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Par Carenews PRO - Publié le 30 août 2021 - 16:30 - Mise à jour le 31 août 2021 - 17:59
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Universités d'Été de l'Économie de Demain : cap sur les présidentielles !

Le secteur de l’ESS fait sa rentrée ! À l’occasion de la troisième édition des Universités d'Été de l'Économie de Demain (UEED), les 26 et 27 août, la rédaction de Carenews partage avec vous les temps forts des invité.e.s de marque vu.e.s et entendu.e.s, entre Olivia Grégoire, Emmanuel Faber, Yannick Jadot et bien d'autres...

Troisième édition des Universités d'Été de l'Économie de Demain (UEED). Crédit : Carenews
Troisième édition des Universités d'Été de l'Économie de Demain (UEED). Crédit : Carenews

 

 

2021, un tournant pour l’économie de demain ? C’est l’ambition affichée de cette troisième édition des UEED qui s’est tenue les 26 et 27 août. Deux journées pour parler du monde d’après initiées par le collectif Impact France, réunissant la coalition de  #NousSommesDemain et les réseaux d'entreprises engagés. Keynotes, plénières, master classes, conférences et invité.e.s de marque… voici les temps forts auxquels la rédaction de Carenews a participés.

 

« Le monde de demain se construit ici »

 

Dès la plénière d’ouverture, Jean Moreau, (CEO de Phenix et co-président d’Impact France) donne le ton en rappelant que l’objectif de ces deux journées est de dépasser le rôle de l’entreprise traditionnelle, de « faire tomber les batailles de chapelles, faire émerger et faire devenir dominant un nouveau rôle de l’entreprise qui préserve le capital social et humain. On ne combat pas un modèle, on le démode, a-t-il rappelé. On souhaite que le nôtre devienne plus désirable que l’ancien monde. » 

Caroline Neyron, directrice générale du mouvement Impact France a rappelé l'importance du manifeste du mouvement Impact France pour les futures présidentielles et la trentaine de propositions, dont cinq prioritaires selon elle. 

« La présidentielle 2022 doit donner la priorité à la transition écologique et sociale », a-t-elle introduit.

Manifeste : les cinq propositions clés pour les présidentielles

1. Instaurer un Index Impact Écologique et Social obligatoire pour toutes les entreprises de plus de 50 salariés (axé sur les indicateurs de l’impact score).

2. Conditionner l’octroi des aides et des investissements publics à une transparence sur les engagements des entreprises de plus de 50 salariés en matière sociale et écologique.

3. Faire de l’impact écologique et social la clef-de-voûte de la commande publique en renforçant les dispositions acquises dans le cadre de la loi Climat.

4. Octroyer un crédit d’impôt « Transition » aux entreprises qui entament leur mue (10 % des dépenses engagées dans le cadre de la stratégie de repositionnement et  l’ensemble des achats et prestations concourant à accélérer la transition sociale ou écologique, en lien avec les critères de l’index Impact).

5. Mettre en place un « Planet-score » sur les produits alimentaires (porté par l‘Institut technique de l‘agriculture biologique et une quinzaine d’associations). Objectifs : intégrer trois enjeux majeurs pour la transition agricole et alimentaire, l' impact sur la biodiversité, les risques sanitaires et environnementaux, et l'impact sur le climat.

 

Emmanuel Faber en tête d’affiche  

Salle comble pour l’ex-patron de Danone. C’était l’intervention à ne pas manquer tellement Emmanuel Faber s’est fait rare ces derniers mois. Et c’est bien à la grande messe des entrepreneurs à impact qu‘il a choisi de faire son come-back, alors que les patrons des entreprises du CAC 40 étaient réunis au même moment à la REF (ex-universités du Medef). 

Emmanuel Faber aux UEED; Crédit : Carenews

Lors de cette keynote intitulée « une compétitivité sociale et écologique est-elle possible ? », c’est un homme décontracté et souriant qui est venu se présenter en « jachère comme quand on laisse un sol travailler », a-t-il plaisanté. Quand on l’interroge sur la nécessaire compétitivité sociale et environnementale, Emmanuel Faber reprend rapidement sa casquette d’ancien chef d’entreprise. Alors oui, « la compétitivité est non négociable pour une entreprise. Toute la question est de savoir comment on la définit », a-t-il précisé. 

