Un tiers-lieu engagé pour aider les jeunes
Les jeunes font entendre leurs colères et leurs revendications par angoisse de l’avenir. Pour apporter des solutions, certains les aident depuis des années à trouver leur chemin. À Grenoble, l’association d’éducation populaire Cap Berriat accompagne depuis plus de vingt ans les initiatives portées par des jeunes. Après avoir erré de friche en friche, elle a ouvert en 2021 un tiers-lieu, La Capsule, où chacun peut tester son projet. Un exemple de ce que la volonté de personnes motivées et volontaires pour faire face à des obstacles permanents peut apporter à notre société.
Cap Berriat, engagé pour soutenir et accompagner la jeunesse
Francis Charhon : Olivier, avant de parler du tiers-lieu, qu’est-ce que Cap Berriat que vous dirigez ?
Olivier Andrique : Cap Berriat est une association d’éducation populaire. Son objet est de soutenir les initiatives portées par les jeunes.
F. C. : D’où vient l’association ?
O. A. : C’est un ancien club Léo Lagrange créé en 1965. Il fonctionnait comme un équipement socioculturel traditionnel avec un centre de loisirs pour les enfants, des cours de français langue étrangère, des activités sportives et culturelles. Notre préoccupation était l’accessibilité et l’ouverture à tous les publics avec un ancrage de proximité.
Le vrai virage se fait à la fin des années 1990. Nous nous sommes rendu compte que certains jeunes ne trouvaient pas leur place dans la société malgré toutes nos propositions. Une offre de loisirs et l’accès à la culture ne suffisaient plus. C’est un constat plutôt négatif, que nous avons voulu positiver.
Nous voyions de grands adolescents et des jeunes majeurs qui avaient des bouts d’idées et d’envies mais peinaient à les faire vivre. Nous avons alors commencé à les accompagner de façon un peu expérimentale pour leur donner un coup de main puis nous avons revu tout notre projet associatif pour l’orienter vers le soutien aux initiatives de jeunes.
De l’offre de loisirs à l’accompagnement : la bascule
F. C. : Quels ont été les premiers projets ?
O. A. : Il y a d’abord eu des jeunes issus des cultures urbaines qui nous ont expliqué qu’ils ne cherchaient pas simplement à avoir deux heures d’activité par semaine dans leur MJC. Ils voulaient faire vivre leur culture et avoir un lieu pour cela. Ils ont développé une activité de transmission et au bout du compte, cinq ou six emplois ont été créés avec un festival international qui a été pionnier en France. Quelques mois plus tard, des jeunes sourds sont venus nous voir avec la même démarche. Ils nous ont dit qu’on ne leur proposait que de l’appareillage alors qu’ils avaient envie de faire vivre la culture sourde. Ils ont développé des cours de langue des signes et des pièces de théâtre. Eux aussi ont fini par créer des emplois.
Cela a été le moment de la bascule. Nous passions d’une offre de loisirs à l’idée que les jeunes pouvaient être des ressources pour la société. Cela demandait un autre savoir-faire. Nous avons donc arrêté le centre de loisirs pour mettre nos locaux et nos moyens à la disposition de la jeunesse.
F. C. : Et ces locaux étaient des friches.
O. A. : Entre 2000 et 2015, nous avons connu cinq espaces différents. Nous avions l’impression d’être une entreprise de déménagement, passant de friche en friche et d’espace libre en espace libre. Nous étions souvent installés au bout de la rocade. C’étaient des endroits sans habitations ni commerces, de vrais espaces de liberté. Notre ADN s’est construit là.
Nous avons voulu mettre ces espaces à la disposition des jeunes pour qu’ils imaginent et inventent des choses. La Ville nous les confiait et nous les ouvrions à d’autres collectifs. Cap Berriat servait ainsi de tiers de confiance. Il fallait rassurer la municipalité en montrant que ces jeunes étaient capables de gérer ce type d’espace.
