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Par Grandir Sans Cancer - Publié le 24 août 2026 - 10:55 - Mise à jour le 24 août 2026 - 11:05
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Cancers pédiatriques : Grandir Sans Cancer & Eva pour la vie financent les projets prometteurs de 10 équipes françaises

En parallèle de leur mobilisation inédite avec les pouvoirs publics - qui a notamment permis d'obtenir un fonds dédié à la recherche sur les cancers pédiatriques de 20 millions d'euros par an, ainsi que des avancées sociales majeures pour les familles d'enfants atteints de cancers, de maladies graves et de handicaps - la Fédération Grandir Sans Cancer, et Eva pour la vie ont décidé de cofinancer 10 projets de recherche prometteurs sur les cancers pédiatriques. Elles soutiennent prioritairement la lutte contre des cancers de mauvais pronostic, en mettant également un accent fort sur la compréhension des causes et sur la prévention, tout aussi indispensable que le soin. Petit tout d'horizon des projets financés à l'aube de septembre en or, mois de sensibilisation international aux cancers de l'enfant ...

 

Pr Franck Bourdeaut (Institut Curie, Paris) PREDCAP : Observatoire des syndromes de prédisposition génétique aux cancers des enfants et des adolescents

Une mutation dans un gène de prédisposition au cancer est identifiée chez 7-8% des patients atteints d'un cancer pédiatrique indépendamment de l’histoire familiale. Plus de 60 syndromes de prédisposition au cancer ont été identifiés. Mais le risque de cancer en fonction de l’âge et les caractéristiques des tumeurs associées restent mal connus. Une collecte au niveau nationale, et la structuration des informations permettra de mieux recenser la part des causes génétiques dans les cancers des enfants en France, d’identifier d’éventuelles causes génétiques jusqu’alors inconnues, d’évaluer la faisabilité des recommandations de suivi pour ces enfants atteints de prédisposition ainsi qu’à leur famille, d’établir des recommandations pour les syndromes qui à l’heure actuelle n’en n’ont pas par manque de connaissance et de permettre aux chercheurs et médecins l'accès à ces données.  

Dr Olivia Fromigue (Institut Gustave Roussy, Villejuif) Le cholestérol : un maillon faible à exploiter dans l’ostéosarcome

La résistance aux traitements est un problème clinique majeur dans le cas des ostéosarcomes, tumeurs osseuses touchant les enfants et adolescents. Les récidives et l’apparition de métastase sont alors fréquentes. Ce cancer pédiatrique affiche d’ailleurs un mauvais pronostic avec 2 patients sur 5 qui ne pourront pas être guéris. Il est urgent d’identifier le moyen de contourner la résistance au traitement et améliorer les chances de guérison des patients. Les travaux de recherche de l'équipe se focalisent sur la membrane cellulaire, une barrière composée de lipides de différentes sortes. Ils ont démontré que réduire la quantité de cholestérol fragilise suffisamment la membrane pour améliorer l’entrée et donc l’efficacité des chimiothérapies. Il reste à optimiser le médicament permettant de réduire le cholestérol dans les cellules tumorales sans risque pour les autres cellules. L'équipe travaille pour cela en collaboration avec des chimistes du CNRS qui ont isolé de plantes des molécules naturelles ayant une activité sur le métabolisme du cholestérol.

 

Dr Servane Tauszig-Delamasure (Equipe Neuro-développement embryonnaire et cancers pédiatriques, Lyon) Etude de la dissémination métastatique du médulloblastome à l’aide d’un nouveau modèle aviaire

Le médulloblastome (MB) est un cancer pédiatrique du cervelet de mauvais pronostic. Un tiers des patients présentent des métastases au diagnostic. Pour éviter cette dissémination, les patients sont irradiés, ce qui entraine de graves séquelles à long terme. A l’instar de pirates qui s’orienteraient grâce à des balises maritimes pour s’amarrer à une cité portuaire et l’envahir, les cellules métastatiques naviguent dans le liquide céphalo-rachidien (LCR), parviennent à s’ancrer au bord des ventricules du cerveau, aux méninges et les envahissent. On ignore quels sont les mécanismes déployés par les métastases dans ces processus. Ce que l’on sait, c’est que la composition du LCR chez les embryons, les nouveaux-nés et les enfants est très différente de celle des adultes, et il semblerait que les métastases exploitent ses signaux pour envahir les parenchymes et les méninges. L'objectif de l'équipe est de déterminer quels sont les signaux du liquide céphalo-rachidien qui guident et orientent les métastases dans ces processus et de caractériser les mécanismes d’invasion qu’elles déploient pour cibler thérapeutiquement ces mécanismes.

