Présidentielle 2027 : pourquoi l’économie de l’impact doit faire barrage au repli identitaire
Le rapprochement de certains dirigeants économiques avec le Rassemblement National inquiète. Entre pragmatisme de façade et illusion politique, Pascal Demurger (MAIF, Impact France) appelle à une résistance lucide. Pour Soqo*, bureau de création de projets à impact, et l’ensemble des structures de l’économie engagée, l’enjeu dépasse le cadre électoral : il s’agit de protéger un modèle de société fondé sur l’ouverture et la cohésion, piliers indispensables d’une économie durable.
La tentation de la « normalisation » : un piège pour le patronat
Alors que l'échéance de 2027 approche, une partie du monde économique semble tentée par une forme de « neutralité bienveillante » vis-à-vis des extrêmes. Pourtant, comme le rappelle Pascal Demurger, dans sa toute récente tribune au Monde, ce rapprochement est « une erreur tactique majeure autant qu’une illusion politique ».
Pour le coprésident du Mouvement Impact France, l'ambition est désormais claire : faire émerger une alternative solide aux organisations patronales traditionnelles. Dans un contexte marqué par des tensions accrues, il affirme :
« Cette voix est plus que jamais nécessaire. Cette confiance nous oblige à poursuivre et amplifier cette dynamique pour faire entendre un patronat progressiste, capable de répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux »
Pascal Demurger - Source : Carenews.
Cette tentation de la normalisation n’est pas nouvelle, et l’histoire invite à la vigilance. Dans L’Ordre du jour, Éric Vuillard décrit comment, dans un tout autre contexte (l’Allemagne des années 30), certains dirigeants économiques ont pu faire le choix d’alliances politiques motivées avant tout par des logiques de stabilité et d’intérêts à court terme.
Sans chercher à établir de parallèle simpliste, cet épisode rappelle une chose essentielle : lorsque les considérations économiques prennent le pas sur les principes fondamentaux, les conséquences peuvent durablement fragiliser les équilibres démocratiques et sociaux.
Pour les entreprises comme pour leurs dirigeants, la question n’est donc pas seulement tactique. Elle engage une responsabilité plus large : celle du modèle de société auquel ils contribuent.
L'impact social et environnemental comme boussole face aux fractures
Pour les acteurs de l’économie de l’impact, la neutralité n’est plus une option lorsque les fondements de la cohésion sociale et la survie de nos écosystèmes sont menacés.
Le mouvement Impact France porte une vision où la performance économique est au service de l'humain et de la planète, une philosophie aux antipodes du repli identitaire.
Amir Reza Tofighi, Président de la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) et défenseur de l’entrepreneuriat engagé, rappelle que l'entreprise est le socle de la stabilité du pays. Pour lui, le rôle des patrons dépasse la simple gestion comptable :
"Sans entreprises solides, il n’y a ni emplois, ni croissance, ni cohésion sociale."
Amir Reza Tofighi - Source : BFM Business
Il martèle ainsi que les chefs d'entreprise sont les "bâtisseurs de la nation". Dans cette perspective, toute alliance avec des mouvements prônant la division ou le repli identitaire devient un non-sens : on ne bâtit rien de solide sur une société qui se fragmente.
L’extrême droite propose des solutions démagogiques là où nous prônons des actions concrètes :
- La cohésion sociale : transformer le lien social en moteur de stabilité. Concrètement, cela passe par des politiques de partage de la valeur (intéressement, actionnariat salarié) et des programmes d'inclusion qui brisent les silos. Une entreprise où le dialogue prime sur la division est plus résiliente et attire mieux les talents.
- La transition écologique : anticiper la raréfaction des ressources pour garantir la pérennité de nos modèles. C'est, par exemple, engager son entreprise dans l'économie circulaire ou sécuriser ses chaînes d'approvisionnement locales.
- La coopération : agir là où l'action publique ne suffit plus. À travers le mécénat de compétences ou des partenariats durables avec des associations, les entreprises recréent de la confiance et des solutions (logement, mobilité, formation) au cœur même de leurs territoires.
Engager les entreprises pour un futur durable
Chez Soqo*, notre mission est d'accompagner les entreprises dans la conception de projets et d'événements à fort impact social et environnemental. Cette expérience nous montre chaque jour que la réussite d'une structure est indissociable de la santé de son environnement. Un pays divisé est un pays économiquement à bout de souffle, et une entreprise évoluant dans un écosystème dégradé ne peut subsister.
Le patronat français ne doit pas se laisser séduire par une illusion de stabilité. La "normalisation" de l'extrême droite est un mirage qui cache une radicalité profonde, incompatible avec les valeurs de responsabilité sociétale que nous portons.
Comment se positionner en tant que structure de l'impact ?
1. Réaffirmer ses valeurs : faire de l'éthique et de l'ouverture des critères non négociables de sa stratégie.
2. Agir sur le terrain : soutenir le tissu associatif local pour recréer du lien social et lutter contre le sentiment de délaissement.
3.Incarner un autre récit : démontrer que l'économie peut être juste, inclusive et performante sans céder à la colère.
Le déclin n’est pas une fatalité. C’est en proposant un modèle désirable que nous rendrons les replis extrémistes obsolètes.
À la suite de Pascal Demurger, choisissons la résistance constructive. Cet engagement est partagé par des leaders qui refusent le silence :
- En France : des voix comme Jean-Marc Borello (Groupe SOS), qui rappelle que face aux besoins de nos entreprises, l’immigration doit être perçue comme une « extraordinaire opportunité » de dynamisme plutôt que comme une menace, ou Eva Sadoun (Impact France), qui appelle l’entreprise à devenir un contre-pouvoir démocratique face aux nationalismes.
- À l’international : ce combat est celui d'Yvon Chouinard (fondateur de Patagonia), poursuivant l’administration Trump en justice pour protéger l’environnement, ou de Ken Frazier (ancien directeur général de Merck, grand groupe pharmaceutique américain), démissionnant des conseils présidentiels pour dénoncer les discours de haine.
- En Italie : le modèle des coopératives sociales prouve qu'une économie solidaire et rentable est le meilleur rempart contre le repli. Par leur ancrage territorial et leur démocratie interne, ces structures garantissent une qualité d’emploi et une proximité sociale que les entreprises traditionnelles peinent encore à égaler.
Rejoindre ce mouvement, c'est parier sur un modèle d'entreprise capable de conjuguer performance économique et cohésion sociale et environnementale, pour s'inscrire durablement dans le monde de demain.
Construisons ensemble des projets qui font sens et qui renforcent notre cohésion.
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