L’idée était de lutter contre la reproduction sociale. »
Les trois ingrédients : accompagnement, mutualisation, reconnaissance
F. C. : Concrètement, comment accompagnez-vous ces jeunes ?
O. A. : Notre action repose sur trois ingrédients :
- L’accompagnement. On chemine avec chaque jeune, en partant de son bagage et de son histoire. L’accueil est inconditionnel, et on prend au sérieux même les idées les plus folles. Le principe de réalité, on ne le pose pas comme une barrière à l’entrée. On le rencontre en avançant, pas à pas. Car le plus important, c’est d’apprendre en faisant. C’est comme ça que des envies deviennent des possibles.
- Une pépinière associative fondée sur la mutualisation. Les jeunes ont besoin de beaucoup de choses, mais rarement à plein temps : un bureau, une salle, du matériel. Au-delà du partage des locaux, nous avons cherché à développer des coopérations. Quand un collectif développe une compétence ou ouvre une porte, il peut en faire bénéficier à un autre membre de la pépinière.
- Faire reconnaître ces initiatives par les pouvoirs publics. Nous voulons dire qu’on peut faire confiance à la jeunesse, et le démontrer. Au début des années 2000, nous avions ainsi organisé de grands événements liés aux cultures urbaines avec des milliers de jeunes devant la mairie pour montrer qu’ils étaient capables de s’organiser. Aujourd’hui, nous avons le sentiment que nous avons contribué à faire changer le regard porté sur la jeunesse.
Accueillir tous les jeunes, quel que soit leur parcours
F. C. : Quels jeunes accueillez-vous ?
O. A. : Tous les jeunes, qu’ils soient à bac –5 ou à bac +10 n’a pas d’importance. Notre accompagnement commence avec des jeunes qui peuvent être en colère dans un parc ou sur un trottoir. Il va jusqu’au développement d’un modèle économique ou des conseils sur la fiscalité avec des jeunes qui gèrent quatre ou cinq emplois.
Nous ne nous contentons pas seulement de recevoir ceux qui poussent la porte. Nous allons vers ceux qui ne viendraient pas d’eux-mêmes en investissant l’espace public ou les réseaux sociaux. Nous créons aussi des prétextes pour les faire venir. Nous avons par exemple créé des semaines d’immersion dans notre pépinière. Elles ont commencé avec des élèves de troisième qui n’avaient pas de carnet d’adresses pour trouver leur stage.
L’idée était de lutter contre la reproduction sociale. Puis nous avons élargi à des jeunes de 16 à 25 ans en décrochage scolaire ou en rupture sociale. Ces semaines servent de sas de remobilisation. Les jeunes s’y découvrent des compétences et des envies et aussi un réseau sur lequel ensuite s’appuyer.
Du Transfo à La Capsule, lieu de toutes les expérimentations
F. C. : Puis vient La Capsule.
O. A. : Il y a eu beaucoup d’étapes. Nous avons d’abord travaillé une dizaine d’années sur un autre lieu, le Transfo, un ancien squat artistique réhabilité. Il devait nous permettre de quitter les friches. Mais après un changement de municipalité, la Ville a décidé d’y installer aussi des antennes de grandes structures nationales. La moitié de notre pépinière n’y avait plus sa place. En 2017, il y a eu une mobilisation associative et citoyenne, avec des événements et une grosse pétition. Puis nous sommes passés de la mobilisation à la négociation. Nous avons proposé un marché à la Ville : elle nous laissait des mètres carrés, et nous nous engagions à les rénover grâce à la force de notre réseau.
C’est la Ville qui nous a proposé d’investir une friche juste en face du Transfo, une ancienne école de coiffure et un atelier d’ébénisterie. Elle nous a aussi aidés à la rénover. Il y a eu une vraie coopération, pour trouver le lieu puis pour trouver des solutions de rénovation. C’est devenu La Capsule, ouverte en 2021. Nous avons gardé ce petit esprit de liberté et de réversibilité des espaces.
Aujourd’hui, nous faisons vivre les deux lieux, et ils se complètent.
