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Par Carenews PRO - Publié le 16 novembre 2022 - 17:00 - Mise à jour le 29 novembre 2022 - 15:46 - Ecrit par : Lisa Domergue
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Quel est l’impact de l’inflation sur les associations ?

Crise de l’énergie, hausse des prix du carburant… l’inflation n’est pas sans conséquences sur le fonctionnement des associations. Elles craignent, entre autres, de devoir faire des choix qui pourraient impacter leurs bénéficiaires. Détails.

Crédit photo : AlexRaths.
Crédit photo : AlexRaths.

 

Alors que le prix de l’énergie a été multiplié par dix par rapport à 2020, la Fédération Française des Banques Alimentaires a estimé que, sans prendre en compte les dispositifs d’aide du gouvernement, elle devrait faire face à une augmentation de 20 % de ses charges, soit 16 millions d’euros pour un budget total de 66 millions d’euros. Une part qui n’irait pas à ses bénéficiaires… 

Les associations enfin intégrées au bouclier tarifaire

En effet, les associations n’ont pas tout de suite été intégrées aux dispositifs mis en œuvre par l’État pour faire face à la hausse des prix de l’énergie. Jusqu’au 27 octobre, seules les associations employeuses de moins de dix salariés dont le chiffre d’affaires ne dépassait pas les deux millions d’euros pouvaient, au même titre que les TPE et PME, bénéficier du bouclier tarifaire de 4 % — qui sera prolongé en janvier, mais avec un seuil de 15 %. Un dispositif qui laissait de côté, au moins, 1,3 million d’associations sans salariés, mais aussi les grandes associations comptant plus de dix employés…

Le 27 octobre, le gouvernement a fait de nouvelles annonces pour intégrer enfin toutes les associations au dispositif d’aide de l’État ! Une série de trois mesures qui devraient concerner le secteur associatif ainsi que les collectivités en janvier 2023. Des annonces qui méritent cependant d’être éclaircies, comme l’explique Laurence Champier, directrice générale de la Fédération Française des Banques Alimentaires : « On sait qu’on est intégré au dispositif, mais on ne sait pas comment on va l’être, ni à quelle hauteur sera le soutien. » 

Comment amortir la hausse des charges ? 

La hausse des prix de l’énergie se fait donc au détriment des associations engagées au service de l’intérêt général. L’augmentation de leurs dépenses de fonctionnement peut ainsi imputer leur budget prévu pour leurs bénéficiaires, comme l’explique Houria Tareb, secrétaire nationale du Secours populaire français : 

Nous utilisons les dons pour la solidarité. Nous ne pouvons pas les utiliser pour nos dépenses de fonctionnement. Comment va-t-on faire pour être présents auprès des bénéficiaires tout en couvrant les frais de fonctionnement qui augmentent ? C’est vraiment inquiétant. Je ne suis pas de nature pessimiste, mais c’est vrai que je ne vois pas l’avenir sereinement.

Quid des associations d’aide alimentaire ?

Selon les causes soutenues, les associations ont des activités plus ou moins énergivores. Les associations d’aide alimentaire sont particulièrement impactées par l’inflation des prix de l’énergie, mais aussi de celui du carburant – d’autant plus avec la fin de la ristourne sur le prix à la pompe. La Fédération Française des Banques Alimentaires, premier réseau de distribution alimentaire aux personnes en situation de précarité, repose sur une plateforme logistique importante avec plus de 120 000 mètres carrés d’entrepôts équipés de nombreuses chambres froides. Sans compter ses 500 camions qui livrent chaque jour les associations en denrées alimentaires. Pour l’association, l’inflation peut avoir de véritables conséquences sur ses bénéficiaires, l’obligeant à faire des choix.

Autre « grand risque dont nous parlons moins », selon Laurence Champier, celui des coupures d’électricité cet hiver : 

On en parle beaucoup pour les entreprises, pour les citoyens, mais pour nous, cela serait catastrophique (...). Si elles sont répétées et pas programmées, cela pourrait avoir une incidence sur la qualité des stocks. Cela serait complètement aberrant qu’on soit obligé de détruire des denrées alimentaires alors que la demande des bénéficiaires risque d’augmenter.

Des conséquences sur les bénévoles

Outre l’activité des associations, la hausse des prix risque également d’avoir une incidence sur les bénévoles qui viennent prêter main forte et se déplacent, dans le cas des Banques Alimentaires par exemple, d’entrepôts en entrepôts avec leur voiture. Pour la directrice générale des Banques Alimentaires : « On a à faire à une espèce de poupée russe dans l'augmentation des coûts de l'énergie. Quand on commence à tirer sur la pelote, on voit que cette augmentation a des incidences sur nos ressources, sur nos équipes et pourrait en avoir sur les bénéficiaires. » 

Taxer les superprofits des énergéticiens ? 

Les dispositifs annoncés par le gouvernement et attendus en janvier sont donc une bonne nouvelle, mais cela n’absorbera pas complètement la hausse des prix de l’énergie. « Même avec ces mesures, les factures d’énergie vont doubler, tripler, voire quadrupler. La question aujourd’hui n’est pas de gagner de l’argent, mais surtout d’en perdre le moins possible », précise la directrice générale des Banques Alimentaires.

Des réseaux du secteur imaginent d’autres options. Par exemple, celle de taxer les marges et les profits réalisés par les énergéticiens au-delà d’un certain plafond et les redistribuer auprès de ceux qui subissent le plus les augmentations sur le terrain…

 

Lisa Domergue 

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