Selon lui, la compétitivité est présentée dans une logique exclusivement comptable des coûts. « Pour construire une compétitivité juste, il faut raisonner plus large que les coûts. Chaque pays a ses spécificités localement, par exemple les Italiens du Nord sont champions de la machine-outil et les Suisses de l’horlogerie. Il faut penser “compétitivité écosystémique” pour qu’elle soit juste d’un point de vue social et écologique », a-t-il détaillé. 

 

Casting « quatre étoiles » pour l’écologie

 

La salle s’est encore un peu remplie pour la plénière « Climat Act : La maison a-t-elle brûlé ? ». Il faut dire que le casting est « quatre étoiles ». Sur scène, le candidat à l’élection présidentielle, Yannick Jadot est venu faire part de son expérience d’eurodéputé sur la question environnementale. 

 

Yannick Jadot et Julia Faure. Crédit : Carenews

 

Il a rappelé les multiples blocages à l’échelle européenne qui empêchent la mise sur pied d’une vraie politique environnementale. Il a également défendu un mouvement global de relocalisation de la production. Il a estimé que « retrouver notre souveraineté industrielle est indispensable tant du point de vue écologique que des points de vue social et géopolitique ». 

Moins connue du grand public, Julia Faure a pourtant marqué ces Universités d’Été de l’Économie de Demain. La jeune fondatrice de Loom, une marque de prêt-à-porter éthique, a été ovationnée à plusieurs reprises. Elle a plaidé, au fil d’un discours incarné, pour une régulation plus importante de la production et du commerce mondial notamment dans le secteur de l’habillement.

« À quoi ça sert d'avoir des entreprises vertueuses si elles sont en concurrence avec des géants qui trichent. Il faut des lois ! », déclame-t-elle. 

Julia Faure a également avancé une réflexion sur la place de ces entreprises éthiques et leur rôle de caution dans la société : « On sert de caution au système. Les gens disent que s’il y a des boites comme nous qui y arrivent, c’est qu’il suffit de le vouloir. » C’est dit. 

 

Retours d’expérience d’entreprises philanthropes

Peut-on allier business et philanthropie ? C’était l’objet de la master class modérée par Isabelle Susini, directrice France de 1 % for the Planet. Lancé en 2002 aux États-Unis, ce mouvement mondial réunit des entreprises qui ont décidé d’allouer 1 % de leur chiffre d’affaires à des associations environnementales. Chaque année, ce sont ainsi huit millions d’euros qui sont reversés par les quelque 1 000 membres de l’antenne française.

 

Master class de 1 % for the Planet. Crédit : Carenews

Pour Florence Baitinger, cofondatrice et présidente de Gobi, une marque de gourdes écoresponsables qui « fait partie du 1 % », c’était « essentiel de repartager la valeur avec [ses] partenaires historiques », tel que Surfrider Foundation Europe

En rejoignant ce « grand club », Élisabeth Laville, cofondatrice de l’agence de conseil en développement durable Utopies avait à cœur de « prouver à [son] équipe que la croissance ne va pas de paire avec ce qu’ils pourraient craindre parfois, c’est-à-dire une dilution des engagements, mais au contraire avec un renforcement des engagements ». La première entreprise française labellisée B Corp a ainsi fait le choix, en parallèle d’autres engagements, de reverser 1 % du chiffre d’affaires de l’un de ses produits (soit 10 % du chiffre d’affaires de l’entreprise).

Après avoir abordé la question de l’intégration des parties prenantes dans les choix philanthropiques, les deux entrepreneures sont revenues sur la philanthropie en temps de crise. En effet, comment communiquer auprès de ses collaborateurs que dans un contexte de crise sanitaire, économique et sociale, l’entreprise fait le choix de reverser 1 % de son chiffre d’affaires. La cofondatrice de Gobi évoque ainsi un argument de taille, légitimant la poursuite de cet engagement :  la défiscalisation à 60 %. « Ça favorise la générosité, c’est pour ça que c’est fait », complète avec humour Élisabeth Laville.