F. C. : Qu’est-ce qui distingue La Capsule ?
O. A. : C’est l’idée d’espace-test d’activité inspiré de ce qui existe dans le monde agricole. Nous voyions dans notre accompagnement des collectifs qui peinaient à se verser un salaire. Nous avons donc porté nous-mêmes des investissements dans des espaces professionnels. D’abord un restaurant avec une cuisine professionnelle où des équipes testent l’activité avant d’ouvrir leur propre établissement. Puis un Media Lab créé pour aider des jeunes vidéastes qui devaient s’endetter pour acheter caméras et stations de montage sans parvenir ensuite à se rémunérer. S’y ajoutent un Biolab et un espace test culturel. Les jeunes peuvent ainsi lancer leur activité dans un cadre sécurisé sans porter seuls les investissements.
Un univers de confiance avec le droit à l’erreur
F. C. : Dans votre lieu personne ne dit qu’il faut un résultat dans trois mois.
O. A. : Nous sommes dans l’écoute de ce que les jeunes apportent pour répondre parfois à leurs frustrations et à leurs colères. Leur engagement naît souvent dans les vides de l’action publique et dans les manques d’un territoire. Notre rôle est simplement d’être là pour leur permettre de tester leurs propositions.
Ce qui est fondamental pour nous, c’est l’apprentissage par le faire. Nous voyons des jeunes fâchés avec l’école qui sont de vraies pépites. Cet apprentissage va de pair avec le droit à l’erreur. Notre société ne laisse plus vraiment le droit de se tromper. Nous voulons au contraire dédramatiser. Quand un projet n’aboutit pas, la vraie question est de savoir comment le jeune réinvestira cette expérience ailleurs.
Nous fonctionnons un peu comme un incubateur mais pas comme un incubateur classique. Nous restons marqués par l’héritage de l’éducation populaire. Ce qui compte c’est que les jeunes se construisent. Ce n’est pas l’étude de marché ou la mesure d’impact qui fait que tu vas être accueilli à Cap Berriat. L’accueil est inconditionnel, il n’y a aucune sélection. En quinze ou vingt ans, j’ai vu des projets sur lesquels je n’avais pas misé devenir de vraies réussites. Il a suffi de la bonne rencontre au bon moment.
Un projet réussi : Nemeton
F. C. : Damien c’est une de ces rencontres qui vous a amené à Cap Berriat ?
Damien Bouëvin : J’avais fait un service civique à la Casemate, le centre de culture scientifique de Grenoble. Je suis arrivé à la fin de ce service civique peu après l’incendie criminel qui avait frappé le lieu. Après une période de flottement, j’ai décidé de créer une association, Nemeton. Je connaissais bien une association qui tenait un jardin partagé sur le toit de la Casemate. Elle avait un bureau à Cap Berriat, alors j’ai commencé par squatter un coin de ce bureau pour travailler. Peu à peu, j’ai pris conscience de l’intérêt se trouver dans un endroit comme Cap Berriat. Ils m’ont aidé à structurer mon projet en association.
Presque toutes les associations de la métropole sont passées, de près ou de loin, dans le rayon d’action de Cap Berriat. Quand on est jeune et qu’on veut créer une association dans notre ville, on finit toujours par croiser leur route.
Nemeton : un projet original pour sensibiliser à la biologie
F. C. : Quelle était votre idée de départ ?
D. B. : Je voulais créer une association de culture scientifique consacrée aux sciences du vivant. Il existait beaucoup de médiation sur le numérique mais très peu sur la biologie. C’est pourtant une science porteuse d’enjeux très forts, notamment pour la transition écologique. Elle souffre en plus d’une image de complexité qui en éloigne le public. J’ai donc créé Nemeton pour combler ce vide.
F. C. : Que veut dire faire de la biologie?
D. B. : Notre marque de fabrique est la pratique concrète sur des sujets réels. Si nous parlons de micro-organismes, nous manipulons des micro-organismes. Si nous parlons d’ADN, nous faisons des expériences avec de l’ADN, en les adaptant bien sûr au public. Notre atelier phare consiste à fabriquer en moins de deux heures un vrai microscope en papier avec une microbille de verre comme objectif. Les participants observent des cellules végétales et chacun repart avec son microscope. Notre savoir-faire est de rendre les choses accessibles tout en les faisant pour de bon.
