment de l’AMM – Autorisation de Mise sur le Marché.

 

L’AMM des Fondations « médiatrices » de la co-construction du bien commun

Lorsque le temps est venu, il est alors pertinent de partager largement les résultats pour qu’ils puissent bénéficier au plus grand nombre. C’est pourquoi, Le RAMEAU a publié le 11 juin le kit pratique « Impacts des Fondations ». Il propose aux fondations qui souhaitent accroître leur effet de levier sur l’intérêt général de suivre un parcours grâce auquel, à leur rythme et en fonction de leur maturité, objectifs… et envie, elles puissent s’informer, se former puis agir efficacement… en prenant le temps nécessaire pour apprendre à « faire alliance » avec la diversité des acteurs de leur écosystème. Autrement dit, comment devenir un réel « Ambassadeur » de l’ODD 17 en pratique (cf. webinaire dédié sur la plateforme « l’innovation territoriale en actions »), et mieux encore devenir un « médiateur » entre mondes riches de leurs différences.

Alors, quelle est l’AMM qui permet de vérifier la solidité de l’approche apprenante proposée ? Elle est double : institutionnelle et par les « pairs ». Institutionnelle d’abord, au travers du programme de 21 mesures remis au Secrétaire d’Etat Gabriel ATTAL dans le cadre de la mission ministérielle « accélérer les alliances stratégiques entre associations, entreprises et collectivités ». Le rôle de « tiers de confiance » est présenté comme une condition sine qua non pour réussir les Objectifs de Développement Durable en s’appuyant sur l’ODD 17. Entre « pairs » ensuite au travers des enseignements de la dernière session du Cercle Fondations d’avenir.

C’est virtuellement au PTCE les Mureaux (cf. leur présentation pour le Cercle) que s’est tenue la mise en débat du rôle des fondations comme « médiatrices ». Au-delà de l’exposé des motifs présenté par Le RAMEAU, les témoignages du PTCE suivi des Fondations Air Liquide, RTE et AgroParisTech ont clairement posé les conditions pour « passer à l’action ». Le débat qui s’en est suivi (dé)montre que si nous n’en sommes pas encore au déploiement, la « preuve de concept » est maintenant clairement établie. Elle permet de passer à une nouvelle étape.

Pour vous en faire votre propre opinion, nous vous invitons chaleureusement à (re)vivre en replay la richesse des échanges. Une fois encore, la puissance du « jouer collectif » a parlé : aucun des participants, pourtant tous pionniers, ne pouvait seul concevoir ce qui collectivement a été exprimé comme les fondements d’une capacité collective à piloter le changement nécessaire, non seulement pour la sortie de la crise actuelle, mais plus profondément encore pour réussir l’Agenda 2030 des ODD en nous appuyant sur le « Collective Impact » à la Française. Ce dernier existe, déjà incarné sur nos territoires. L’urgence de le (re)connaitre, de le valoriser, et surtout de nous appuyer dessus pour conduire un programme de co-construction du bien commun de grande ampleur a été unanimement soulignée. En cela, les fondations présentent répondaient au 81% des Français qui attendent qu’en cette période nous puissions « jouer collectif ».

 

Alors, qu’attendons-nous pour passer à l’action ?

Si l’écosystème est prêt, comme en témoignent les Français (cf. étude « jouer collectif » en sortie de crise et étude IMPACT-Citoyens), les institutions (cf. rapport ministériel sur l’accélération des alliances stratégiques), les académiques (cf. CAREnews du 12 mars l’ODD 17 en direct de Clermont Ferrand), les territoires (cf. CAREnews du 15 mai ODD 17 : 7 jours pour agir), les associations (cf. blog « hommage aux associations » le 27 avril), et les entreprises (cf. blog du 4 juin ODD : où en sont les entreprises ?), que faut-il aujourd’hui ?

Il faut des tiers de confiance ! Qu’ils soient des acteurs publics tels que la nouvelle ANCT ou la Banque des Territoires, des « catalyseurs territoriaux » ou des « fondations médiatrices », il est indispensable de s’appuyer sur des acteurs qui assurent les liens entre la diversité des acteurs de l’écosystème. C’est dans l’articulation des capacités d’actions entre ces différents profils d’acteurs, mais aussi entre les territoires que se joue la capacité de déploiement.

Dans ce « changement d’échelle », les fondations sont des « défricheuses » qui peuvent ouvrir les voies en attendant que les « portes avions » puissent suivre, et que les ingénieries nationales et territoriales soient en mesure d’assurer le « jouer collectif » à grande échelle.

La session du Cercle Fondations d’avenir du 11 juin montre que nous pouvons avoir confiance dans la capacité des fondations à s’engager dans ce sens. Gageons que ce sera un accélérateur de la co-construction du bien commun.

Pour aller plus loin :

-          Kit pratique « Impact des Fondations »,

-          Centre de ressources numériques « Impact des Fondations ».

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