Une campagne pour célébrer la « fierté associative » est lancée ce 4 juin
Ce 4 juin marque le lancement d’une campagne grand public visant à valoriser l’apport essentiel des associations à la société. Mickaël Huet, du Mouvement associatif, et Laurence Lepetit, de France générosités, dévoilent à Carenews les grandes étapes de cette campagne, à laquelle chacun est invité à participer.
Après la mobilisation du 11 octobre 2025 sur le thème « Ca ne tient plus ! », le Mouvement associatif et France générosités lancent aujourd’hui, 4 juin 2026, une campagne de mobilisation du grand public en faveur des associations. L’objectif : donner de la visibilité aux associations et à leurs actions, dans un contexte de restriction des financements publics et des libertés associatives, à quelques mois de l’élection présidentielle de 2027.
Mickaël Huet, délégué général du Mouvement associatif, et Laurence Lepetit, déléguée générale de France générosités, dévoilent à Carenews les ambitions, les contours et le calendrier de cette campagne.
- Carenews : Vous lancez aujourd’hui la campagne « La France qui (se) bat », visant à sensibiliser le grand public sur le rôle des associations. Pourquoi cette démarche ?
Mickaël Huet : Avec cette campagne, nous voulons donner de la visibilité aux associations et à tout ce qu’elles apportent à la société. C’était déjà le cas avec la mobilisation « Ca ne tient plus », organisée dans le contexte des discussions autour du projet de loi de finances pour 2026 : nous avions veillé à ne pas être corporatistes, mais plutôt à valoriser l’apport des associations à la société.
Les associations agissent dans le quotidien des Français, mais nous n’en parlons pas assez. Elles jouent un rôle essentiel sur les territoires, représentent l’un des grands espaces de démocratie et de citoyenneté en France. Il nous semble nécessaire que les Français en soient davantage conscients.
Nous voulons reprendre la main sur le récit, imposer un récit positif, joyeux, populaire sur la vie associative. Nous voulons rappeler que nous avons tous au moins une association dans notre vie quotidienne. »
Laurence Lepetit, France générosités
Laurence Lepetit : Les 13 millions de bénévoles et près de 2 millions de salariés des associations, de même que leur poids dans le produit intérieur brut, ne les protègent pas, comme nous l’avons constaté ces dernières années. Elles subissent à la fois une diminution de leurs financements publics, mais aussi un contexte de polarisation de la vie politique, de restriction des libertés civiles, qui les menace.
Avec « La France qui (se) bat », nous voulons rappeler l’importance de la vie associative. Nous voulons reprendre la main sur le récit, imposer un récit positif, joyeux, populaire sur la vie associative. Nous voulons rappeler que nous avons tous au moins une association dans notre vie quotidienne. Les associations sont au cœur de notre vie, mais elles peuvent aussi disparaître.
C’est une campagne qui parle avant tout de fierté associative. C’est pourquoi le fil rouge de cette campagne est le battement du cœur.
- Quel est le calendrier de cette campagne ?
L. Lepetit : Nous sortons aujourd’hui, 4 juin, sur les réseaux sociaux notre « film manifeste ». Il dévoile le geste symbole de cette campagne, qui évoque un battement de cœur. Nous avons été accompagnés par la danseuse et chorégraphe Fauve Hautot pour créer ce geste, en veillant à ce qu’il soit facile à reproduire.
Dès demain, le 5 juin, nous lançons un « défi chorégraphié » à toutes les associations, structures de l’économie sociale et solidaire et, au-delà, à tous ceux qui veulent soutenir la campagne : il s’agira de se filmer en train de reproduire ce geste et de diffuser ces vidéos sur les réseaux sociaux. Ce défi est volontairement très simple, pour qu’il puisse être repris le plus possible. Nous nous sommes inspirés pour cela de défis populaires comme l’Ice Bucket Challenge.
Nous souhaitons que chacun puisse s’en emparer et se l’approprier, qu’il s’agisse de salariés, de bénévoles, d’adhérents associatifs, ou de simples citoyens. Chacun pourra ainsi montrer son soutien et sa reconnaissance aux associations.
La campagne sera également relayée par des influenceurs qui s’engagent à nos côtés. Parallèlement, des capsules faisant le portrait d’acteurs associatifs seront réalisées et diffusées par des radios associatives pendant tout le mois de juin.
Ce défi durera jusqu’au 1er juillet prochain, qui marquera le 125e anniversaire de la loi de 1901 sur les associations. Des événements seront organisés à cette occasion un peu partout en France, notamment des émissions radio en public, réalisées là aussi par des radios associatives.
Les associations peuvent participer au défi chorégraphié, faire faire le geste à leurs salariés, leurs bénévoles et leurs usagers, poster leurs vidéos sur leurs réseaux sociaux. L’objectif est de montrer que le phénomène est large. »
Mickaël Huet, Le Mouvement associatif
- Comment les associations peuvent-elles s’associer à cette campagne ?
M. Huet : Pendant tout le mois de mai, nous avons fait du « teasing » sur les réseaux sociaux pour annoncer le lancement de cette campagne le 4 juin, et elles ont été invitées à le relayer.
Désormais, elles peuvent participer au défi chorégraphié, faire faire le geste à leurs salariés, leurs bénévoles et leurs usagers, poster leurs vidéos sur leurs réseaux sociaux. L’objectif est de montrer que le phénomène est large, que les associations sont importantes dans la vie de tous les Français.
Le 1er juillet, nous les invitons aussi à participer à l’enregistrement des émissions radio autour de la loi de 1901 et aux divers événements organisés par les antennes régionales du Mouvement associatif, qui viendront célébrer 125 ans de vie associative.
L. Lepetit : Tous ceux qui souhaitent suivre la campagne sont invités à s’inscrire sur le site dédié, afin d’être informés de tout ce qui s’y passera. Ils peuvent également y télécharger un kit de communication, comprenant des bannières, flyers, contenus à publier sur les réseaux sociaux, affiches, etc. autour de la campagne.
- Comment jugerez-vous de la réussite de cette campagne ?
L. Lepetit : Nous pourrons considérer que nous avons réussi notre campagne si notre geste est largement repris, mais surtout si elle nous permet à l’avenir de peser davantage sur la vie politique.
Propos recueillis par Camille Dorival 