Les Expéditions du vivant
F. C. : Vous emmenez aussi des jeunes en montagne.
D. B. : Ce sont les Expéditions du vivant, que nous menons depuis quatre ans. Chaque été, nous installons un camp de base à 2 000 mètres d’altitude, près d’un lac, pour trois jours de science de terrain. Nous enregistrons par exemple les oiseaux et les chauves-souris pour les identifier et les recenser. Nous détectons aussi des amphibiens et des poissons grâce aux traces d’ADN qu’ils laissent dans l’eau.
Une partie de ces jeunes viennent des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Aussi étonnant que cela paraisse à Grenoble, beaucoup ne sont jamais allés en montagne. C’est la première fois qu’ils y dorment et qu’ils voient des animaux sauvages. Nous voulons leur montrer qu’il existe une aventure accessible tout près de chez eux. Certains reviennent ensuite comme bénévoles et d’autres font des stages chez nous. Toutes activités confondues, nous touchons environ 1 000 personnes par an.
La Capsule, un tremplin inestimable
F. C. : Quel a été l'apport du passage par La Capsule ?
D. B. : Il a été essentiel. Je viens de la culture technique et je parlerais volontiers de prototypage. Pendant plusieurs années, La Capsule nous a permis de tester les différentes facettes de notre activité dans un cadre sécurisé. Nous avions de l’accompagnement et des espaces. Nous avions aussi des facilités pour payer plus tard que nous n’aurions jamais obtenues avec un bail commercial classique. Sans ce cadre, la prise de risque aurait été impossible. Il aurait fallu que je sois plus âgé et que je dispose d’un patrimoine personnel me permettant de tout perdre sans que ce soit grave. À mon âge, ce n’était pas possible.
F. C. : Puis un jour, vous avez quitté La capsule.
D. B. : Après plusieurs années d’essais, nous avons atteint une certaine maturité. Nous avons alors regroupé dans nos propres locaux tout ce que nous avions testé à La Capsule, avec un laboratoire plus grand, le Biolab. Cela nous permet d’accompagner à notre tour d’autres porteurs de projets qui ont besoin d’un laboratoire de biologie. Un étudiant en architecture y a par exemple mis au point pour son master des isolants à base de champignons. Champiloop est aujourd'hui une champignonnière urbaine hébergée et testée à La Capsule. On trouve sur notre site internet une multitude d’activités. Nous portons une grande attention à ne pas faire nous-mêmes et préférons mettre les participants en capacité de faire eux-mêmes.
O. A. : C’est ce qui est beau. Chaque structure hébergée a ses savoir-faire et les partage avec les autres. Quand on tend la main à quelques personnes, elles la tendent à leur tour à d’autres. Des choses magnifiques émergent alors parfois avec très peu de moyens. Je ne fais pas pour autant l’apologie de la débrouille car c’est parfois aussi de la survie. Ces projets mériteraient d’être bien davantage aidés.
Cap Berriat, un modèle économique fragile
F. C. : Olivier, comment un lieu comme La Capsule tient-il économiquement ?
O. A. : Notre budget est d’environ 600 000 euros et nous comptons douze salariés. Environ 30 % vient de la Ville de Grenoble. Environ 20 % viennent de subventions sur projets plus ou moins stables. Encore 25 %, ce sont nos recettes propres, surtout la mise à disposition des espaces de La Capsule. Le reste, près d’un quart, la Fondation de France l’a porté pendant le démarrage du lieu, jusqu’à fin 2025. Chaque année, il nous faut trouver entre 150 000 et 180 000 euros.
Notre manière de travailler rend les choses difficiles. Nous ne gérons pas des dispositifs. Nous repérons un besoin sur le terrain et nous inventons une solution. Nous n’attendons pas qu’une enveloppe existe, alors nous cherchons toujours de l’argent. Cela nous permet d’innover et de rester en phase avec les besoins de la jeunesse. Mais cela nous fragilise.
