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Par Carenews INFO - Publié le 13 mai 2026 - 17:07 - Mise à jour le 13 mai 2026 - 17:07 - Ecrit par : Léanna Voegeli
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Micropolluants : la nappe phréatique rhénane largement contaminée

Les scientifiques du programme européen Ermes-II-Rhin 2022-2025 ont étudié les eaux souterraines de la nappe située entre Bâle (Suisse) et Mayence (Allemagne). Ils mettent en évidence la présence d'une multiplicité de micropolluants. Le rapport souligne notamment que les rejets des stations d’épuration peuvent avoir une part de responsabilité dans la présence de ces substances.

La nappe phréatique du Rhin s'étend sur plus de 300 kilomètres et alimente en eau potable plusieurs millions d'habitants, indique le site du projet Ermes-II Rhin 2022-2025. Crédit : iStock
La nappe phréatique du Rhin s'étend sur plus de 300 kilomètres et alimente en eau potable plusieurs millions d'habitants, indique le site du projet Ermes-II Rhin 2022-2025. Crédit : iStock

 

 

Pesticides, médicaments, produits industriels, additifs alimentaires, détergents... Un cocktail de micropolluants est présent dans la nappe phréatique du Rhin supérieur, révèle le rapport Ermes-II-Rhin 2022-2025

Les scientifiques du programme européen ont étudié la nappe située entre Bâle (Suisse) et Mayence (Allemagne), une zone qui compte près de cinq millions d’habitants. L'étude présente les résultats sur les micropolluants les plus préoccupants pour la qualité des eaux souterraines.  

Pour rappel, une nappe phréatique est une réserve d’eau souterraine qui stocke et alimente progressivement les sources, les rivières et les puits en eau douce. Elle constitue aussi une ressource importante pour l’eau du robinet, une fois captée, traitée et rendue potable. 

 

Un rapport sur la qualité des eaux brutes souterraines 

 

« Parmi les 144 micropolluants recherchés, 131 ont été détectés sur au moins un point du réseau », expliquent les chercheurs. « Les PFAS [...] et les métabolites de pesticides dominent cette empreinte chimique suivis par les substances alimentaires et pharmaceutiques », détaillent-ils.  

Ces substances sont présentes dans 96 % des points de mesure. Elles provoquent « des effets toxiques sur la santé humaine et les écosystèmes à des concentrations infimes, de l’ordre du millionième ou du milliardième de gramme par litre, soit l’équivalent d’un sucre dissous dans une piscine olympique », peut-on lire.  

Dans l’avant-propos du rapport, les scientifiques précisent que « les résultats présentés ne constituent pas un diagnostic de la qualité de l’eau distribuée au robinet (eau potable), mais des eaux brutes souterraines »

 

Stations d’épuration : des rejets qui peuvent s’infiltrer dans les nappes 

 

Les points de mesure ont permis d’identifier des micropolluants autour de Bâle et dans le sud de l’Alsace. Ces zones présentent « jusqu’à quarante substances différentes, d’origines et sources variées ». Cependant, « certains de ces micropolluants ne font pas encore l’objet de limites de potabilité (européenne ou nationale) ».  

Les PFAS, dits « polluants éternels », ont été détectés dans 69 % des points de mesure. « Cette contamination est généralisée sur l’ensemble du territoire, avec des concentrations mesurées majoritairement inférieures aux seuils réglementaires », notent les auteurs de l’étude. 

Autre enseignement du rapport : les rejets des stations d’épuration. Les chercheurs soulignent en effet que les « stations de traitement des eaux usées actuelles ne permettent pas encore d’éliminer » les micropolluants « issus de nos modes de vie quotidiens »« Une partie de ces micropolluants se retrouve donc dans les cours d’eau via les rejets des stations d’épuration. De là, ils peuvent ensuite s’infiltrer dans les nappes phréatiques ».  

 

Léanna Voegeli  

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