Climat en AURA : les entreprises face à un risque qu'elles ne peuvent plus ignorer
Goodwill-management publie une étude inédite qui cartographie les risques climatiques pesant sur les PME et ETI de la région à l'horizon 2050 et montre que l'adaptation est un investissement rentable.
En octobre 2024, les inondations de Givors ont causé près de 100 millions d'euros de pertes économiques pour un seul épisode, sur un seul territoire. Quelques mois plus tôt, le gel tardif d'avril 2021 avait coûté 2 milliards d'euros à l'agriculture française, avec une chute de 25 % de la production viticole régionale.
Ces épisodes ne sont pas des accidents isolés. Selon l'étude "Climat et entreprises en Auvergne-Rhône-Alpes : s'adapter pour durer", publiée par Goodwill-management, 8 communes sur 10 dans la région sont déjà exposées à au moins un risque climatique majeur. Et les projections à l'horizon 2050 ne laissent pas de place au doute.
Des cartes qui révèlent l’intensification de 5 aléas climatiques dans la région
Fondée sur les données de la TRACC et le scénario RCP 8.5 du GIEC, l'étude produit des cartographies originales de cinq aléas majeurs : hausse des températures moyennes, fortes chaleurs, sécheresses, inondations et incendies. Les résultats sont saisissants. Le nombre de jours dépassant 35 °C sera multiplié par quatre sur une grande partie du territoire. Les projections estivales pour Lyon évoquent un climat comparable à celui de Madrid aujourd'hui.

Quant aux épisodes de précipitations extrêmes, autrefois observés une fois tous les 50 ans, ils pourraient survenir tous les 11 ans d'ici le milieu du siècle.
Mais au-delà des chiffres climatiques, c'est la traduction en impacts opérationnels qui distingue cette étude : conditions de travail dégradées, chaînes d'approvisionnement fragilisées, arrêts d'activité, surcoûts d'assurance. Elle introduit aussi le concept de maladaptation : ces réponses apparemment logiques, comme le recours massif à la climatisation, qui aggravent la vulnérabilité à moyen terme au lieu de la réduire.
Un retour sur investissement moyen de 8 pour 1
L'argument le plus frappant pour les dirigeants est peut-être celui-ci : selon le rapport CDP "The 2025 Disclosure Dividend", chaque euro investi dans l'anticipation des risques climatiques physiques génère en moyenne 8 euros de retour. L'adaptation n'est pas un coût, c'est une couverture économique.
Pour y parvenir, l'étude propose un parcours en quatre étapes :
- découvrir ses premières vulnérabilités
- structurer la démarche avec les outils existants (ODACC de la Banque de France, Diag Adaptation de Bpifrance, méthodologie OCARA)
- prioriser les risques et construire un plan d'adaptation
- s'appuyer sur l'écosystème territorial et les financements publics disponibles.
Un cadre progressif, conçu pour être accessible aux PME comme aux ETI, quelle que soit leur maturité sur le sujet.
Des entreprises du territoire déjà engagées
Six organisations témoignent dans l'étude de leurs démarches d’adaptation.
Michelin a placé le risque climatique physique au premier rang de sa cartographie des risques dès 2021 et développe aujourd'hui sa propre méthodologie d'évaluation de vulnérabilité.
Nemera a repensé l'aménagement hydraulique de son site de La Verpillière pour gérer le risque inondation tout en poursuivant son développement industriel.
La SACVL, bailleur social lyonnais, travaille sur la renaturation et le confort d'été de ses résidences.
La Banque de France, enfin, déploie un outil gratuit de diagnostic climatique à destination des dirigeants, directement mobilisable par les PME régionales.
Leur message convergent : l'adaptation n'est ni un projet ponctuel, ni une réponse à une contrainte réglementaire. C'est un processus progressif qui se construit par étapes et s'inscrit dans la durée.
Étude réalisée par Goodwill-management (Groupe Baker Tilly). Auteurs : Léa Mansour, Matéo Massip et Marc Neuschwander.