 

Dr Martin Hagedorn (Institut de recherche en oncologie de Bordeaux) Développement d’une nouvelle thérapie ciblée dans le traitement du gliome infiltrant du tronc cérébral chez l’enfant

Le gliome infiltrant du tronc cérébral (GITC) est une tumeur cérébrale chez l’enfant agressive et sans traitement curatif mis sur le marché à ce jour. Dans ce projet, l'équipe de recherche s’est associée à une start-up du médicament pour tester un nouveau candidat médicament ciblant des protéines essentielles au bon fonctionnement et à la survie des cellules tumorales, ce qui en fait des cibles thérapeutiques d’intérêt en oncologie pédiatrique. Des résultats préliminaires montrent un intérêt potentiel au niveau thérapeutique. L'objectif est de combiner ce candidat médicament avec un autre composé anticancéreux afin de trouver une combinaison efficace pour éliminer spécifiquement les cellules de tumeurs du tronc cérébral, avec l’espoir d’accroitre significativement le taux de survie des enfants atteints de ce cancer incurable.

 

Dr Stéphanie Goujon (Obstetric, Perinatal and Paediatric Life course Epidemiology INSERM, Paris) Etude épidémiologique proximité résidentielle aux installations industrielles et cancers de l’enfant

Si les causes des cancers pédiatriques restent majoritairement méconnues, plusieurs recherches suggèrent que les facteurs environnementaux, comme la pollution de l’air, pourraient jouer un rôle important dans leur développement. Plusieurs études ont notamment révélé une association entre la pollution de l’air liée au trafic routier et le risque de cancers pédiatriques, en particulier de leucémies aiguës. En revanche, les effets de la pollution liée aux activités industrielles, pourtant l’une des principales sources de rejets de polluants dans l’atmosphère, n’ont été que très peu étudiés. L’objectif du projet de l'équipe est d’évaluer, pour la première fois en France, si le fait de résider à proximité d’installations industrielles augmente le risque de cancer chez les enfants. L'équipe évalue en particulier le rôle de la proximité aux bassins industriels, aux installations industrielles classées (de type Seveso ou IED) et aux installations industrielles ayant rejeté des polluants au-dessus des seuils de notification.

 

Dr Fabienne Meggetto (Biologie des ARNs dans les cancers hématologiques, Responsable du groupe Régulations des ARN non-codants et leurs potentiels théranostiques dans le lymphome anaplasique pédiatrique, CNRS Toulouse)

Le lymphome anaplasique à grande cellules (LAGC) est un cancer du système immunitaire touchant principalement les enfants et adolescents. Le traitement classique dans cette pathologie est une chimiothérapie. Dans 75% des cas on observe une bonne réponse au traitement, cependant en cas de résistance le taux de mortalité reste très élevé. Il est donc essentiel dans cette pathologie pédiatrique, de comprendre les mécanismes de résistance afin de trouver de nouveaux biomarqueurs (molécules mesurables rapidement chez les malades, servant à prédire la réponse au traitement par exemple) et de nouvelles cibles thérapeutiques (molécules qui vont être ciblées par les médicaments). Au cours des dernières années, l’ARN est apparu comme un nouvel espoir pour le traitement du cancer. Du fait de leur très grande stabilité, ces molécules présentent l’avantage d’être détectables de manière peu invasive chez les malades, à partir d’échantillons de sang. L'équipe a observé un rôle d'un type d’ARN circulaire dans la résistance thérapeutique chez les jeunes patients atteints d’un lymphome. Ce projet visant à mieux comprendre et améliorer le soin repose sur une méthode non invasive, utilisant des prélèvements sanguins de l'enfant.

 

Dr Catherine Brenner (CNRS, laboratoire METSY à Villejuif) Combinaison d’un nouvel inhibiteur métabolique et de l’immunothérapie pour la thérapie ciblée de l’ostéosarcome.

