Pauvreté des seniors : ce que les associations ont dit aux députés
Auditionnées par une commission d'enquête de l'Assemblée nationale le 16 juillet dernier sur l'augmentation de la pauvreté des seniors, plusieurs grandes associations de solidarité ont partagé leur expérience de terrain. Au-delà des chiffres, elles ont alerté sur l'isolement, le non-recours aux droits et l'importance de recréer du lien pour accompagner les personnes âgées les plus fragiles.
La pauvreté des seniors ne se résume pas à des chiffres. C'est l'un des principaux messages portés par le Secours populaire, le Secours catholique, les Restos du Cœur et la Société de Saint-Vincent-de-Paul lors de leur audition à l'Assemblée nationale, le 16 juillet dernier, dans le cadre de la commission d'enquête sur l'augmentation de la pauvreté des seniors.
Pendant près de deux heures, les représentants associatifs ont répondu aux questions des députés Jean-Michel Fievet (Ensemble pour la République), président de la commission, et Gérard Leseul (Socialiste), rapporteur, sur les profils des personnes accompagnées et les causes de cette précarité grandissante. Avec un constat partagé par tous : il n'existe pas de profil type, même si les femmes seules, souvent installées en milieu rural, figurent parmi les publics les plus fragiles.
Les associations apportent une connaissance du terrain
Les députés ont demandé des données, des chiffres et des recommandations. Les associations, elles, ont répondu à partir de leur expérience quotidienne auprès des personnes accompagnées.
Toutes les organisations présentes ont insisté sur un point : la précarité ne se limite pas aux difficultés financières. Isolement, renoncement aux droits, fracture numérique, disparition des services publics ou difficultés d'accès aux soins fragilisent durablement les personnes âgées.
À la Société de Saint-Vincent-de-Paul, Jean-Charles Mayer a ainsi rappelé que « la pauvreté du siècle… c'est l'isolement. Et cela ne touche pas que les personnes âgées ».
Recréer du lien avant de proposer une aide
Au fil des échanges, les associations ont montré que leurs actions dépassent largement l'aide matérielle.
Distribution alimentaire, accueils de jour, Cafés Sourire, groupes de convivialité, visites à domicile ou permanences répondent au même objectif : créer une relation de confiance afin d'identifier les besoins réels des personnes.
« Notre particularité, c'est de ne pas attendre que les gens viennent à nous. Nous poussons leur porte et allons chez eux, c'est la visite à domicile », a expliqué Philippe Favrot, président national de la Société de Saint-Vincent-de-Paul.
[Découvrir la visite à domicile]
Une complémentarité entre associations
L'audition a également mis en lumière la coopération qui existe déjà entre les acteurs de la solidarité. Selon les besoins, les associations orientent les personnes vers une structure partenaire, mutualisent certaines réponses ou développent des projets communs. Philippe Favrot a notamment cité l'exemple du partenariat avec l'Ordre de Malte, notamment au centre Saint-Nicolas à Bordeaux (33).
Les représentants associatifs ont toutefois rappelé que la relation de confiance repose sur la confidentialité et que la variété de lerus actions permet un accompagnement personnalisé et adapté.
À l'issue de cette audition, les députés ont demandé aux associations de transmettre des recommandations complémentaires afin d'alimenter le rapport de la commission d'enquête attendu à l'automne. Une nouvelle illustration du rôle des associations : accompagner les plus fragiles au quotidien, mais aussi faire entendre leur voix dans l'élaboration des politiques publiques.