La « Présidentielle inversée », une plateforme pour diffuser les propositions de la société civile
« En 2027, ne demandez pas le programme. Faites-le ! » Sous ce slogan, l'Agence RUP, Cap collectif et Empreintes citoyennes lancent la « Présidentielle inversée », une démarche participative en quatre phases. Objectif : en vue de l'élection présidentielle, faire émerger un programme issu des organisations de la société civile et suivre sa mise en œuvre jusqu'en 2032.
« En 2027, ne demandez pas le programme. Faites-le ! » C’est sur ce slogan que l’agence RUP, Cap collectif et Empreintes citoyennes lancent la plateforme « La Présidentielle inversée ». L’idée : demander aux associations, collectifs, fédérations, syndicats, think tanks, entreprises, de proposer des mesures sur un certain nombre de thématiques, puis aux citoyens de se prononcer sur ces mesures, avant de les soumettre aux différents candidats à l’élection.
« Concrètement, le dispositif comprendra 4 phases distinctes », explique Audrey Jammes, vice-présidente d’Empreintes citoyennes, association reconnue d’intérêt général qui favorise et valorise les initiatives des collectivités en faveur de la citoyenneté.
Un dispositif en 4 phases
Lors de la première phase, du 15 octobre 2026 au 11 janvier 2027, les organisations de la société civile sont invitées à déposer leurs propositions sur le site www.lapresidentielleinversee.fr. Ces propositions peuvent porter sur 14 thèmes, comme le travail, le logement, la liberté, l’agriculture et l’alimentation, l’éducation, la santé, l’environnement, la sécurité et la défense, etc.
Dans la deuxième phase, du 18 janvier au 28 février 2027, les citoyens pourront découvrir les propositions qui auront été faites et seront amenés à se prononcer dessus. « Nous allons pour cela utiliser des outils de gamification qui présenteront aux citoyens des propositions de manière aléatoire sur un thème qu’ils auront choisi, en les incitant également à s’intéresser à d’autres thèmes », explique Cyril Lage, cofondateur et président-directeur général de Cap collectif, entreprise spécialisée dans le développement d’outils numériques de consultation et participation citoyenne, qui a développé le site de la Présidentielle inversée.
Dans une troisième phase, du 1er mars au 12 avril, les propositions qui auront réuni le plus de soutiens seront soumises aux candidats à l’élection présidentielle, qui se positionneront sur les propositions et pourront les intégrer à leurs programmes.
Lors de la quatrième phase, « après l’élection présidentielle, nous organiserons des rencontres publiques régulières pour suivre la mise en œuvre des mesures proposées et ce jusqu’à la prochaine élection, en 2032 », indique Audrey Jammes.
Des soutiens divers de la société civile et du monde politique
Le dispositif bénéficie d’un comité de soutien présidé par Bertrand Pancher, ancien député (Liot) de la Meuse et fondateur de Décider ensemble, think tank qui veut « contribuer à créer et diffuser une culture de la participation et de la décision partagée ». Plusieurs personnalités ont déjà rejoint le comité de soutien, notamment la philosophe et sociologue Dominique Méda, l’ancien président de la CFE-CGC, François Hommeril, la présidente de l’Académie des futurs leaders, Alice Barbe, ou encore la présidente de France terre d’asile, Najat Vallaud-Belkacem.
« Nous avons par ailleurs déjà reçu l’accord officiel de deux candidats à l’élection présidentielle – Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier – pour participer à la Présidentielle inversée et attendons les réponses des autres », précise Bertrand Pancher.
« De nombreuses organisations de la société civile, comme la Fédération des entreprises d’insertion, Halte à l’obsolescence programmée ou la Fédération des coopératives HLM nous ont indiqué qu’elles allaient déposer leurs éléments de plaidoyer sur la plateforme », se réjouit Vincent David, fondateur de l’Agence RUP, agence de communication et d’influence spécialisée dans l’accompagnement des associations, fondations et entreprises à impact.
Le collectif Le Revers, l’Union nationale de l’aide, des soins et des services à domicile (UNA) ou encore l’opération Milliard se disent également intéressés pour s’associer à la démarche. Eve Deriennic, au nom du collectif Le Revers, qui « veut remettre le sans-abrisme et l’exclusion au cœur du débat public », estime que la démarche leur permettra de « porter [leurs] propositions au niveau national ».
Campagne de crowdfunding et logiques d’alliances
Les organisateurs de la Présidentielle inversée envisagent par ailleurs de lancer une campagne de crowdfunding avec Hello asso pour soutenir la démarche, acheter des espaces publicitaires pour la faire connaître et en financer l’animation. Jusque-là, le travail des trois structures à l’origine de la démarche s’est fait de manière entièrement bénévole.
« Nous essayons aussi de créer des liens avec les démarches comme la Fabrique de nos réconciliations, Écoutez-nous, Un commun accord de Jean-Marc Jancovici, la Convention citoyenne pour la démocratie de l’Université de Lille, ou encore la Plateforme progressiste lancée par Pascal Canfin, souligne Vincent David. Toutes ces initiatives visent à faire émerger des propositions citoyennes, qui pourraient être relayées sur le site de la Présidentielle inversée. »
Camille Dorival ![]()