Climat : l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale
Selon un rapport de Copernicus publié le 29 avril, l’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement. Températures records, recul de la neige et multiplication des événements extrêmes : le continent subit de plein fouet les conséquences du changement climatique.
L’Europe reste le continent qui se réchauffe le plus vite au monde. C’est ce que révèle le rapport de l’Observatoire Copernicus publié le 29 avril. Initié à la fin des années 1990, le programme d’observation vise à garantir un accès indépendant de l’Europe aux données liées à la composition de l’atmosphère ou au changement climatique.
D’après les auteurs de cette nouvelle étude, le continent gagne environ 0,56 °C par décennie depuis le milieu des années 1990. « Cela représente plus du double de la moyenne mondiale », soulignent-ils. En 2025 « au moins 95 % de l’Europe a connu des températures supérieures à la moyenne ». Les autres continents quant à eux « se sont réchauffés à des rythmes compris entre 0,23°C par décennie (Australasie) et 0,46°C par décennie (Asie) ».
Quant aux températures des océans européens, elles ont atteint un niveau record pour la quatrième année consécutive. « La proportion de la région touchée par les vagues de chaleur marines a augmenté ces dernières décennies, avec un record de 86 % de la superficie concernée par des conditions de vague de chaleur marine au moins “fortes” en 2025 », précise le rapport.
Une diminution de la couverture neigeuse
Mais quelles sont les conséquences de cette hausse des températures ? Parmi elles figurent les vagues de chaleur de plus en plus fréquentes. « En 2025, une vague de chaleur intense et prolongée a touché la Fennoscandie subarctique [zone du Nord de l’Europe incluant la Norvège, la Finlande, la Suède et une petite partie de la Russie] de mi-juillet à début août ». « D'une durée de 21 jours et avec des températures atteignant ou dépassant les 30 °C, elle a été la plus longue et la plus sévère jamais enregistrée dans la région », précisent les auteurs. L'Europe a notamment connu en 2025 sa deuxième vague de chaleur la plus intense jamais enregistrée.
Le rapport met également en évidence la diminution de la couverture neigeuse. « Avec la hausse des températures, la couverture neigeuse diminue en Europe, réduisant l’albédo (la quantité de rayonnement solaire renvoyée dans l’espace) et accélérant le réchauffement climatique ». Cette baisse contribue au recul des glaciers. Les chercheurs observent en effet une baisse nette de ces derniers dans toutes les régions européennes. Par exemple, la calotte glaciaire du Groenland a perdu environ 139 milliards de tonnes de glaces en 2025. Cela représente environ 1,5 fois la quantité de glace stockée dans tous les glaciers des Alpes européennes.
Autre conséquence : la multiplication des feux de forêts avec des incendies qui ont brûlé environ 1 034 550 hectares, soit la plus grande superficie jamais enregistrée.
La totalité des événements climatiques extrêmes recensés est détaillée dans une carte interactive.
Léanna Voegeli 