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Par Carenews INFO - Publié le 6 décembre 2019 - 12:41 - Mise à jour le 6 décembre 2019 - 13:06
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[Rétrospective] Les incendies en Amazonie, évènement de l'année 2019

Ce mois de décembre, la rédaction vous propose de faire le point sur une année riche en actualités. Aujourd’hui, nous revenons sur l’évènement qui a le plus marqué les lecteurs de Carenews en 2019 : les feux de forêt en Amazonie. 

Incendies en Amazonie. Crédit photo : Shubham Singh.

Début juillet, des incendies en Amazonie d’une ampleur inédite ont fait rage. C’est avec des images de fumée noire planant sur la capitale économique de São Paulo, que les Brésiliens des villes ont pris conscience du désastre. Puis, les médias du monde entier ont commencé à relayer la catastrophe, avec beaucoup d’émotion. Si la forêt amazonienne nous est chère et familière, même dans nos contrées tempérées, c’est peut-être parce qu’on a tous appris à un moment ou un autre qu’elle était le « poumon de la Terre ». Même le président Emmanuel Macron a utilisé cette comparaison en twittant, le 22 août : « L’Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20 % de notre oxygène, est en feu. » 

En réalité, la métaphore conviendrait plutôt pour les océans, qui délivrent 50 % de l’oxygène mondial, soit beaucoup plus que la forêt amazonienne (5 à 10 %). Par ailleurs, la capacité de l’Amazonie à stocker du carbone est plutôt neutre, comme l’a rappelé un confrère de Radio-Canada… Est-ce une raison pour ne pas s’émouvoir des incendies survenus cet été ? Dans ces 5 500 000 d’hectares, qui représentent un tiers des forêts primaires mondiales, vivent 40 000 espèces de plantes, 3 000 espèces de poissons d'eau douce… Et beaucoup n’ont même pas encore été découvertes ! La forêt est aussi le foyer et le moyen de subsistance des peuples autochtones : certains feux ont été déclarés proches de tribus non contactées, a rapporté l’ONG Survival International. Que leur est-il arrivé ?

250 000 feux en Amazonie

Certains ont, à raison, rappelé que l’Afrique brûlait dans l’indifférence générale. Les satellites de la NASA ont en effet enregistré 250 000 feux en Amazonie et 550 000 en Afrique subsaharienne entre le 1er et le 15 août. L’enjeu est donc global : chaque année, les feux de forêts sont responsables de 25 à 35 % de gaz à effet de serre. Mais, alors que la pratique de brûlis par des petits agriculteurs est principalement responsable des maux de l’Afrique subsaharienne, les raisons de l’embrasement de l’Amazonie sont ailleurs, analyse Le Monde. Si neuf pays se partagent l’Amazonie, 60 % de son territoire appartient au Brésil.

Forêt tropicale et humide, elle est victime de sécheresse mais surtout des incendies provoqués par les grands propriétaires terriens. Ces derniers ont largement été encouragés par le président climatosceptique Jair Bolsonaro (surnommé « Capitaine Tronçonneuse » par ses détracteurs) et son ministre de l’Environnement au CV pas très écolo Ricardo Salles. Selon l'Institut national de recherche spatiale (INPE), la déforestation au Brésil en juillet a été presque quatre fois supérieure qu’en 2018. 

Au-delà de la politique du gouvernement brésilien, les incendies peuvent aussi êtres vus comme une crise systémique. Les membres de l’agro-business au Brésil « ont été encouragés par le reste du monde à développer un élevage et une agriculture productiviste, à creuser pour trouver des minerais, pour satisfaire nos besoins consuméristes », analyse Mathilde Dorcadie, d’Equal Times. Pendant la COP25 (du 2 au 13 décembre), qui se déroule à Madrid, « L'Alliance pour les forêts tropicales », portée par la France, doit présenter mardi un plan d'action pour endiguer la déforestation. Et sauver la forêt amazonienne ?

Pourquoi ce sujet ?
Sur Twitter, les lecteurs ont choisi que la rédaction revienne sur les incendies en Amazonie à 58 % plutôt que l’incendie de Notre-Dame (42 %).

 

Hélène Fargues 

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