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Par Carenews INFO - Publié le 28 octobre 2026 - 08:30 - Mise à jour le 28 octobre 2026 - 08:30
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TRIBUNE - Le monde de l’entreprise doit aussi entendre la jeunesse

Les entreprises doivent être à l'écoute des mobilisations actuelles de la jeunesse, et s'interroger sur les conditions de travail et d'emploi qu'elles lui proposent, estiment Cyril Zorman et Amélia Tiscornia, président et vice-présidente de la CG Scop, dans cette tribune. Pour eux, les Scop et les Scic sont des modèles d'entreprises qui peuvent leur permettre de s'émanciper au travail.

Cyril Zorman et Amélia Tiscornia, président et vice-présidente du mouvement, lors du dernier congrès de la CG Scop. Crédit : CG Scop.
Cyril Zorman et Amélia Tiscornia, président et vice-présidente du mouvement, lors du dernier congrès de la CG Scop. Crédit : CG Scop.

 

 

La mobilisation de la jeunesse nous prend toutes et tous à témoin, comme parent, comme citoyen, mais aussi comme acteurs économiques. Le lycée ou l’université précèdent l’entrée dans la vie active : nous ne pouvons être étrangers aux craintes qu’elle exprime et devons, à notre tour, nous mettre à son écoute. 

En réclamant de meilleures conditions d’apprentissage, la jeunesse fait part d’une exigence et d’une volonté d’émancipation par le savoir. Et nous, quel monde lui laissons-nous et qu’avons-nous à lui proposer ? Aujourd’hui, le taux de chômage des moins de 25 ans avoisine les 20,6 %. Le dérèglement climatique brouille la capacité à se projeter et questionne le sens même des futurs emplois disponibles, en rendant le monde plus incertain. Leurs inquiétudes face à un monde et à un marché du travail inhospitaliers aux nouvelles générations sont légitimes. 

 

Des attentes fortes vis-à-vis de l'entreprise

 

L’entrée dans le monde du travail est même parfois synonyme de déception, en se heurtant au modèle dominant d’organisation du travail, largement vertical et laissant peu d’autonomie aux salariés. Les jeunes ne veulent pas « perdre leur vie à la gagner », comme on peut le lire sur certaines pancartes. Comme d’autres générations, ils attendent de leur travail plus qu’une simple rémunération : des relations humaines de qualité, une place dans la décision, de la reconnaissance, une activité qui a du sens et qui est en adéquation avec leurs valeurs. 

Dirigeantes et dirigeants de coopératives, réunis au sein du Mouvement des Scop et des Scic, nous considérons que la confiance des jeunes générations dans l’avenir se joue aussi dans le travail. C’est pourquoi leur mobilisation nous concerne et engage notre responsabilité. Fidèles au principe de citoyenneté économique, selon lequel l’entreprise doit être un lieu démocratique, nous voulons apporter des réponses, convaincus que le modèle coopératif est susceptible de correspondre aux aspirations de la jeunesse.

 

Dans les coopératives plus qu’ailleurs, ce sont les qualités et les talents qui déterminent les "plans de carrière" au-delà des diplômes.

 

Les coopératives, sources d'émancipation au travail 

 

Les sociétés coopératives de production (Scop) et les sociétés coopératives d'intérêt collectif (Scic) sont précisément des entreprises démocratiques et où les richesses sont créées collectivement, et redistribuées équitablement. À rebours du modèle dominant, les bénéfices ne sont pas réservés à quelques-uns mais à l’ensemble des salariés. Les coopérateurs et coopératrices savent pour qui, et pour quoi ils travaillent. Dans les coopératives plus qu’ailleurs, ce sont les qualités et les talents qui déterminent les « plans de carrière » au-delà des diplômes : des apprentis peuvent devenir responsables et administrateurs de leurs coopératives, ou même parfois, se reconvertir dans un autre métier au sein de leur entreprise. Il existe autant de coopératives que de manières de s’émanciper dans son travail, de progresser, de prendre des responsabilités. 

 

Si l’envie vous en prend, entreprenez à nos côtés. L’avenir du travail ne pourra pas s’écrire sans vous.

 

À la jeunesse inquiète qui s’est mobilisée, nous disons qu’un autre monde économique existe. 4 600 Scop et Scic s’y emploient déjà, petites entreprises ou de taille intermédiaire, de l’industrie aux services, du bâtiment à la culture. Elles font vivre, concrètement, les principes de solidarité, d’égalité, de démocratie sur l’ensemble du territoire. 

Rejoignez-nous, venez voir, questionnez-nous, bousculez-nous. Si l’envie vous en prend, entreprenez à nos côtés. L’avenir du travail ne pourra pas s’écrire sans vous.

 

Par Cyril Zorman, président de la CG Scop, 

et Amélia Tiscornia, vice-présidente de la CG Scop 

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