Municipales 2026 : un guide pour inscrire les droits de la nature dans les programmes
L’association Wild legal, qui promeut les droits de la nature via des expérimentations juridiques, lance un guide pratique à l’occasion du scrutin qui a lieu en mars. Son objectif est d’inciter les candidat.e.s et les élu.e.s à intégrer cette thématique dans leur projet politique. L’initiative consiste également à instaurer un dialogue sur ces questions entre représentants et acteurs de la société civile.
« Ce guide entend donner des outils clés en mains à des listes ou à des candidats aux élections municipales qui souhaitent intégrer les droits de la nature dans leur programme. C’est aussi une manière de les guider s’ils souhaitent évoquer cette thématique avec leurs concitoyens », explique Marine Calmet, directrice et fondatrice de l’association Wild legal, qui développe et teste des expérimentations juridiques afin de faire progresser la reconnaissance de ces droits.
À l’approche du scrutin qui se déroulera en mars, l’organisation publie un guide pratique de six pages avec pour question centrale : « Et si la nature avait enfin sa place dans notre démocratie ? ». Pour y répondre, le document propose « des pistes d’action et des manières d’aborder les droits de la nature en fonction de la réalité de chaque territoire. » Ce mouvement des droits de la nature « regroupe un ensemble de règles et de principes visant à protéger les milieux et les êtres vivants, et les doter d’un statut et de droits propres », rappelle Wild legal au début du guide.
« Notre but est aussi d’interpeller les ONG et les citoyens qui souhaitent alerter et questionner les listes qui se présentent dans leurs territoires. C'est une façon de connaître leur positionnement sur ce sujet », précise Marine Calmet.
Des territoires déjà engagés
Parmi les six premiers leviers d’action figurent l’instauration d’actions en justice « pour défendre le vivant » ou encore la formation de gardiens de la nature via « la création d’aires éducatives en partenariat avec les écoles et les associations de la commune ».
Wild legal propose ensuite des initiatives concrètes en fonction du contexte local. Par exemple, dans une commune où « parler d’écologie n’est pas facile », le guide suggère des mesures qui lient santé humaine et environnementale. Cela par le biais d’initiatives « pour les personnes vulnérables, les premières impactées par les bouleversements économiques et écologiques. » Dans cette optique, le document suggère l’organisation d’une convention citoyenne pour la protection du cadre de vie et de la biodiversité.
Le guide met également en avant des villes qui s’engagent déjà en faveur des droits de la nature. Figure notamment le chemin suivi par la ville de Bordeaux avec la signature de la Déclaration des droits de la Garonne en 2025.
Le Parlement d’Isle, porté par un collectif, deux syndicats et une vingtaine de maires fait aussi partie des exemples cités. « L’enjeu est de proposer un espace où chacun a une place pour contribuer aux réflexions concernant l’avenir de la rivière et proposer des projets au service des droits de la nature et la protection des écosystèmes », souligne le site du dispositif Syndicat mixte du Bassin de l’Isle.
Un guide qui se veut synthétique
Mais comment ce guide s’est-il construit ? « Dans un premier temps, Wild legal a fait un premier jet de propositions à partir d’outils déjà utilisés dans 25 sites pilotes où se déploient notre expérimentation juridique des droits de la nature », note Marine Calmet. Les sites pilotes désignent ici des territoires où l’organisation accompagne des acteurs de terrain (collectivités, gestionnaires, citoyens etc.).
« Nous avons voulu un document synthétique au vocabulaire précis. L’idée est de pouvoir prendre par la main les candidats et citoyens en leur offrant des initiatives directement mobilisables », détaille la juriste. « Le document a été relu par les élus et les sites pilotes avec lesquels nous travaillons. Son contenu a ensuite été validé. »
Concernant l’attention portée à cette campagne, Marine Calmet remarque un intérêt équitable avec « des téléchargements à 50 % par des candidats et à 50 % par des acteurs de la société civile. » Le guide est disponible sur le site de Wild legal. Il est aussi possible de consulter un webinaire qui s’est tenu à l’occasion de sa publication.
Léanna Voegeli 