 

L’ESS tentée par le statut d’entreprise à mission

Loin des plénières et de ses têtes d’affiche, des petites salles ont abrité des débats tout autant passionnants, plus techniques et spécialisés. L’occasion par exemple de se questionner sur l’intérêt pour une structure de l’ESS de devenir une entreprise à mission.

Pour Jean-François Rimoux, directeur de la communication et de la RSE chez le mutualiste Klesia, devenir une entreprise à mission a permis de recréer une identité et une cohésion : « On grossit et beaucoup de salariés n’ont plus l’idéologie mutualiste. Le passage à ce statut a permis de redonner le sens qui s’est perdu avec l’effet de taille », explique-t-il.

Devenir une société à mission apporte également des avantages pratiques notamment sur le plan financier. Guillaume Desnoës, cofondateur d’Alenvi, une startup ESUS d’aide à domicile, a fait part de son expérience : 

« On devait se financer. On s’est dit que la société à mission était un cadre très clair pour les investisseurs ». 

Il a estimé également que la société à mission oblige au reporting régulier au sein de la structure : « ça crée un cadre d’engagement, d’amélioration continue », juge-t-il.

 

Clôture d’Olivia Grégoire et de Pascal Demurger

 

Olivia Grégoire en clôture face à Pascal Demurger. Crédit : Carenews

 

Pour clôturer ces deux jours intenses sur le sujet de l’économie de l’impact et de son poids dans les prochaines échéances politiques, la secrétaire d’État à l’économie sociale, solidaire et responsable, Olivia Grégoire s’est prêtée au jeu d’un face à face avec Pascal Demurger, directeur général de la MAIF.

Olivia Grégoire a tenu à saluer tout d’abord l’organisation des UEED comme référence de l’économie de demain en cette rentrée. Pour la secrétaire d’État chargée de l’ESS, l'échéance de la présidence de la France à l’Union européenne en janvier 2022 sera une étape importante. 

« Il faut embarquer nos homologues européens dans la révolution qu' on veut faire du capitalisme. C’est ce que va faire la France notamment sur la taxation carbone aux frontières, sur la performance extra-financière des entreprises, toute cette nouvelle comptabilité qui arrive et qui va obliger les entreprises européennes, dès 2024, à donner à voir aux consommateurs, investisseurs, citoyens, et médias les données brutes qui démontrent qu’elles ont enclenché la transition environnementale, sociale et de gouvernance ». 

 

Et Pascal Demurger de répondre :

« quand une entreprise s’engage, cela nourrit sa performance et sa marque employeur en est plus forte en attirant des talents sur des valeurs d'engagement. L’entreprise a un rôle de plus en plus politique, en prenant en compte les enjeux sociaux et environnementaux de la société. »

 

Pour le directeur de la MAIF, l’État aurait un rôle dans la collecte et la certification des entreprises. « Je pose la question de la conditionnalité des politiques publiques. Est-ce que la politique fiscale doit être la même selon le niveau d’engagement des entreprises ? Une entreprise qui pollue crée du mal-être social et de la dépense publique supplémentaire pour lutter contre les conséquences de cette pollution ».

 

La secrétaire d'État a rappelé notamment que pendant la crise :

« On a conditionné pour attribuer des fonds du plan de relance en fonction des engagements des entreprises sur leur décarbonation. Dans le plan d’investissement qui sera présenté par Bruno Le Maire prochainement, il sera question d’ouvrir massivement les financements pour les entreprises qui se transforment vraiment. C’est le sens du plan de relance d’ailleurs actuellement. Dans chaque appel offre, de chaque territoire, de chaque collectivité, il faudra considérer la dimension écologique » a-t-elle précisé en conclusion. 

 

 

La rédaction 

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