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Par Carenews INFO - Publié le 28 janvier 2026 - 15:16 - Mise à jour le 28 janvier 2026 - 16:09 - Ecrit par : Célia Szymczak
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Des syndicats et acteurs économiques réunis pour lancer une « alliance du fabriqué en France »

La CPME, la CFE-CGC et la CFTC se sont réunies avec plusieurs acteurs économiques dans le but de favoriser le développement des produits fabriqués en France. Le lancement de l’alliance a eu lieu le 28 janvier.

Les syndicats et acteurs économiques présents critiquent la désindustrialisation du pays. Crédit : iStock.
Les syndicats et acteurs économiques présents critiquent la désindustrialisation du pays. Crédit : iStock.

 

 

Une « alliance » pour promouvoir et développer le fabriqué en France et la « souveraineté industrielle ». C’est le projet de représentants du syndicat des petites et moyennes entreprises, la CPME, mais aussi deux syndicats salariés - la CFE-CGC et la CFTC -, et de plusieurs acteurs économiques, comme l’Union des industries textiles (UIT) ou le Salon du made in France, réunis le 28 janvier au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) à Paris. 

Le fabriqué en France « est, je pense, un des sujets majeurs des prochaines années, sûrement un des sujets de l’élection présidentielle », a affirmé Amir Reza-Tofighi, président de la CPME. Il salue la « diversité des personnes qui sont autour de la table » : « c’est très rare qu’on ait une alliance entre les syndicats patronaux et des syndicats de salariés », fait-il valoir. Les fondateurs du collectif le déclarent par ailleurs « ouvert » à d’autres organisations qui souhaiteraient le rejoindre. Des discussions sont notamment engagées avec le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (Meti).  

 

On a depuis trop longtemps abandonné les sujets de souveraineté industrielle »

Amir Reza-Tofighi, président de la CPME

 

Des bénéfices sociaux 

 

Les acteurs présents partagent le constat d’une désindustrialisation en France. « On a depuis trop longtemps abandonné les sujets de souveraineté industrielle », déplore Amir Reza-Tofighi. « Nous sommes intimement convaincus à la CFE-CGC que produire en France, c’est possible », appuie François Hommeril, le président du syndicat.  

Même constat pour Cyril Chabanier, président de la CFTC. « Il faut quand même veiller à ce que la performance économique ne se fasse pas au détriment de la performance sociale », prévient-il. « Notre réindustrialisation, notre souveraineté doivent passer par une montée en gamme », qui favorise « la montée en compétences » des salariés et donc l’augmentation de leurs salaires, tout en améliorant la qualité des produits vendus, estime le représentant syndical. 

 

Il faut quand même veiller à ce que la performance économique ne se fasse pas au détriment de la performance sociale »

Cyril Chabanier, président de la CFTC.

 

« On construit des compromis entre intérêt divergents », résume Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’économie et engagé sur le sujet. Soutenir le fabriqué en France a par ailleurs, selon lui, des effets positifs sur le financement de notre modèle social. Il pointe le déséquilibre de la balance commerciale française : « c’est de l’argent qui sort du pays, qui ne sert pas l’appareil productif national, qui du coup ne paie pas de cotisations », fait-il valoir. 

Pour insister sur les retombées positives, Tristan de Witte, président du réseau Excellence EPV, une association qui réunit 1 500 entreprises labellisées « entreprises du patrimoine vivant », ajoute que « un million d’euros de chiffre d’affaires fabriqué en France soutient 13 emplois », contre 4 en cas de produits importés.  

 

Le levier de la commande publique 

 

Pour développer le fabriqué en France, « on va prendre des mesures pragmatiques, réalisables dans un temps relativement court et qui coûtent peu d’argent », affirme Olivier Ducatillion, président de l’Union des industries textiles. 

Deux outils sont privilégiés à ce jour par l’alliance. Le premier est la commande publique. « Nos PME n’ont besoin que d’une chose, ce sont les commandes », estime Olivier Ducatillion. Il s’agit d’un levier « absolument important » abonde Gilles Attaf, président d’Origine France garantie, une certification à destination des entreprises. 

Mais c’est aussi « un chantier qui est inexploité », aux yeux d’Arnaud Montebourg. Il regrette, d’une part, « la dispersion de l’achat public » en raison du trop grand nombre de responsables des achats publics, et d’autre part, la « maladie du moins cher », soit le fait de privilégier les produits les moins coûteux, éventuellement au détriment de la production française. Il appelle à « concentrer et former » les personnes en charge des commandes publiques, pour les inciter à favoriser les produits fabriqués en France. « Ce n’est pas un sujet juridique », considère-t-il, « cela suppose qu’il y ait un gouvernement qui s’en occupe ». Les représentants de l’alliance doivent d’ailleurs rencontrer les équipes du ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat, Serge Papin, dans les « prochains jours », selon Amir Reza-Tofighi. 

 

Un appel aux entreprises et aux consommateurs 

 

La deuxième priorité évoquée par l’alliance est la formation. 60 000 postes sont « vacants dans l’industrie », constate Olivier Lluansi, professeur au Cnam, et auteur d’un rapport remis au gouvernement en 2024 sur la réindustrialisation du territoire. Pourtant, « 50 % des jeunes que l’on forme aux métiers industriels » ne travaillent pas dans le secteur ensuite, poursut-il. Cela signifie que « l’emploi qui correspond à la formation qu’ils ont suivie » ne se trouve pas « au bon endroit ». Il suggère donc de réunir syndicats et entreprises sur les territoires, pour adapter l’offre de formation aux besoins des entreprises. « Ce type d’exercice (...) ne demande pas de budget, pas de loi », estime-t-il.

Il appelle également à davantage mobiliser l’épargne, en particulier de l’épargne salariale, « vers l’outil productif ».  

Autre levier identifié par les personnes présentes : la « pédagogie », auprès des consommateurs. Tristan de Witte met en avant la plus grande « durabilité » des produits fabriqués en France qui justifie leur coût parfois supérieur. « Tout n’est pas qu’une question de prix », ajoute Cyril Chabanier de la CFTC, dénonçant la « folie » de la surconsommation. « Nous proposons des mesures qui sont très simples et nous espérons que tout le monde va s’en saisir », conclut Amir Reza-Tofighi, faisant appel à la mobilisation des consommateurs, mais aussi des pouvoirs publics et des entrepreneurs.  

 


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Célia Szymczak 

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