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Par Carenews INFO - Publié le 30 octobre 2026 - 11:26 - Mise à jour le 30 octobre 2026 - 11:26 - Ecrit par : Camille Dorival
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Diversité en entreprise : les propositions des candidats à l’élection présidentielle

Au Sommet de l’inclusion économique, organisé le 27 octobre par la Fondation Mozaïk, sept candidats à l’élection prévue en avril 2027, ou leurs représentants, se sont prononcés sur les mesures à mettre en place, selon eux, pour favoriser la diversité en entreprise et une meilleure insertion professionnelle des habitants de quartiers populaires ou ruraux.

Gabriel Attal, interrogé en tant que candidat à l'élection présidentielle, lors de son « grand oral politique » au Sommet de l'inclusion économique organisé par la Fondation Mozart, le 27 octobre 2026 à Paris. Crédit : Carenews.
Gabriel Attal, interrogé en tant que candidat à l'élection présidentielle, lors de son « grand oral politique » au Sommet de l'inclusion économique organisé par la Fondation Mozart, le 27 octobre 2026 à Paris. Crédit : Carenews.

 

 

Quelles politiques mettre en place pour favoriser la diversité en entreprise et l’insertion professionnelle des personnes issues des territoires défavorisés ? Pour sa sixième édition, le Sommet de l’inclusion économique, organisé par la Fondation Mozaïk le 27 octobre à Paris, donnait la parole aux candidats à l’élection présidentielle sur ce sujet. 

Seuls deux candidats – Gabriel Attal (La Force d’agir) et Karim Bouamrane (La France humaine et forte, maire socialiste de Saint-Ouen) – ont fait le déplacement en personne. Cinq autres – Raphaël Glucksmann (Parti socialiste - Place publique), Marine Tondelier (Les Écologistes), Bruno Retailleau (Les Républicains), Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Édouard Philippe (Horizons) – se sont fait représenter. 

 

Une fragilisation de la cohésion sociale 

 

« Les discriminations à l’emploi fragilisent la cohésion sociale », s’indigne Saïd Hammouche, le président-fondateur de la Fondation Mozaïk, en préambule de l’intervention des candidats ou de leurs représentants. Une enquête effectuée par Ipsos BVA pour la fondation, présenté lors du sommet, montre en effet que pour 83 % des Français, le fait de rencontrer des difficultés à trouver un emploi constitue un obstacle pour se sentir bien intégré à la société. 

Parmi les facteurs qui compliquent l’accès à l’emploi sont identifiés le fait d’habiter un territoire où les offres d’emploi sont peu nombreuses (pour 81 % des sondés), l’insuffisante maîtrise des outils numériques (74 %), le fait de résider dans une commune rurale isolée (66 %), le fait d’avoir un nom ou un prénom suggérant une origine étrangère (47 %), ou encore le fait d’avoir une couleur de peau ou une origine perçue comme étrangère (46 %). 

De fait, selon une étude de la Dares datant de 2023, chez les diplômés de CAP à bac +5, les chances d'être rappelé à la suite de l’envoi d’une candidature sont de 30 % inférieures pour les personnes d'origine maghrébine. De même, en 2024, le taux de chômage en quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) était de 16,6 %, contre 7,3 % en moyenne nationale, selon le rapport « Lutter contre les discriminations territoriales », rendu par Saïd Hammouche et Salomé Berlioux à la ministre chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, en juin 2026. 

« Accéder à l’emploi, ce n’est pas seulement une question de revenus, mais aussi une question de dignité », insiste Saïd Hammouche. C’est pour agir sur ce sujet qu’il a créé en 2007 Mozaïk RH, cabinet de recrutement de jeunes diplômés issus de quartiers défavorisés, puis en 2016, la Fondation Mozaïk, qui vise à faire émerger un marché de l’emploi plus inclusif. 

 

Faut-il contraindre les entreprises ? 

 

« L’inclusion, cela consiste à accepter la diversité », réagit Samia Lakehal, secrétaire nationale des Écologistes, qui représente Marine Tondelier. Pour elle, « le Pacte républicain n’honore plus sa parole ». Face aux discriminations persistantes, elle propose de contraindre les entreprises à être plus ouvertes à la diversité : « si les mesures incitatives ne fonctionnent pas, il faut mettre en place des mesures coercitives, comme des quotas », estime-t-elle. 

