Gobelets jetables contenant du plastique : leur interdiction est reportée à 2030
Le gouvernement a annoncé le report de l’interdiction des gobelets à usage unique comportant une part de plastique, initialement prévue pour le 1er janvier 2026. Bénédicte Kjaer Kahlat, responsable des affaires juridiques chez Zero Waste France, réagit et met en avant le modèle allemand.
L’interdiction des gobelets jetables qui comportent du plastique est finalement reportée au 1er janvier 2030. C’est ce que révèle un communiqué des ministères de la Transition écologique et de l’Économie publié le 31 décembre dernier. Issue de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (loi Agec), cette interdiction était initialement fixée au 1er janvier 2026.
Cela concerne notamment les gobelets en carton dotés d’une couche en plastique qui peut atteindre 8 %. Les gobelets exclusivement composés de plastique restent interdits.
Des méthodes pour se passer du plastique
Le gouvernement explique qu’« aucune alternative pleinement opérationnelle ne permet aujourd’hui une production industrielle de gobelets réellement sans plastique dans des conditions satisfaisantes pour les consommateurs, les entreprises et les exigences sanitaires ». Une affirmation qui ne convainc pas Bénédicte Kjaer Kahlat, responsable des affaires juridiques chez Zero Waste France, une association qui milite pour la préservation des ressources et la prévention des déchets.
Elle évoque le bilan intermédiaire de l’arrêté de 2021 sur la teneur maximale en plastique autorisée dans les gobelets à usage unique. « Le document met en avant des processus industriels pour se passer du plastique et certains obtiennent même la note la plus élevée en matière de maturité industrielle », argue-t-elle. « Les ministères estiment que les solutions proposées ne sont pas suffisamment abouties, mais les informations dont nous disposons démontrent qu'elles sont déjà opérationnelles », précise Bénédicte Kjaer Kahlat.
Alternative réemployable : l’exemple allemand
La juriste estime également que « remplacer le plastique jetable par le carton ou d’autres matériaux à usage unique n’est pas une solution viable ». « Certes, nous gagnons sur les émissions de gaz à effet de serre, mais cela ne fait pas avancer les choses sur la consommation d’eau et les émissions polluantes. »
Par ailleurs, le communiqué gouvernemental souligne que « la France a engagé cette trajectoire en transposition de la directive européenne SUP (single use plastic), [...] de manière nettement plus précoce et ambitieuse que la plupart des autres États membres, dont plusieurs n’en sont qu’au stade de la réduction progressive de la teneur en plastique des gobelets en carton ».
Sur ce point, Bénédicte Kjaer Kahlat, décortique la politique instaurée par l’Allemagne : « notre voisin impose de proposer aux consommatrices et consommateurs une alternative réemployable. En France, les consommateurs qui apportent leur contenant peuvent bénéficier d’une réduction, mais cette disposition de la loi Agec est peu connue, et surtout peu incitative car ce sont alors les clients qui doivent s’équiper. »
Un nouveau bilan d’étape est prévu en 2028 pour « suivre la progression du secteur.»
Léanna Voegeli 