IA et organisations à but non lucratif : quelques mesures concrètes à prendre pour une adoption responsable
Le dernier rapport annuel de Salesforce sur les enjeux clés des associations en Europe émet plusieurs recommandations en faveur d’une mise en place d’outils d’IA dès aujourd’hui.
Ce rapport annuel, produit par Salesforce en partenariat avec l'European Fundraising Association (EFA), le Chartered Institute of Fundraising (CIOF) du Royaume-Uni, analyse les réponses de 751 organisations à but non lucratif dans quatre pays européens : le Royaume-Uni (300), la France (183), l'Allemagne (194) et les Pays-Bas (74).
Parmi toutes les évolutions mises en évidence par le rapport, l’essor de l’IA se démarque. L’année dernière, 13 % des organisations à but non lucratif déclaraient l’utiliser ; cette année, ce chiffre a grimpé à près de la moitié. La plupart des organisations en sont encore aux prémices, se concentrant sur l'IA générative plutôt que prédictive. Pourtant, des défis persistent – allant de l'éthique à la sécurité des données en passant par les inquiétudes concernant la suppression d'emplois. Le secteur doit donc veiller à ce que l'IA soit utilisée de manière responsable, sûre et inclusive.
Adoption de l'IA : où en sont les organisations à but non lucratif ?
Confrontées à des contraintes de financement et de personnel, de nombreuses organisations à but non lucratif voient l'IA comme un allié stratégique pour rationaliser les processus et libérer les employés de tâches chronophages. La collecte de fonds et l'efficacité opérationnelle sont les principaux moteurs de l'adoption de l'IA. Les associations les plus avancées dans leurs démarches se servent de l'IA prédictive pour identifier des prospects prometteurs et mettre en évidence des tendances en matière de dons afin de générer des revenus supplémentaires. L'IA générative, plus communément utilisée, vient en appui à la création de contenu, la rédaction de demandes de subventions et l'établissement de rapports.
L'adoption de l’IA varie toutefois d'un pays européen à l'autre. Une minorité (18 %) des répondants à l’enquête déclarent ne pas encore voir de cas d'utilisation clair à l’IA. En France, 36 % des organisations à but non lucratif utilisent l'IA, contre 78 % aux Pays-Bas. Mais la croissance est inévitable : 47 % des organisations françaises et pas moins de 91 % des associations néerlandaises se disent prêtes à explorer davantage l'IA. Les résultats suggèrent également une corrélation entre le soutien gouvernemental et l'adoption de l'IA. Aux Pays-Bas, où 89 % des organisations à but non lucratif se sentent soutenues par le gouvernement, l'utilisation de l'IA est la plus élevée. À l'inverse, les pays où les associations font état d'un soutien gouvernemental plus faible affichent également des taux d'adoption de l'IA plus bas.
Utiliser l'IA de manière éthique et responsable
Comme pour tout nouvel outil numérique, des questions relatives aux bonnes pratiques et à l'éthique se posent. 16 % des structures interrogées s'interrogent sur la manière de mettre en œuvre l'IA de manière responsable. Les enjeux sont de taille : il s’agit, d'une part, de trouver un équilibre entre les gains d'efficacité liés à l'automatisation, à la personnalisation et à l'engagement des sympathisants et d’autre part, les préoccupations persistantes en matière de conformité et de sécurité.
Les questions des associations sont nombreuses et légitimes. Près de la moitié des répondants s’inquiète des risques liés à la confidentialité et à la sécurité des données, un tiers craint la suppression d’emplois ou la perte de compétences, et une personne sur cinq souligne des problèmes liés à la précision ou à l’éthique. Seuls 7 % ne font état d’aucune préoccupation.
L’évolution de l’IA n’en est encore qu’à ses débuts. Pour exploiter pleinement et de manière responsable le potentiel de l’IA, les associations doivent partager leurs retours d’expérience, apprendre les unes des autres et définir ensemble les meilleures pratiques. Investir pour que les équipes développent une culture de l’IA et soient au courant des considérations éthiques sera également essentiel pour garantir la confiance des parties prenantes.
« Je recommande de mettre en place un système de formation interne basé sur le partage des compétences et le soutien entre collègues au sein du personnel. Allouez un budget pour des « crédits de formation » que les employés peuvent demander afin de tester des applications d'IA et d'évaluer leur utilité pour leur travail. Concentrez-vous sur le développement de bonnes compétences en matière de formulation de requêtes au sein de l'organisation. Plus important encore, passez régulièrement en revue les processus internes : recensez-les et identifiez les possibilités d'optimisation grâce à l'automatisation, à l'IA ou aux fonctionnalités existantes des outils bureautiques basés sur le cloud. Cette approche systématique garantira une adoption durable et efficace de l'IA. », observe Kateřina Švidrnochová, consultante en IA et numérique.
Trois bonnes pratiques pour l'adoption de l'IA
Commencez modestement, mais avec un objectif précis
L'IA offre des opportunités prometteuses en matière d'efficacité, de créativité et d'impact. Le lancement de projets pilotes simples et à faibles enjeux permet de renforcer la confiance et de tester la technologie sans prendre de risques importants.
« Les principaux obstacles sont le faible niveau de culture numérique et le manque de formation aux outils dont ils disposent déjà. Beaucoup de personnes ignorent encore les fonctionnalités utiles des suites bureautiques telles que Google Workspace et Microsoft 365 qu’ils utilisent quotidiennement, le manque de temps perçu pour l’apprentissage et le développement constituant un obstacle majeur. Cependant, les organisations ne réalisent pas qu’il s’agit d’un investissement qui sera largement rentabilisé grâce à une efficacité et des capacités accrues. », ajoute Kateřina Švidrnochová, consultante en IA et numérique
Renforcer l'infrastructure numérique et de données
Une condition préalable à une utilisation efficace de l'IA est la mise en place d'une infrastructure numérique et de données solides, permettant à l'organisation à but non lucratif de déployer à grande échelle des outils d'IA avancés et de se protéger contre les cybermenaces. Cela implique d'intégrer les systèmes, de mettre de l'ordre dans les données, de mettre en œuvre des politiques claires et de former le personnel au traitement des données et à la cybersécurité.
Mettre l'accent sur la dimension humaine
Automatiser les tâches administratives par l’IA libère du temps pour le personnel afin qu'il puisse se concentrer sur des activités à fort impact et centrées sur l'humain, telles que la relation avec les bénévoles et les bénéficiaires des services. La transition accélérée du secteur vers le numérique ouvre la voie à une activité « Philanthropie et mécénat » pilotée par l'IA, offrant ainsi aux organisations à but non lucratif de nouvelles pistes pour approfondir leurs liens avec leurs communautés et décupler leur impact.
Jeudi 21 mai - 9h : L'IA et les processus opérationnels de fundraising
Agentforce renforce la relation donateur avec l'IA en donnant les outils d'efficacité opérationnelle pour les équipes de collecte dans les différentes délégations.
Avec La Ligue contre le cancer
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Jeudi 21 mai - 11h : Nonprofit Cloud et Agentforce au service de la philanthropie
Nonprofit Cloud et Agentforce transforment la relation avec les fondations abritées en offrant de nouvelles expériences et des leviers d'efficacité opérationnelle.
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Jeudi 21 mai 2026 | Paris Expo - Porte de Versailles | 08h30 - 18h00