Ce laboratoire s’intéresse au ciblage thérapeutique du métabolisme dans les cancers pédiatriques. En effet, il est largement admis que la complexité du cancer et la difficulté de le traiter reposent sur une reprogrammation du métabolisme. Celle-ci permet aux cellules cancéreuses de s’adapter et résister aux traitements et parfois de métastaser ce qui entraîne la rechute des patients. Récemment, l'équipe a démontré que l’interruption d’un complexe protéique mitochondrial entrainait une perturbation du métabolisme tumoral et la mort des cellules cancéreuses par apoptose. Par criblage à haut débit de chimiothèques, elle a découvert une nouvelle molécule naturelle qui s’est révélé particulièrement efficace in vitro sur l’ostéosarcome pédiatrique. Ainsi, ce composé administré par voie orale chez la souris a entrainé une régression tumorale sans toxicité. Dans ce contexte, ce projet vise à étudier la combinaison de ce traitement avec l’immunothérapie pour une meilleure efficacité antitumorale et anti-métastatique. Le projet permettra de franchir une étape majeure dans le développement préclinique de la molécule en vue de son transfert en clinique et son application potentielle à d’autres types de cancers pédiatriques

 

Dr Franck VERRECCHIA (CNRS Nantes) Rôle des canaux ioniques dans le développement des Rhabdomyosarcomes

La découverte de nouvelles cibles thérapeutiques pour les cancers pédiatriques est une priorité du plan national de lutte contre le cancer. Après les cancers du sang et les tumeurs cérébrales, les sarcomes sont les tumeurs pédiatriques les plus fréquentes parmi lesquels les rhabdomyosarcomes (RMS). Ces sarcomes, en particulier les RMS positifs pour la protéine de fusion PAX3FOXO1, sont très agressifs et le taux de survie des patients reste très faible. Ces dernières années les travaux de cette équipe ont montré le rôle crucial de deux canaux potassiques dans le contrôle d’une fonction clef du développement tumoral. Dans le prolongement de ces travaux, l'équipe développe une étude sur le rôle des canaux potassiques dans le développement des rhabdomyosarcomes (RMS). Ces travaux pourraient permettre à terme de définir de nouvelles stratégies thérapeutiques contre cette maladie en ciblant les canaux ioniques afin d’inhiber le développement de la tumeur et des métastases.

 

Dr Gaëtan Ligat (INSERM Toulouse) YBX1 : une cible intéressante pour traiter et guérir le glioblastome associé au cytomégalovirus humain

Le glioblastome est la  tumeur  cérébrale  la  plus  répandue  et  la  plus  agressive.  Le traitement consiste généralement en une intervention chirurgicale, suivie d'une radiothérapie et d'une chimiothérapie, mais le pronostic reste sombre en raison de la résistance de la tumeur aux thérapies et de son taux de récidive élevé.  Nous savons aujourd’hui que  15  %  des  cancers  sont  causés  par  des  virus,  notamment  le cytomégalovirus humain, qui touche 50 à 80 % de la population mondiale. Ce virus est détecté dans plus de  95  %  des  gliomes  et  des  études  récentes  ont  montré  que  le  cytomégalovirus  humain  contribue  au développement des glioblastomes. Le valganciclovir (un inhibiteur de la multiplication du cytomégalovirus humain), approuvé pour le traitement des infections à cytomégalovirus humain, peut également avoir des effets  anti-tumoraux,  notamment  réduire  la  progression  du  glioblastome.  Le  cytomégalovirus humain  offre  une  voie  alternative  pour  le  développement  de nouvelles  stratégies  thérapeutiques  et  pour  l'identification  de  nouveaux  biomarqueurs  du  glioblastome. 

 

Pr Aksam Merched (INSERM Bordeaux) Traitement médicamenteux combinatoire pour vaincre l'hépatoblastome agressif et résistant au cisplatine

L'hépatoblastome est la forme de cancer du foie la plus fréquente chez les enfants. La survie à 5 ans est d'environ 80 % sauf pour les patients présentant une tumeur de haut risque pour lesquels le traitement médical standard repose sur une chimiothérapie à haute dose utilisant le cisplatine. Cependant, ce traitement augmente le risque de complications graves, de rechute et de chimiorésistance. l'équipe a récemment souligné l'importance de l'approche anti-tumorale consistant à inhiber un acteur clé de la défense oxydative et de la résistance à la chimiothérapie dans de nombreux types de cancers, dans l'objectif de trouver une solution à la chimiorésistance de cette pathologie, et améliorer la prise en charge des enfants.

 

L'ensemble de ces projets ont été financés par la fédération Grandir sans Cancer et l'association Eva pour la vie, toutes deux à 100% bénévoles, grâce à la générosité publique (particuliers et entreprises). Le soutien caritatif de ces projets s'inscrit en complémentarité des actions fortes, et uniques en France, qu'elles portent auprès des pouvoirs publics.

Pour en savoir plus : https://www.grandirsanscancer.com/nos-actions/

 

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