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Par Carenews INFO - Publié le 10 mars 2021 - 08:00 - Mise à jour le 10 mars 2021 - 08:00
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Rêv’Elles s’attaque au « triple déterminisme » subi par les jeunes filles issues de milieux modestes

En sept ans, l’association Rêv’Elles a aidé plus de 700 jeunes filles issues de milieux modestes à construire un projet professionnel. Créée en Île-de-France, elle s’est lancée à Lyon en 2020 et compte bien continuer son expansion malgré la pandémie de Covid-19.

Crédit photo : Chloé Vollmer.
Crédit photo : Chloé Vollmer.
Top 50 de l'entrepreneuriat à impact

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L’idée de Rêv’Elles naît en 2012, alors qu’Athina Marmorat, consultante et formatrice en innovations pédagogiques et sociales, intervient dans les lycées des quartiers populaires franciliens sur les thèmes de l’orientation et de la connaissance de soi. Et y constate, d’abord, «  un manque d’ouverture du champ des possibles dans les trajectoires professionnelles  » envisagées par les élèves, comme elle nous l’a détaillé : 

Quand je demandais aux jeunes filles quel métier elles souhaitaient faire, elles répondaient systématiquement assistante, secrétaire ou puéricultrice. En creusant, je me suis rendu compte que les jeunes filles faisaient toujours ces mêmes choix parce qu’il s’agissait des métiers présents dans leur environnement social ou familial. 

Lutter contre un triple déterminisme 

En plus de ce manque d’« égalité des rêves dans l’égalité des chances », Athina Marmorat observe des problématiques spécifiques liées à la question du genre. Les lycéennes prennent moins la parole que leurs camarades masculins, manquent de confiance en elles, s’autocensurent, notamment quant au choix de leur orientation scolaire et professionnelle. Elle crée son association, Rêv’Elles, à partir du profond «  sentiment d’injustice  » qu’elle éprouve face au constat que « quand on est une jeune femme de milieu modeste, on subit un triple déterminisme, social, territorial et de genre, qui impacte forcément notre trajectoire de vie ». 

Lancée l’année suivante, l’association vise à accompagner ces jeunes filles issues de milieux modestes vers un épanouissement personnel et professionnel. Et comble un manque dans les offres d’aide à l’orientation proposées par d’autres structures, qui ne prennent alors pas spécifiquement en compte l’impact du genre. Les maîtres-mots de l’association  ? « Accompagner, stimuler et inspirer ». Les programmes de Rêv’Elles sont ainsi conçus pour développer la confiance en soi, décupler le pouvoir d’agir et favoriser l’accès à l’information concernant les différents métiers et filières ainsi que les codes professionnels. 

Plus de 220 « rôles modèles » 

Pour ce faire, Athina Marmorat a créé un panel de programmes gratuits à destination des jeunes filles de 14 à 20 ans scolarisées, en décrochage scolaire ou en recherche d’emploi. Pour les accompagner et les stimuler, l’association forme des coachs professionnelles et s’appuie sur des figures féminines inspirantes. Ces plus de 220 « rôles modèles », bénévoles, sont des cheffes d’entreprises, avocates, militantes associatives ou encore ingénieures qui viennent partager leur expérience et invitent dans leur quotidien professionnel les participantes aux programmes. 

Ces dernières s’inscrivent généralement après les ateliers de sensibilisation menés par Rêv’Elles dans des établissements scolaires et au sein d’autres associations. Un entretien, notamment, permet à l’équipe de s’assurer de la motivation et de la disponibilité des intéressées — le parcours d’entrée, Rêv’Elles Ton Potentiel, commence par une semaine pleine pendant les vacances scolaires. La plupart des participantes aux programmes de Rêv’Elles sont des lycéennes, et « beaucoup viennent parce qu’elles sont sur le point de décrocher, manquent de motivation car elles n’ont pas de projet professionnel », précise Athina Marmorat. En cinq jours, Rêv’Elles Ton Potentiel les aide à mieux se connaître, à acquérir les outils nécessaires pour construire un projet professionnel et se projeter dans le monde de l’entreprise. Les participantes y font une immersion chez une société partenaire, et finissent la semaine en pitchant individuellement leur projet devant les « rôles modèles » de l’association. 

Un « véritable changement de paradigme » pour les participantes 

Elles bénéficient ensuite d’un accompagnement individuel et collectif de cinq mois, peuvent intégrer la communauté des alumnae de Rêv’Elles et suivre les autres programmes de l’association. Ces derniers sont dédiés à la tech ou à la fonction publique, ou permettent encore de s’immerger une journée dans un métier. Celles qui le souhaitent peuvent également s’investir au sein de l’association, en devenant ambassadrices ou en contribuant à ses pôles logistique et événementiel. 

Athina Marmorat fait valoir un « véritable changement de paradigme » chez les participantes, nombreuses à avoir « ensuite envie de s’engager dans l’association ». Sur les plus de 700 jeunes filles qui ont été accompagnées par Rêv’Elles depuis sa création, plus de 450 sont actives dans la communauté d’alumnae et participent à ses sorties et activités. L’association rapporte que 89,8 % des participantes aux parcours d’octobre 2020 affirment se sentir mieux dans leur peau, et que 95,9 % disent mieux savoir ce qui leur correspond. De quoi encourager Rêv’Elles à continuer son expansion, après son lancement à Lyon en 2020. Pandémie oblige, l’association va en 2021 tester « des parcours 100 % digitaux », indique Athina Marmorat, qui y voit « l’occasion d’innover, de faire autrement ». En 2022, en plus de mettre le cap sur Lille, Rêv’Elles se veut plus ancrée localement, avec « un essaimage plus territorialisé » pour que ses programmes puissent aider toujours plus de jeunes filles.

 

Mélissa Perraudeau 

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