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Par Coalition Solidaire - Publié le 11 janvier 2021 - 09:44 - Mise à jour le 11 janvier 2021 - 09:44
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Coalition Solidaire le podcast : COVID-19 et informations positives

Après avoir interrogé la place du collectif pour préparer le monde de demain, le deuxième épisode d’Appel d’Air, le podcast de la Coalition Solidaire, questionne ses invités sur l’essor du journalisme de solutions durant l’épidémie de COVID-19. Une pratique encore méconnue du public et souvent associée – à tort – à un journalisme « de bonnes nouvelles ». Pourtant, cette information met en avant des initiatives locales positives et novatrices et apporte un éclairage complémentaire aux actualités « traditionnelles ».

Crédit photo : DR.
Crédit photo : DR.

  • Comment définiriez-vous le journalisme de solutions ou d’impact ?

 

Gilles Vanderpooten C’est une forme de journalisme qui reflète la complexité du réel : il traite à la fois des problèmes, des dysfonctionnements, des catastrophes, mais il donne aussi la parole aux initiatives locales qui émergent, aux réponses concrètes, aux femmes et aux hommes qui proposent des solutions. Les Français sont précurseurs et moteurs dans ce journalisme positif qui a émergé il y a une quinzaine d’années.

Philippe Bertrand Je suis à la fois d’accord et pas d’accord. Car s’il existe un journalisme de solutions, cela signifie qu’il y a un journalisme de problèmes. Cette distinction n’est pas juste pour une majorité de journalistes qui couvrent l’actualité. Je dirais plutôt qu’il s’agit d’une façon de considérer ses auditeurs, lecteurs ou téléspectateurs comme un public qui pense, qui agit, et non pas comme de simples consommateurs d’actualités. Cohabitent alors des faits à résonance nationale et d’autres à dimension locale. Je suis un transmetteur, un passeur, un porte-voix pour des personnes qui se débrouillent par elles-mêmes pour répondre aux besoins concrets sur le terrain. Ce sont ces petites choses qui changent le monde.

Raphaëlle Duchemin J’ai à la fois un pied dans l’information brute, les news, les nouvelles qui rythment l’actualité. Mais je montre aussi dans mon émission « La France bouge » que cette actualité peut avoir une autre résonance selon que nous regardions le verre à moitié vide ou à moitié plein. Tout dépend du regard que l’on porte sur les choses. Si le journaliste décide de les traiter en abordant le problème, c’est possible. Mais il peut aborder le même sujet en exposant les solutions. C’est aussi une façon d’informer les gens. Leur donner des solutions, des idées, du contenu. Donc je n’oppose pas forcément journalisme et journalisme de solutions.

« Certains directeurs de rédaction m’ont expliqué que le journalisme de solutions n’était pas la priorité du moment au regard du contexte. Je pense exactement l’inverse. »

  • Au milieu d’une déferlante d’informations très anxiogènes ces dernières semaines, quelle a été la place de l’information positive dans le traitement médiatique de la crise du COVID-19 ?

 

Philippe Bertrand Des rédactions commencent à s’engager dans le journalisme de solutions avec la couverture des initiatives positives. Les médias ont davantage donné la parole aux populations directement affectées par l’épidémie, sur le terrain. Leurs témoignages ont supplanté ceux des experts. De façon globale, des projets de nouveaux médias comme le magazine So Good, qui présentera des histoires de créateurs et des solutions pour changer le monde, ou encore Data Gueule qui lance un nouveau projet de séries documentaires autour des utopies concrètes, témoignent d’un mouvement de fond en faveur du journalisme de solutions.

Raphaëlle Duchemin Cette forme de journalisme a mis du temps à se faire une place dans les rédactions, mais les choses changent. Avec la crise liée à l’épidémie de COVID-19, le journalisme de solutions prend une autre résonance. Les rédactions prennent conscience du vivier d’innovations, de projets économiques et associatifs, de solidarités intergénérationnelles qui maillent et font vivre notre territoire.

Gilles Vanderpooten Je suis plus mesuré. Pendant le premier mois de la crise, j’ai été atterré par le temps d’antenne inédit et historiquement élevé – en particulier à la télévision – que les médias ont consacré au traitement du COVID-19. Il y a eu une surenchère de négativisme. Certains directeurs de rédaction m’ont même expliqué que le journalisme de solutions n’était pas la priorité du moment au regard du contexte. Je pense exactement l’inverse. Le journalisme, c’est un métier bien plus complexe que de compter le nombre de morts quotidiens. Je crains que la confiance que les Français accordent aux médias, déjà faible, ne s’érode encore à l’issue de la gestion médiatique de cette crise.

  • Enfin, si vous aviez une baguette magique, que changeriez-vous dans les médias ?

 

Gilles Vanderpooten J’ai récemment lancé un appel pour que les médias donnent davantage la parole à cette France des solutions, de façon collective. Pour le moment, très peu d’entre eux ont répondu présents.

Philippe Bertrand Je crois qu’il faut avant tout modifier la formation des journalistes, pour leur faire entendre dès le début qu’il existe une autre face de la réalité des choses qui mérite d’être connue, partagée.

Raphaëlle Duchemin Il faut même commencer avant, dans les écoles primaires, les collèges pour éduquer les plus jeunes aux médias, leur apprendre à appréhender une information, à regarder l’actualité.

 

Les intervenants
Raphaëlle Duchemin Journaliste et productrice de La France bouge, Europe 1.
 
Philippe Bertrand Animateur radio des Carnets de Campagne, France Inter.
 
Gilles Vanderpooten Directeur de l’association Reporters d’Espoirs, qui accompagne les rédactions dans le journalisme de solutions.
 

Interview réalisée par Patrick Lonchampt, journaliste.

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