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Par Carenews PRO - Publié le 1 avril 2021 - 12:00 - Mise à jour le 9 avril 2021 - 11:32
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Quelles différences entre mécénat et bénévolat de compétences ?

Souvent utilisés dans le milieu de l’engagement, les termes de mécénat et bénévolat de compétences peuvent être confondus. La différence entre ces deux formes d’engagement pour l’intérêt général est tenue. Détails.

Crédit photo : oatawa.
Crédit photo : oatawa.

 

Plus de la moitié des Français (61 %) se sont déjà engagés ou sont intéressés pour faire du pro bono selon la deuxième édition du Panorama du pro bono, publié en 2019 par l’association Pro Bono Lab, une association qui promeut l’engagement. Kezako ? Le pro bono est en effet encore très peu connu du grand public. Pourtant, beaucoup en font sans le savoir. 

Selon le Panorama, le « pro bono publico » signifie « pour le bien public ». Il s’agit de mettre des compétences professionnelles à titre gratuit ou quasi gratuit au service d’une personne physique ou morale qui n’a pas les moyens d’y accéder et/ou qui poursuit un but social. Un engagement qui peut se déclarer sous la forme de mécénat de compétences ou de bénévolat de compétences. Mais quelles différences se cachent sous ces deux termes ? Explications avec Agathe Leblais, directrice générale de Pro Bono Lab. 

Qu’est-ce que le bénévolat de compétences ? 

Pour Agathe Leblais, « la principale différence est que l'un est encadré par un cadre fiscal et légal (le mécénat de compétences), quand l'autre est une pratique informelle, non réglementée (le bénévolat de compétences) ». Alors que le bénévolat de compétences désigne la mise à disposition de compétences sur son temps personnel, le mécénat de compétences est réalisé sur son temps de travail. En s’engageant sur son temps de travail, le salarié reste alors rattaché à son entreprise et la mission est encadrée par cette dernière. 

 « Le même genre de mission peut être réalisé en bénévolat de compétences comme en mécénat de compétences », précise Agathe Leblais. Le bénévolat de compétences peut être regroupé sous le terme de bénévolat « car c’est une partie seulement du bénévolat, qui peut être de compétences, mais aussi de terrain ».

« Un jargon de niche », accorde la directrice générale de l’association. De nombreux bénévoles ne sont, par exemple, pas conscients de faire du bénévolat de compétences : « Ce qui est important, c’est la dynamique d’engagement insufflée par cette pratique. » 

Engager les collaborateurs des entreprises

Il existe de nombreux avantages pour les entreprises qui offrent à leurs collaborateurs la possibilité de s’engager à travers des missions de mécénat de compétences. C’est tout d’abord une manière de donner du sens au travail des collaborateurs, mais aussi, de facto, d’apporter sa pierre à l’édifice des enjeux collectifs tout en attestant de sa politique RSE. La démocratisation de cette pratique dans une entreprise peut également être un argument pour les entreprises qui ont du mal à recruter des talents. Agathe Leblais attire cependant l’attention sur le risque d’être taxé de « social washing » : 

Ce n’est pas parce qu’elle fait du mécénat de compétences qu’une entreprise a une activité qui s’ancre dans les enjeux de demain. Ça peut être une très belle ouverture vers une prise de conscience et une participation aux enjeux sociétaux qui sont ceux de notre société, mais cette ouverture doit s’accompagner d’une politique RSE ancrée dans le business qui peut alors impulser une transformation en profondeur des organisations.

Le mécénat de compétences peut également être source d’innovation pour les entreprises, permettant alors à leurs collaborateurs de découvrir un milieu qui fonctionne différemment, souvent avec moins de moyens mais motivés par une mission sociétale. « Cela peut inspirer les salariés, leur apporter des idées, la découverte de nouveaux modes d’organisation et de fonctionnement », précise Agathe Leblais. 

Des avantages pour les associations

Que ça soit par le bénévolat ou le mécénat, 82 % des associations disent avoir besoin de compétences, révèle également le Panorama du Pro bono Lab. « C’est un besoin généralisé », observe la directrice générale avant d'expliquer que la véritable difficulté est « de chercher la bonne compétence ». Un travail fastidieux pourtant fondamental car « c’est en qualifiant la compétence recherchée que nous nous assurons de répondre au besoin de l’association ». Un mécanisme d’autant plus primordial dans le cadre du mécénat de compétences explique-t-elle : 

Le mécénat de compétences, c’est quelque chose qui s’orchestre, s’organise, s’anime afin de faciliter une rencontre entre deux univers qui se ressemblent par beaucoup d’aspects, mais sont différents par beaucoup d’autres : écosystèmes, modes de gouvernance, de travail, de financement, etc

Grâce au pro bono, « l’association reçoit des compétences qu’elle n’aurait pas nécessairement eu la capacité à s’offrir », explique Agathe Leblais. In fine, l’experte pense que peu importe que cela soit par le biais du bénévolat ou du mécénat. L’important est la finalité : à savoir mettre un pied dans l’engagement. La dirigeante de l’association émet néanmoins un « warning » et appelle les entreprises à faire en sorte que « le mécénat de compétences réponde en premier lieu à un besoin du monde associatif, avant de répondre aux besoins de l’entreprise ». 

Alors que 30 000 associations seraient susceptibles de déposer le bilan à la suite de la crise du Covid-19 selon une enquête du Mouvement Associatif, le besoin en compétences des associations, qui cherchent désormais à se reconstruire après une crise sans précédent, n’a jamais été aussi important.

 

La rédaction 

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