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Par Carenews INFO - Publié le 19 mars 2026 - 09:00 - Mise à jour le 19 mars 2026 - 10:22 - Ecrit par : Léanna Voegeli
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Moyen-Orient : la guerre pourrait « provoquer un désastre environnemental majeur », alerte Greenpeace

L’ONG de protection de l’environnement fait le point sur le coût climatique et social de la guerre qui oppose les États-Unis et Israël à l’Iran depuis le 28 février. Dans un communiqué publié le 13 mars, elle revient notamment sur la « pluie noire », causée par des frappes israéliennes sur certaines infrastructures pétrolières, près de Téhéran. Elle souligne son caractère « extrêmement dangereux ».

Greenpeace plaide pour la sortie progressive des énergies fossiles afin de garantir un accès à l’énergie pour tous. Crédit : iStock
Greenpeace plaide pour la sortie progressive des énergies fossiles afin de garantir un accès à l’énergie pour tous. Crédit : iStock

 

« Aux souffrances infligées aux populations et aux pertes humaines dues à la guerre, vient s’ajouter la pollution liée aux énergies fossiles. » C’est le constat que fait Greenpeace dans un communiqué publié le 13 mars, intitulé « À qui profite la guerre ? ». L’organisation réagit ainsi au conflit qui oppose les États-Unis et Israël à l’Iran depuis le 28 février, et qui s’étend depuis à d’autres pays de la région.  

« Cette nouvelle guerre vient couronner une année de bombardements, d’invasions, de démonstrations de force et de menaces de la part du soi-disant “président de la paix” [Donald Trump]. Pendant que les peuples des pays impactés souffrent et que leurs vies sont menacées, les entreprises du pétrole et du gaz apparaissent comme les grandes gagnantes d’un système énergétique instable et dangereux, qui repose sur la dépendance aux énergies fossiles et qui précarisent les populations du monde entier, notamment les plus vulnérables », déplore Greenpeace. 

« des conséquences catastrophiques pour les écosystèmes du Golfe » 

 

L’ONG pointe le coût climatique et environnemental des frappes. « Le 8 mars, les forces israéliennes ont frappé des infrastructures pétrolières, près de Téhéran. Ces bombardements ont provoqué d’importants incendies. » 

Ces attaques ont provoqué une « pluie noire » « extrêmement dangereuse » qui « est tombée sur les 10 millions de personnes qui habitent cette région, entraînant dommages aux poumons et brûlures de la peau », peut-on lire. 

Greenpeace craint, en plus des conséquences immédiates, celles qui pourraient s’installer sur un très long terme. Ils évoquent l’éventualité d’« un désastre environnemental majeur, notamment du fait des tensions autour du détroit d’Ormuz » dans le Golfe. 70 pétroliers, transportant environ 14 millions de tonnes de pétrole brut s'y trouvent bloqués, d'après l’organisation internationale. 

« Dans ce contexte, le risque d’accident ou de collision augmente fortement, d’autant que plusieurs navires ont déjà été attaqués depuis le début du conflit. Une marée noire dans cette zone aurait des conséquences catastrophiques pour les écosystèmes du Golfe qui abritent des récifs coralliens, des mangroves et des herbiers marins, habitats essentiels pour de nombreuses espèces. » 

Moins de risques géopolitiques avec des énergies renouvelables ?  

 

Pour Greenpeace, cette nouvelle guerre profiterait aux entreprises du gaz et du pétrole. Selon l’ONG, les cinq principales majors occidentales (ExxonMobil, Chevron, Shell, TotalEnergies et BP) auraient généré 60 milliards de dollars de valeur boursière entre le 20 février et le 9 mars. « Et si on ne regarde que la représentante française (TotalEnergies), sa valeur a progressé de 10 milliards d’euros depuis le début de la guerre en Iran », souligne le communiqué. 

 

Greenpeace

L’évolution du prix de l’action de TotalEnergies à la Bourse de Paris entre le 15 septembre 2025 et le 13 mars 2026. Source : Google Finance - Greenpeace

 

En cause, la hausse du prix du pétrole causé par le blocage des pétroliers dans le détroit d’Ormuz. Le prix du baril dépassait ainsi la barre des 100 dollars dès l’ouverture des marchés le 9 mars, alors qu’il oscillait entre 60 et 70 dollars ces derniers mois.  

« Les multinationales des énergies fossiles empochent des milliards de bénéfices alors que des civils sont menacés, tués », déplore Greenpeace. « Pendant ce temps, les populations du monde entier voient leurs factures exploser, leur quotidien impacté, leur sécurité menacée [...] Ce sont à ces entreprises de payer les conséquences de cette dépendance énergétique toxique [...] Il est temps de taxer leurs profits et les dividendes de leurs actionnaires. » 

L’ONG de protection de l’environnement plaide pour la sortie progressive des énergies fossiles afin de garantir un accès à l’énergie pour tous. « Contrairement au pétrole et au gaz, les énergies renouvelables ne sont pas soumises aux mêmes risques géopolitiques. Leur coût est ainsi bien moins dépendant des tensions internationales », ajoute l’organisme. 

 

Léanna Voegeli  

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