« Un plafond de verre économique » persiste entre les hommes et les femmes entrepreneurs, selon la CPME
Dans un baromètre publié le 9 janvier, la CPME alerte sur les inégalités de chiffre d’affaires entre les entreprises dirigées par des femmes et celles dirigées par des hommes. Cette situation s’explique par des phénomènes structurels, et non par la performance, pointe l’organisation.
Les femmes dirigent une entreprise de moins de 5 000 salariés sur quatre, mais ne représentent que 12,45 % du chiffre d’affaires total de ces entreprises, indique la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), dans un rapport publié le 9 janvier. Pourtant, ces sociétés « affichent une meilleure efficacité de gestion », avec une marge brute (le chiffre d’affaires moins les coûts) supérieure, et une « rentabilité comparable ».
La CPME parle donc d’un « plafond de verre économique », lié à des « obstacles structurels ». Les auteurs citent notamment l’accès au financement : par exemple, les très petites entreprises (moins de dix salariés) dirigées par des femmes « lèvent 25 % de crédit en moins que celles dirigées par des hommes », le montant moyen des levées de fonds en capital-risque (pour les start-up à fort potentiel de croissance) des équipes intégralement féminines est quatre fois inférieur à celui des équipes intégralement masculines. Cela « signifie moins de recrutements, moins de budget R&D [recherche et développement], moins de budget marketing », et donc une capacité moindre à se développer, indiquent les auteurs. « Ce sous-financement ne se base pas sur la performance », précisent-ils, mettant en avant des « biais ».
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Une situation similaire pour les travailleuses indépendantes
Les femmes dirigent des entreprises concentrées dans des secteurs moins capitalistiques, soulignent-ils également. Elles sont en particulier représentées dans le commerce de gros hors automobile (49 % du chiffre d’affaires des femmes), ce qui révèle un « ancrage fort dans les activités d’échange, de distribution et de relation client », des domaines « pouvant avoir des marges limitées ».
En outre, elles sont plus nombreuses à diriger des petites entreprises, dans lesquelles les dirigeants « assument souvent » seuls les démarches administratives, « au détriment du temps consacré au développement commercial et à la stratégie », poursuit la CPME.
La situation est similaire pour les travailleuses indépendantes, qui représentent 42 % des effectifs, mais moins d’un tiers des revenus. Là aussi, « les secteurs à forte valeur ajoutée et ayant connu une forte croissance sur 10 ans – conseil, ingénierie, numérique, finance, BTP – demeurent marqués par une sous-représentation des femmes », indiquent les auteurs.
La rédaction 