À La Capsule, nous avions imaginé une solidarité interne. Les projets consolidés devaient payer davantage pour aider les plus jeunes à démarrer. Or la plupart des associations sont aujourd’hui fragilisées. À l’ouverture de La Capsule, 10 % des mises à disposition d’espaces étaient gratuites. L’an dernier, cette part est montée à 50 %. Nous avons pourtant toujours les factures à payer. Nous cherchons aujourd’hui de nouvelles fondations ainsi que des financements européens. C’est la condition pour continuer d’inventer, et pour permettre aux jeunes et aux personnes en situation de précarité de créer et de s’inventer un avenir.
Pour donner quelques chiffres, ce sont 400 jeunes remobilisés par an, 350 porteurs de projets accompagnés par an, 160 emplois accompagnés et soutenu par an, 200 structures dans la pépinière et un lieu ouvert 24/24 et 7/7.
Nous ne voulons pas que le manque d’argent soit un frein, aussi, tous ceux qui peuvent nous aider par des dons sont bienvenus. Nous cherchons aussi des fondations partenaires pour préserver l’accueil inconditionnel de La Capsule.
Rester libre grâce à un bail emphytéotique
F. C. : Vous avez aussi choisi d’être chez vous.
O. A. : Oui, grâce à un bail emphytéotique (contrat de location immobilière de très longue durée qui confère au locataire, l'emphytéote, une quasi-propriété). Il me semblait essentiel de garder notre indépendance, dans une période où les libertés associatives peuvent être menacées. Notre accueil est inconditionnel, et pour le rester, il faut pouvoir rester chez soi quoi qu’il arrive. Le revers est que nous devons assumer seuls l’entretien du bâtiment et parfois emprunter. Cette charge peut à terme menacer l’ouverture du lieu à tous.
Le modèle économique de Nemeton
F. C. : Et pour Nemeton, Damien ?
D. B. : Notre budget se situe entre 50 000 et 70 000 euros. Il provient de la Métropole de Grenoble, de fondations d’entreprise et pendant trois ans d’une subvention européenne. S’y ajoutent nos ressources propres, c’est-à-dire les ateliers, les animations et la billetterie. Nous avons par ailleurs ouvert un café-restaurant, distinct de l’association, qui paie l’ensemble des locaux. L’association occupe le sous-sol où se trouve le laboratoire. Elle n’a plus de loyer à verser.
Faire face aux difficultés qui touchent le monde associatif
F. C. : Le climat est-il plus difficile aujourd’hui ?
O. A. : Nous sommes pris en étau entre la fragilité économique et les menaces sur les libertés associatives. Beaucoup de responsables nous disent qu’ils n’osent plus témoigner parce qu’ils ont peur pour leurs budgets. Pour une association d’éducation populaire dont le but est l’émancipation, la situation est particulièrement délicate. Nous essayons de dire aux élus que mieux vaut l’échange que la colère. Il faut écouter les jeunes qui vivent des injustices. Dans quelques mois on entendra de grands discours pour que la jeunesse aille voter. Mais qu’aura-t-on fait entre-temps pour l’écouter ?
À l’entrée de La Capsule, une phrase affichée parle des océans, de fatalisme et de repli sur soi. Face à eux, nous essayons de recréer de petits îlots de solidarité. Nous avons l’impression de ramer à contre-courant. Pourtant, nous voyons que cela fonctionne. Quand on fait confiance à la jeunesse, de nouveaux usages apparaissent et beaucoup de choses s’inventent. C’est ce qui nous porte.
F. C. : Damien, un dernier mot ?
D. B. : Je me demande souvent si je pourrais refaire aujourd’hui ce que j’ai fait il y a huit ans. Pas certain. Les minima sociaux ont baissé et le chômage est devenu plus dur. Les jeunes qui se lancent rencontrent beaucoup plus d’obstacles. Heureusement, Cap Berriat existe encore.
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