La Protection civile alerte sur son manque de moyens financiers
Alors que le projet de loi de modernisation de la sécurité civile a été présenté par le gouvernement le 8 septembre, la Fédération nationale de protection civile, qui contribue à assurer la protection des populations civiles, interpelle les pouvoirs publics sur un manque de moyens financiers.
La Fédération nationale de protection civile alerte sur le manque de moyens auquel elle est confrontée malgré des besoins grandissants, dans un communiqué publié le 14 septembre.
Reconnue d’utilité publique et agréée de sécurité civile, la Protection civile est une association dont le but est d’assurer la protection des populations civiles en temps de paix, de crise et de guerre. Dans ce cadre, ses principales missions sont le déploiement de postes de secours lors d’évènements publics, la réalisation de maraudes sociales ou l’aide aux victimes de crises et catastrophe naturelles. La fédération, qui compte 522 implantations locales et 95 associations, a notamment été mobilisée lors du cyclone à Mayotte, des Jeux olympiques et paralympiques de Paris ou plus récemment lors des incendies en Gironde.
25 millions d’euros nécessaire, selon l’association
Pour mener à bien ses interventions, la Protection civile mobilise ses 32 000 bénévoles. Elle doit cependant financer les véhicules de secours - aujourd’hui plus de 1 800 -, le matériel de secours et de formation, les systèmes d’information et les infrastructures. Pour « maintenir et moderniser ses capacités », elle doit investir 25 millions d’euros chaque année, assure l’association.
Or, la Protection civile indique recevoir une subvention annuelle de seulement 16 000 euros de la part de l’État, soit 0,50 euro par bénévole. « Ce décalage n’est pas soutenable », dénonce-t-elle, pointant « une fragilisation de son modèle économique, au moment même où le projet de loi de modernisation de la sécurité civile, issu des conclusions du Beauvau de la sécurité civile, vient de lui être présenté ».
Un projet de loi de modernisation sans financements prévus
Présenté le 8 septembre, ce projet de loi, dont la date de discussion est pour l’instant inconnue, prévoit d’élargir le champ d’action des réserves communales de protection civile composées de citoyens bénévoles.
Pour ce faire, plusieurs mesures sont listées dont la possibilité de contractualisation « en bloc » des membres d’une association de protection civile, par exemple la Protection civile, La Croix Rouge française ou encore l’Ordre de Malte France, ainsi que la réduction du délai d’accord laissé à l’employeur pour libérer les réservistes en cas de crise. Le texte ne comporte cependant aucune mesure financière et renvoie la question des moyens au projet de loi de finances pour 2027.
« Absence de travail autorisée pour les bénévoles lors de crises, prise en compte de l'engagement étudiant, actes de soins d’urgence : la Protection civile se satisfait d’avancées dans la reconnaissance du bénévolat du projet de loi de modernisation de la sécurité civile mais demande au gouvernement d'aller plus loin et tout particulièrement en termes de financement », argumente l’association dans son communiqué.
« Après l’été 2026, moderniser les textes sans moderniser les moyens serait une impasse », argumente également la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France dans un communiqué du 14 septembre, dénonçant un financement « construit sur les réalités d’hier ».
Des ressources majoritairement privées
Pour combler ce manque, la Protection civile appelle le gouvernement « à ouvrir, dans le cadre de ces réformes, un véritable chantier de consolidation de son modèle économique, garantissant dans la durée ses capacités d'investissement et d'intervention ».
Aujourd’hui, les ressources de l’association proviennent majoritairement de financements privés. En 2022, un tiers de son budget était assuré par la générosité du public et plus de 45 % de ses ressources étaient liées aux contributions des associations départementales et à la facturation de certaines prestations (formations, etc.), indique l’association sur son site. Les subventions et autres concours publics représentaient 20 % de ses financements.
Le rapport financier 2025 de la fédération indique quant à lui des dépenses annuelles de plus de 9,6 millions d’euros. Cette année-là, la fédération a perçu plusieurs subventions exceptionnelles de diverses collectivités territoriales pour un montant de 614 266 euros.
Élisabeth Crépin-Leblond 