Elle est rejointe sur cette idée par Gérard Leseul, député socialiste de Seine-Maritime, qui représente Raphaël Glucksmann. « Il faut prévoir à la fois des incitations et des contraintes, et conditionner les aides aux entreprises à certains critères », juge-t-il. Il suggère aussi une obligation de reporting des entreprises sur les sujets de diversité, avec des sanctions assorties pour les entreprises qui ne respectent pas leur obligation de reporting ou qui sont situées sous les seuils exigés. 

Hadrien Clouet, député LFI de Haute-Garonne, représentant de Jean-Luc Mélenchon, invite quant à lui à « botter les fesses » des entreprises sur les sujets de diversité, reprenant ainsi avec amusement une expression qui avait été utilisée par Patrick Martin, le président du Medef, plus tôt dans la matinée. Hadrien Clouet souhaite également que les comités sociaux et environnementaux (CSE) puissent intervenir sur les critères de recrutement dans les entreprises et sur les modalités de sortie des salariés. « Les jeunes des QPV constituent une sorte d’armée de réserve pour les entreprises : ils sont toujours les derniers embauchés et les premiers licenciés », dénonce-t-il. 

« Il y a un décalage entre ce que les entreprises disent et ce qu’elles font », regrette quant à lui Karim Bouamrane. Aux personnes issues de QPV ou de territoires ruraux présentes dans la salle, il lance : « il faut que vous preniez votre place, car on ne va rien vous donner ! ». 

 


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Le rôle de l’école et de l’apprentissage

 

Édouard Philippe, en vidéo, liste trois leviers « essentiels » pour garantir « le même accès à tous aux opportunités professionnelles » : l’école, d’abord, qui est l’institution « qui offre le plus de chances de promotion sociale », selon lui, et « doit être refondée » ; l’apprentissage, « voie royale d’accès à l’emploi », qu’il faut « développer à tous les niveaux » ; la croissance économique enfin, facteur pour lui de création d'emplois et sur laquelle il faut se montrer « plus ambitieux ». Dans la salle, Marie-Agnès Poussier-Winsback, députée Horizons de Seine-Maritime et ancienne ministre déléguée à l’économie sociale et solidaire, qui représente Édouard Philippe, insiste sur le fait que « les entreprises qui disent qu’elles ont du mal à recruter doivent regarder davantage vers les QPV et les territoires ruraux » pour trouver des collaborateurs.

Alexandra Szpiner, secrétaire nationale à la citoyenneté, à la méritocratie et à la 2e chance des Républicains, représentante de Bruno Retailleau, insiste sur le rôle de l’école, qui est « une fabrique d’inégalités ». Face à cela, il faut « revaloriser le statut de professeur, en termes de rémunération mais aussi de reconnaissance », considère-t-elle. 

Gabriel Attal, lui, pointe le rôle des stages pour favoriser l’égalité des chances : « tous les pays qui réussissent mieux de la France en matière d’orientation sont des pays qui prévoient plus de stages au cours de la scolarité », souligne-t-il. C’est la raison pour laquelle, en tant que ministre de l’Éducation nationale, il a instauré en 2023 un stage d’observation obligatoire de deux semaines en classe de seconde. Mais, reconnaît-il, pour alimenter la plateforme « Un élève, un stage », qui vise à proposer des stages à ceux qui n’ont pas les réseaux pour le trouver seuls, il lui fallait « contacter les entreprises une à une, en tant que ministre, pour qu’elles déposent des offres ». 

Chacun des candidats est interrogé par deux personnes issues d’un QPV ou d’un territoire rural. L’une d’elle, Hidaya Lafjar, est étudiante à HEC, considérée comme la meilleure école de commerce de France. Malgré ses études brillantes, elle témoigne de la difficulté pour elle de trouver un stage en entreprise, supposant que cela a un lien avec le fait qu’elle est « l’une des deux seules étudiantes à porter le voile à HEC ». « Je n’ai jamais eu de role models. Car dans la société actuelle, on ne veut pas donner de place à des femmes qui me ressemblent », dénonce-t-elle. 

 

Camille Dorival

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