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Par Imagine for Margo - Children without Cancer - Publié le 23 février 2026 - 12:35 - Mise à jour le 23 février 2026 - 12:43
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Pr Véronique Minard-Colin : « Il faut se mobiliser pour guérir plus et mieux les enfants »

Pédiatre onco-hématologue à Gustave Roussy et figure de proue de l'immunothérapie pédiatrique, le Pr Véronique Minard-Colin consacre sa carrière à un objectif aussi simple à énoncer qu'exigeant à atteindre : guérir tous les enfants atteints de cancer, avec des traitements toujours plus efficaces et moins toxiques. À l'occasion de la Journée internationale des cancers pédiatriques, elle partage son parcours, ses convictions et son lien profond avec Imagine for Margo.

Tout a commencé par une évidence. « Depuis toute petite, j'ai envie de soigner les enfants parce que je trouve qu'ils sont remarquables de courage, d'honnêteté. » Ce sentiment, le Pr Minard-Colin ne l'a jamais perdu. Après des études de médecine à Angers et une carrière construite pièce par pièce à Gustave Roussy, elle est aujourd'hui responsable du programme Immunothérapie au sein du département de Cancérologie de l'enfant et de l'adolescent, spécialiste des lymphomes et sarcomes pédiatriques, et directrice adjointe de Paris Kids Cancer. Un parcours jalonné de prix — dont le Prix Fondation Guillaumat-Piel en 2025 — et de recherches menées aux quatre coins du monde, notamment à Duke University aux États-Unis.

Son cheval de bataille : l'immunothérapie. Plutôt que d'attaquer la tumeur avec des traitements lourds aux effets secondaires durables, l'idée est d'exploiter la réponse immunitaire naturelle de l'organisme pour cibler et détruire les cellules cancéreuses. Une approche qui change la donne. Lors du congrès de la SIOPE en 2025, elle soulignait l'impact transformateur du rituximab dans le traitement des lymphomes pédiatriques — une avancée rendue possible, en partie, grâce au soutien d'associations comme Imagine for Margo.

Car entre le Pr Minard-Colin et l'association, le lien est ancien et intime. Elle a connu Margo. Elle a rencontré Patricia et son mari au moment de la prise en charge de leur fille, alors qu'elle était encore cheffe de clinique. « J'avais été marquée par leur énergie, leur volonté et leur capacité d'accompagner Margo. » Après le décès de la jeune fille et la naissance de l'association, cette relation s'est transformée en collaboration au long cours, portée par une vision commune : des traitements plus ciblés, moins dévastateurs, qui permettent aux enfants guéris de grandir sans séquelles.

Cette ambition se heurte pourtant à une réalité difficile. En France, près de 2 500 enfants reçoivent chaque année un diagnostic de cancer. Malgré des progrès réels, 20 % des cas — notamment en situation de rechute — restent sans réponse thérapeutique satisfaisante. Et la recherche pédiatrique souffre d'un sous-financement structurel : les cancers de l'enfant représentent un marché trop étroit pour attirer massivement l'industrie pharmaceutique.

C'est précisément là qu'entrent en jeu les associations. « Elles ont un rôle majeur, d'une part pour nous guider dans notre recherche et notre développement, nous forcer à accélérer, et puis bien sûr un soutien financier — ce qui est évidemment essentiel — et enfin un soutien avec les autorités, les laboratoires, les industriels pour avoir accès aux nouveaux médicaments. »

Un combat de longue haleine, donc, qui ne souffre aucun relâchement. Chaque don, chaque partage, chaque engagement contribue à faire avancer la science un peu plus vite — et peut-être à offrir à un enfant une chance supplémentaire de guérir.

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