Énergies fossiles : à Santa Marta les ONG saluent un « bon élan » mais réclament des actes
Cinquante-sept pays se sont réunis à Santa Marta (Colombie) du 24 au 29 avril afin d’élaborer une feuille de route pour sortir des énergies fossiles. Un deuxième événement de ce type est programmé pour 2027.
Comment sortir progressivement des énergies fossiles ? La question était au cœur de la conférence de Santa Marta, qui s’est tenue du 24 au 29 avril en Colombie, en présence de 57 pays (notamment la France, le Canada, le Brésil ou la Norvège), représentant 30 % du PIB mondial et partageant la volonté de sortir des énergies fossiles. Dans un contexte où elles sont la cause de la majeure partie des émissions de gaz à effet de serre, cette question reste l’un des principaux points de blocage des négociations climatiques internationales. Les trois principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre (États-Unis, Chine et Inde) étaient d’ailleurs les grands absents de la conférence de Santa Marta.
Alors que la COP 30 sur le climat de Bélem (Brésil), en 2025, avait échoué à mentionner la sortie des énergies fossiles de sa décision finale, l’idée de la conférence de Santa Marta est d’élaborer une feuille de route en faveur de l'élimination progressive des énergies fossiles. Contrairement aux COP, cette conférence ne repose pas sur un consensus entre tous les pays.
Les ONG présentes à Santa Marta saluent une dynamique nouvelle. « Santa Marta a transformé l’ambition d’une transition hors des énergies fossiles en un chantier collectif », a souligné Leïla Cantave, coordonnatrice stratégique à l’engagement international des membres de Réseau action climat Canada dans un communiqué.
Aux yeux de Shiva Gounden, chef de délégation de Greenpeace à Santa Marta, l’événement est « un signe tangible que les choses commencent enfin à changer ». Les ONG dressent toutefois un bilan contrasté. Shiva Gounden note que « la transition est encore bien trop lente pour [...] les populations du Pacifique et toutes les communautés vulnérables au changement climatique ».
De son côté, Gaïa Febvre, responsable politiques internationales chez Réseau action climat France, estime que l’événement a permis « la poursuite du travail sur les feuilles de route nationales de sortie des énergies fossiles ».
La transition est encore bien trop lente pour [...] les populations du Pacifique et toutes les communautés vulnérables au changement climatique".
Shiva Gounden, chef de délégation de Greenpeace à Santa Marta et responsable de la zone Pacifique chez Greenpeace Australie-Pacifique.
Des politiques encore jugées insuffisantes
Elle revient notamment sur la feuille de route de la France, présentée lors de la conférence, qui « s’inscrit dans la continuité des engagements pris par Emmanuel Macron depuis la COP 28 ». La stratégie repose sur trois objectifs : la sortie du charbon en 2030, du pétrole en 2045 et du gaz fossile en 2050. Pour Gaïa Febvre « la méthodologie est bonne mais la France peut et doit faire mieux : nous devons sortir plus tôt de notre dépendance mortifère aux énergies fossiles ».
Elle considère également que « l’électrification des usages [...] est un levier nécessaire, mais insuffisant ». La responsable politiques internationales juge qu’elle « devra être complétée par des politiques d’économies d’énergie [...] tout en veillant à apporter des solutions aux ménages les plus vulnérables ».
Une nouvelle conférence déjà prévue en 2027
Malgré ce qu’il qualifie de « nouvel élan », Rodrigo Estrada, conseiller principal en climat chez Greenpeace international, note que les « délégués doivent désormais passer à l’action et ne pas se contenter de belles paroles ». Pour cela, il espère une « taxation permanente des profits (et pas seulement des gains exceptionnels) » ainsi qu’un passage vers les énergies renouvelables. Dans cette optique l’ONG de défense de l’environnement a publié une note d’orientation qui met en avant les actions que devraient mettre en place les gouvernements pour réussir la transition.
Une nouvelle conférence sur la sortie des énergies fossiles est prévue pour 2027 à Tuvalu (Océanie).
Léanna Voegeli 