Alimentation en quartiers prioritaires : une aspiration forte à mieux manger, freinée par la précarité
En 2025, Andès a mené une enquête auprès de près de 600 habitants de quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Soutenue par le Ministère de la Ville et du Logement et l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (ANCT), cette étude met en lumière un paradoxe fort : une véritable aspiration à une alimentation de qualité, mais des contraintes budgétaires et territoriales qui limitent les choix. Les renoncements alimentaires restent fréquents : 63 % des habitants déclarent sauter des repas et plus d’un sur deux ne peut pas acheter tous les aliments dont il a besoin ou envie. Pourtant, loin des idées reçues, 78 % consomment des fruits et légumes frais plusieurs fois par semaine et la majorité cuisine régulièrement. L’envie de bien manger est bien là, ce sont les moyens qui manquent.
Des inégalités renforcées par la situation familiale et l’âge
L’enquête révèle des vulnérabilités spécifiques. Les familles monoparentales apparaissent particulièrement exposées : 74 % déclarent ne pas pouvoir acheter tous les aliments dont elles ont besoin ou envie contre 57% pour les foyers classiques.
Un clivage générationnel se dessine également. Si les seniors conservent des pratiques alimentaires plus saines et régulières (près de 6 sur 10 consomment des fruits frais quotidiennement), les jeunes adultes concentrent davantage de fragilités : 41 % estiment ne pas manger équilibré au quotidien. Ces écarts appellent une attention particulière aux publics les plus jeunes.
La mobilité : un frein souvent sous-estimé
Si 90 % des répondants disposent d’une cuisine équipée, l’accès à l’offre alimentaire reste conditionné par la mobilité. 41 % considèrent le fait de se déplacer pour faire leurs courses comme une contrainte.
L’enquête rappelle ainsi que l’alimentation ne dépend pas seulement des comportements individuels, mais aussi de l’organisation territoriale.

Des solutions de proximité plébiscitées
Interrogés sur les dispositifs susceptibles d’améliorer leur quotidien, les habitants privilégient des solutions concrètes : 92 % souhaitent un accès à des fruits et légumes à prix réduit, et 66 % plébiscitent les groupements d’achats solidaires.
Ces attentes font écho aux actions déjà déployées par Andès dans les QPV. Avec plus de 630 structures en France, dont 120 implantées en quartiers prioritaires, le réseau des épiceries solidaires agit au plus près des habitants. Le programme Mon Panier Primeur et Solidaire, qui propose des fruits et légumes frais à 1 €/kg aux résidents de logements sociaux partenaires, illustre cet engagement.
Agir pour une alimentation plus juste
À l’issue de cette étude, Andès formule des recommandations à destination des collectivités : renforcer les dispositifs alimentaires de proximité, développer des solutions non stigmatisantes, agir sur les enjeux de mobilité et accompagner particulièrement les jeunes publics.
L’alimentation en QPV n’est pas une question d’intérêt ou de compétence, mais de justice sociale. Garantir un accès digne et durable à une alimentation de qualité constitue un enjeu majeur de cohésion sociale et de santé publique.
Pour télécharger l'étude, c'est par ici : https://andes-france.com/actualites/alimentation-en-quartiers-prioritaires-qpv-les-resultats-de-lenquete-dandes/